‹ Le Traitement Arsenical et Ses Réactions Biotropiques Dans La Maladie De Duhring-BrocqChapitre 16 sur 22 · EAU · texte numérisé non relu

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port d’un bandage herniaire. À peine une bulle a-t-elle disparu qu’une autre revient.

Cependant, malgré ces ennuis, le malade continue son métier de violoniste. Cet état se prolonge jusqu’au 15 mars. À ce moment apparaît une éruption sur les membres inférieurs, puis sur les membres supérieurs. Vers le 20 mars, elle gagne la face et la tête.

Le 25 mars, elle est entièrement généralisée, le malade s’alite à ce moment ; il se sent fièvreux, perd tout appétit, souffre beaucoup, dort mal.

Le 5 avril, il entre à l’hôpital Saint-Louis, l’éruption pré-

sente à cette date les caractères suivants

Sur le tronc, en avant et en arrière, on trouve de grands placards érythémateux polycycliques disséminés ; sur ces éléments et aussi sur la peau saine on remarque des vésicules et surtout de nombreuses bulles claires pour la plupart, et atteignant le volume d’une noisette.

Aux membres supérieurs, les éléments érythémateux sont plus discrets, par place on remarque quelques éléments papuleux, les éléments bulleux sont par contre très nombreux, il y en a jusque sur les mains.

Aux membres inférieurs, les éléments érythémateux et bulleux ne dépassent pas le genou des deux côtés.

A la face et au cuir chevelu, il y a de nombreuses bulles disséminées alternant avec des croûtes.

L'examen des muqueuses, en particulier de la muqueuse bucale, n’a montré aucune lésion.

Au total, c’est une éruption généralisée symétrique polymorphe évoluant par poussées successives. Le diagnostic de la maladie de Duhring-Brocq s’imposait.

L'état général du malade était cependant assez altéré, la température avoisinant 40°, le pouls n’était qu’à 85 assez régulier, ce qui frappait le plus à l’examen c’était l’abattement, la prostration et le délire tranquille.

Les conjonctives étaient subictériques, le foie débordait d’un bon travers de doigt le rebord des fausses côtes, les urines étaient rares et foncées. ['interrogatoire permettait d'affirmer l’éthylisme de cet homme habitué à boire de nom-

2 Dhster.

breux apéritifs, ainsi s’expliquait cet état d’abattement tres prononcé.

L'examen viscéral complet de ce malade ne montrait, par ailleurs, aucune modification pathologique :

On pratique plusieurs examens de laboratoire

1° L'examen de la formule sanguine.

Polynucléaires neutrophiles ..........:.... 55 % Polynucléaires éôsinophiles ............ TO Moyens Mmononteléares PPT ER ERENE 4 % Grands monontcléaites 002 CREER 9 % Lymphocytes dr EME RAS re 12 % Fosmes CENTAMENON 2460 Remonter 12 & CTODUlES ET ONSESAR RE PA ER A ERP ERP CE 2,800,000 CODES DTA COR MERE RE 10,700 ÉTÉMOLIO DIRE AR RES RE Er 70

2° L'examen du liquide des bulles :

Polynucléaires neutrophiles .......,...... 57% Polynucléaires éosinophiles .............. 18 & Moyens mononucléaires —.......... x 15% Grands mononncléaires LOS 976 LMHADIIGENIES EN AMP EE RAA ST à 12 %

3° Les réactions de Wassermann et de Hecht ont été négatives.

4° Le taux de l’urée sanguine est de o gr. 58.

5° L'examen des urines a donné le résultat suivant :

UrÉcimnAiTaITEERere rer 25 gr. 66 par litre CMORITENÉTETACIRRR SON ADI ONE RENE UE ET Néant.

SCT SUR En ET Néant.

On décide de faire à ce malade un traitement par le novar- Sénobenzol intra-veineux. Le 10 avril, le malade reçoit 15 centigrammes de novar, les poussées bulleuses continuent à se succéder, la température oscille entre 38° et 30°.

Le 12 avril, on fait 30 centigrammes de novar. L'état général est toujours mauvais, le malade ne réagit pas. il fait un peu de congestion aux bases pulmonaires, Le 16 avril, on fait 45 centigrammes de novar, la température est aux

alentours de 30°5, les poussées bulleuses continuent, Îe malade s’alimente à peine, il est très prostré.

Le 20 avril, on fait 60 centigrammes de novar, les poussées bulleuses sont beaucoup moins importantes, c’est à peine s’il y a une ou deux bulles qui se forment par jour. La température a baissé à 38°.

Le 25 avril, on fait 75 centigrammes de novar. Les éléments érythémateux perdent de la netteté de leur contour,

l’ensemble des téguments de la tête aux pieds présente une coloration rouge-brun. Cependant quatre ordres de faits atti-

rent l’attention :

Sur le dos, la peau s’épaissit, se laisse moins facilement plisser et présente un aspect quadrillé qui fait penser à la lichenification.

On remarque disséminées un peu partout des macules pigmentaires.

3° Il y a de nombreuses croûtes à l’emplacement des dernières éruptions bulleuses.

4° Le malade fait plusieurs furoncles, particulièrement dans la région fessière et la région lombaire.

On ne trouve plus aucune bulle, sauf au voisinage de la hernie inguinale droite, où il en reparaît une de temps en temps. L'état général s'améliore, l’appétit revient, la température est à 37°

Le 2 mai, on fait ;s centigrammes de novar ; même état que précé ARRET la température est remontée à 38°4.

Le 5 mai, à la suite de l'injection de novar, la température est rie à 37°5 et l’état général continue à s'améliorer.

L'intérêt de cette observation réside surtout dans le fait qu'un état général grave accompagnait les manifestations cutanées, ce qui démontre qu’une imprégnation éthylique très nette ne constitue pas une contre-indication à l’emploi de 014.

I1 faut même insister sur la nécessité de ne pas s’en tenir aux petites doses qui peuvent être aggravantes et sur l’utilité de doses élevées.

nee

Cette notion, sur laquelle M. Milian a déjà insisté à plusieurs reprises, est importante et explique les réactions très vives qu’a présenté un malade de MM. Gougerot et Barthélemy à la suite de l’injection de dose faible de stovarso!.

OBSERVATION 8. — (Gougerot).

Une jeune fille de 18 ans nous est amenée par sa fanulle qui commence à s'inquiéter : le médecin a diagnostiqué des pyodermites et la traite pour ces affections ; mais les iésions, loin de guérir, se multiplient sur tout le tégument depuis deux ans et envahissent la bouche et même les conjonctives.

En effet, cette jeune fille a, disséminée sur tout le corps une centaine au moins de lésions croûteuses ou pustuleuses qui ressemblent à des ecthymas : c’est l’aspect jaunâtre ou jaune brunâtre ou brun noirâtre des croûtes d’ecthyma ; certaines croûtes sont ourlées d’un soulèvement bulleux contenant du pus et auréolé de rouge. Si on enlève les croûtes, ou si on excise ces bords pustuleux, on découvre un épiderme exulcéré, rouge, suintant du séropus ; il est donc certain qu’il y a infection épidermique, mais ce diagnostic n’est pas suffisant.

Pourquoi une jeune fille bien portante jusque 1à ferait-elle de l’ecthyma indéfiniment et de l’ecthyma résistant aux traitements des pyodermites? En pareil cas il faut chercher si derrière cet ecthyma ne se cache pas une autre dermatose.

Cette malade se gratte, mais elle a sur la peau d’autres lésions et des lésions des muqueuses qui ne donnent pas les prurits et prurigos ; en effet, à côté des « ecthymas » on découvre des placards rouges de 10 à 50 m/m à bords diffus, des papules rosées d’urticaire, de petites vésicules d’eczéma. isolées ou réunies en archipels irréguliers et surtout d’exulcérations arrondies de 5 à 20 m/m avec des débris épidermiques. Ce doit être des débris de bulles mais les réponses de la malade et de sa famille sont si confuses qu’on ne peut rien affirmer.

Sur la muqueuse de la bouche, on aperçoit trois érosions de 10 à 12 m/m, arrondies, recouvertes d’un enduit jaunâtre très fin.

Sur la conjonctive droite, on découvre une érosion semblable de 5 m/m à la face muqueuse de la paupière infé-

rieure et tout l’œil est congestionné, rouge et douloureux.

Nous nous méfions donc d’un pemphigus ou plutôt d’une dermatite polymorphe douloureuse de Brocq-Duhring.

L'examen du sang révèle une éosinophilie de 8 %.

Sur la peau, exempte de lésions, on applique trois ventouses sèches avec une aspiration moyenne. Rapidement sur chacune des trois ventouses des bulles apparaissent très nettement hémisphériques de 5 à ro m/m tendues par un liquide clair. |

Le diagnostic apparait donc certain, grâce à ce signe de ia ventouse.

Quelques jours plus tard, la malade reviendra nous montrer des bulles spontanées très nettes.

Le diagnostic est donc confirmé et l’on doit rejeter le premier diagnostic de pyodermite.

L'étude de la malade nous révèle qu’elle a eu des maladies infantiles sans complication ; elle n’a jamais eu de troubles apparents du foie, des reins, des ovaires ; la tension est normale, les urines sont normales, le pouls est normal, les parents et les grands-parents sont en bonne santé. On retient seulement qu’elle est nerveuse, plus nerveuse que ses compagnes et qu’elle est surmenée par la préparation d'examens. Inquiète, ne dormant pas, souffrant de ces éruptions, elle à beaucoup maigri.

Les poussées sont irrégulières, survenant sans causes connues, sauf une recrudescence menstruelle très nette et deux grandes poussées aux printemps et à l’automne.

Traitement. (Résumé).

Nous ordonnons :

1° Une cure de 014 en injections intra-veineuse.

2° Une hémothérapie entre chaque injection arsenicale. 3° Un régime alimentaire tonifiant.

4° Des toniques.

5° Une opothérapie adrénalinique.

6° Des calmants.

7° Un traitement local.

Tout ce traitement fût toléré, sauf dans les arsénobenzènes, et il faut être prévenu de ces difficultés.

En effet, dès la première injection de 0,15 le 2 mai, ja température monte à 38°0 et des bulles, nombreuses, apparaissent, le médecin nous téléphone demandant à cesser le o14 qui l’inquiète lui et la famille. Nous insistons, ol refait le 5 mai 0,10 de 014, la température remonte à 38°8 et des nouvelles bulles explosent. La famille s’insurge, le médecin nous avoue préférer l’arrêt de l’arsenic, et vraiment ils semblent avoir raison. Si nous ne savions pas, par des cas semblables, et grâce aux remarquables recherches de Milian sur le biotropisme que ce sont des conflits thérapeutiques sans gravité, nous aussi nous arrêterions l’arsenic !

Au contraire, nous exigeons la continuation du 914 : 0,15 redonne 38°4 de fièvre, mais 0,30 ne produit que 37°6 et 0,45 laisse la température normale à 37°4, ete... ; le 014 est désormais toléré, les bulles cessent et se cicatrisent, le prurit et les douleurs s’éteignent, l’état général s'améliore ; la malade engraisse, dort, ne souffre plus... ; tout le monde est content.

OBSERVATION 9. — (Jung).

Une femme âgée de 56 ans vient consulter pour une éruption cutanée.

Les antécédents familiaux ne montrent rien d’important. L'étude des antécédants personnels permet de dépister : une pneumonie, un érysipèle de la face, une appendicite. La maladie actuelle commencerait il v a 3 ans environ. L'éruption consistant en bulles ramassées sous forme de petits amas reposant sur une base érythémateuse débutant d’après les dires de la malade au niveau des membres supérieurs gagnant le tronc et ensuite les membres inférieurs. Cette éruption était très prurigineuse. La malade a été hospitalisée dans une clinique où elle subit pendant six semaines un traitement inefficace par des pommades et des pâtes, Mais quand après des améliorations tout à fait passagères l’état de la malade s’aggrava malgré le traitement continuel de son médecin, elle se décida d’entrer dans notre clinique.

Le tableau clinique est le suivant :

IT s’agit d’une femme de taille moyenne un peu amaigrie.

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