‹ Le Traitement Belladonné à Hautes Doses des Rigidités Extra-PyramidalesChapitre 14 sur 44 · ARE · texte numérisé non relu

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étudier les bases aminées de la belladone et doser, d’une part, les alcaloïdes purifiés, d’autre part,les bases cycliques volatiles passant dans l’éther-chloroforme et, enfin, les amines grasses restées partiellement solubilisées dans la première liqueur aqueuse alcaline.

A défaut d’une mise au'point de ce dosage complexe, nous avons suivi dans nos titrages la technique du Codex en prenant soin de réaliser les temps d’évaporation à très basse température afin d'éviter la déperdition des composants volatils.

Il serait intéressant de faire des dosages physiologiques systématiques. J. LEREBOULLET signale dans son article du Paris Médical qu'il a essayé son extrait fluide de racine de belladone sur le cœur isolé de grenouille et qu’à titre alcaloïdique égal, eét extrait se montrait beaucoup plus actif que la solution d’atropine. L'existence de l’éthanol dans les extraits alcooliques forts ét même dans les vins ajoute de nouvelles difficultés à ces comparaisons sur un organe vivant, mais le principe en reste néanmoins meilleur que celui des titrages chimiques, puisque nous ne sommes pas fixés avec précision sur l’identité de tous les principes actifs.

D. — PRINCIPALES PRÉPARATIONS TROPÉINIQUES UTILI- SÉES POUR LE TRAITEMENT DES RIGIDITÉS EXTRA-PYRAMI- DALES.

a) Les ‘préparations officinales.

Ce sont essentiellement les poudres, les extraits, les ‘teintures, les alcaloïdes purs. Bien entendu, les doses maxima du Codex que nous donnons ici sont souvent dépassées dans le traitement des parkinsoniens, la tolérance de ceux-ci visà-vis des tropéines étant exceptionnelle.

La poudre de feuilles de Belladone figure au Codex 1937 ‘qui exige une teneur minimum de 0 gr. 30 d’alcaloïdes totaux pour 100 grammes. Dose maximum en 1 fois : O or. 15 ét pour 24 heures : 0 gr. 50 ; soit 4,5 et 15 milligrammes d’alcaloïdes totaux respectivement. :

La poudre de racine qui figurait dans les Codex de 1866 et de 1884 a disparu des éditions ultérieures. Elle contient

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un peu plus de principes acüfs que la poudre de feuilles, en moyenne 0,40 pour 100.

L’extrait de belladone (ferme) préparé avec des feuilles sèches, doit contenir, d’après le Codex 1937, au minimum 2,25 et au maximum 2,85 pour cent d’alcaloïdes. Dose maximum en À fors : 0 gr. 03 et pour 24 heures 0 gr. 10, soit en prenant 2,50 pour la teneur moyenne de l'extrait : 7,50 et 23 milligrammes d’alcaloïdes totaux respectivement.

La teinture, préparée directement par lixiviation à partir des feuilles et de l’alcool à 700 doit contenir au minimum 0,03 pour cent d’alcaloïdes totaux. Dose maximum en 1 fois : 1 gramme et en 24 heures : 4 grammes, soit des doses d’alcaloïdes totaux égales à celles qui sont données pour les doses maxima de la racine.

L’atropine et le sulfate d’atropine sont imscrits au Codex 1937. Les doses maxima pour l’une et l’autre sont les suivantes : 1 milligramme en une fois et 2 milhgrammes par 24 heures.

On pourra s’étonner que le Codex permette l’absorption en une fois de quantités d’alcaloïdes aussi différentes : 4 milhigr. 5 pour ceux de la poudre de feuille et de la teinture, 7 milhor. 5 pour les alcaloïdes de l'extrait, 1 nulligramme seulement pour l’atropine pure.

Tels qu'ils sont combinés dans l’extrait, les alcaloïdes de la feuille de belladone sont-ils moins toxiques que la même quantité d’atropine base ? Ce n’est pas impossible.

Ou bien, comme nous le voyions précédemment, le dosage des alcaloïdes totaux, tel qu’il est donné dans le Codex n’englobe-t-il pas diverses bases aminées moins toxiques que l’atropine, et ne donnerait-il pas ainsi un chiffre trop élevé ? C’est très vraisemblable, mais, de toute façon, on comprend mal la différence de posologie existant entre l'extrait et la teinture qui sont préparées de façon très semblable et t1trées par le même procédé.

La poudre de Datura (feuilles), figure au Codex 1937, mais il n’est pas prévu de titre en alcaloïdes totaux; c’est Een que l’on trouvera d’une poudre à l’autre de ane différences d'activité et qu’il ne faut pas espérer pouvoir prescrire un traitement régulièrement progressif, ni toujours égal à lui-

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même. Pratiquement, la poudre de Datura contient de 0 gr. 22 à 0 gr. 40 % d’alcaloïdes totaux, soit à peu près autant que la poudre de belladone, mais en fait certaines poudres peuvent atteindre le titre de 0,70 %, soit trois fois plus que les poudres les plus faibles.

Les doses maxima du Codex sont de 0 gr. 25 en une fois

et de 1 gramme par 24 heures.

La Scopolamine ne figure au Codex que sous forme de bromhydrate, sel soluble. Les doses maxima sont de 1 milligramme en une fois, et de 3 milligrammes par 24 heures.

6) La solution de Romer est obtenue par le simple mélange de 0 gr. 50 de sulfate d’atropine à 100 grammes d’eau distillée. De cette façon, une goutte correspond à un quart de milligramme de sulfate d’atropine, (Il estbon de noter que 1/4 de milligramme de sulfate d’atropine, ou 0 gr. 00025, ne correspond qu’à environ 0 gr. 00018 d’atropine base, soit une réduction d’un tiers environ.)

Il est bien diflicile de préciser une dose maximum à cette solution. D’après le Codex, on ne devrait pas dépasser IV gouttes en une fois et VITT gouttes en 24 heures. Pratiquement, RôMER, et ses continuateurs, tout en commençant par [IT à IV gouttes, sont montés parfois jusqu’à CXL gouttes, soit 35 milligrammes de sulfate d’atropine. On pourra voir dans une de nos observations une malade très sensible à une seule goutte par jour, et une autre en tolérer parfaitement 104.

7) La Médication d’Yvan Rae. — Comme nous l’avons vu, celle est quadruple : décoction vineuse, poudre noire, pilules laxatives (?) et masticatoire.

La décoction vineuse doit être assez analogue aux vins préparés en Italie et en France, à l’aide de la belladone. Cependant, il ne nous paraît pas impossible que la racine employée soit, non pas de la belladone, mais une scopolie dite belladone de Hongrie et très répandue dans les Bis La Scopolia Carniolica est fréquemment employée pour ae sifier la belladone, mais cette falsification est assez difficile à déceler, d'autant plus que la Scopolia est encore plus riche que la belladone en alcaloïdes totaux (jusqu’à 0,07 pour 100)

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Le fruit de la scopolia est une pyxide, celui de la belladone une baie, mais les poudres de feuille et les racines sont très ressemblantes.

Nous devons à l’obligeance du Dr Cæavany d’avoir pu examiner une petite quantité de racines bulgares rapportées du pays même par un de ses malades. D’autre part, nous en avons reçu nous-même quelques morceaux par une autre voie, et ces racines, quoique soigneusement découpées en petits cubes, ne nous ont paru ni microscopiquement, ni Macroscopiquement différentes des racines employées par nous. Nous n’avons pu jusqu’à ce Jour confier ces racines à un spécialiste, ce qui serait nécessaire pour trancher la question.

À l’aide de ces racines d’origine, nous avons préparé des décoctions vineuses à 5 % suivant la technique rapportée par les auteurs Italiens, et nous avons trouvé des titres d’alcaloïdes totaux, compris entre 0,023 et 0,026 pour 100 grammes de vin. Par conséquent, la teneur de ces racines serait d'environ 0 gr. 50 pour 100, chiffre que nous n’atteignons jamais avec les racines de else cultivée, pourtant plus riches que les racines sauvages. #

Étant donné que la scopolie est très répandue dans les Balkans, et d’autre part, que la teneur de la racine bulgare en alcaloïdes totaux est passablement élevée, nous pensons que la plante originale pourrait bien être une scopolie.

Ceci d’ailleurs n’aurait pas grande importance pour nous, puisque les nombreux résultats obtenus par les auteurs Italiens et Français avec la belladone, n’ont jamais été considérés comme inférieurs à ceux de la méthode originale. Quelle que soit la racine d’Yvan Ragr, les auteurs italiens nous apprennent qu’elle sert à préparer une décoetion à 50 pour 1.000 dans le vin blanc. Contact d’une heure à froid de la racine dans le vin, ébullition lente pendant une demiheure, filtration et répartition en flacons.

Les différences entre la teinture oflicinale française et le liquide ainsi obtenu, sont de quatre sortes :

D'abord le produit de base, employé par Yvan Rarr, est une racine et non une feuille ; le solvant est un liquide aleoolique faible et non un alcool fort (70°); le vin est un liquide

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complexe et acide, alors que Falcool à 70°, employé pour notre teinture codex est pur et neutre; enfin, il y a intervention de la chaleur, alors que notre teinture est faite à froid.

Le choix de la racine, plus riche en principes actifs, particulièrement en hyoscyamine, et de tous temps considérée comme thérapeutiquement supérieure aux feuilles, paraît logique.

L'utilisation d’une liqueur alcoolique faible est aussi fort défendable, puisque les bases aminées s’y dissolvent plus facilement. Quant aux alcaloïdes, ils n’ont pas besoin d’un titre alcoolique élevé pour passer dans la solution, puisque l’acidité du vin les transforme en sels hydrosolubles.

Enfin, l’action de la chaleur rend certainement l’extraction plus complète en même temps qu’elle facilite la combinaison des alcaloïdes et des bases aux acides du vin.

Malheureusement, la liqueur obtenue suivant cette méthode, offre des inconvénients pratiques certains. Elle est trouble par la mise en suspension de lamidon des rhizomes et aussi de divers matières lipoïdes que nous avons retrouvées dans les culots de centrifugation. Elle ne se conserve pas, car l’alcool du vin s’est en grande partie évaporé pendant Pébullition, et les moisissures y trouvent un milreu de culture très propice à leur multiplication. Enfin, et surtout, la teneur de la drogue en principes actifs varie d’une préparation à l’autre, les racines employées sont plus ou moins riches en alcaloïdes et le produit final peut présenter des variations d'activité allant du simple au deuble. H devient impossible de prescrire des posologies régulièrement progressives, on ne peut plus chercher le « seuil » d’activité, ni trouver la limite

exacte de la tolérance, puisque 2 cuillerées à café d’un vin

donné peuvent correspondre à une quantité double du vin suivant, etc.

C’est pourquoi, pour nos observations personnelles, nous avons recherché à remédier à ces difficultés qui ne sont pas insurmontables.

Sur les détails de la médication complémentaire d’Yvan Razr, nous ne sommes pas parfaitement renseignés. La poudre noire, considérée comme sans mtérêt par PANEGRoOSSI et FerRaNINI, serait du charbon végétal. Peut-être figure-t-elle

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dans l’ensemble du traitement pour frapper l'esprit du maladé, ce qui peut ne pas être négligeable. Peut-être encore estelle destinée à corriger les troubles digestifs, mais dans ce cas, le rôle du charbon ne saurait être bien important.

Certains malades verseraient la poudre dans le vin et absorberaient la suspension ainsi obtenue. La poudre de charbon pourrait alors agir comme adsorbant vis-à-vis des alcaloïdes, mais de toute façon nous ne voyons pas quel avantage peut présenter cette façon de procéder.

Quant à la masse pilulaire mal définie, nous saisissons très bien son utilité si elle est laxative, comme le dit PaneGrosst, ou encore si elle contient un supplément d’extrait de racine de belladone. La constipation des malades en traitement est souvent opiniâtre et nous prescrivons fréquemment de petites doses de sulfate de soude pour remédier à cet état de choses. Des pilules laxatives représenteraient done —empiriques où non — un correctif précieux. Si d’ailleurs ces pilules étaient fortement laxatives, elles pourraient jouer un rôle utile dans le traitement; certains prétendent, en effet, que les purgatifs fréquemment renouvelés constituent un dérivatif utile au cours de certains syndrornes neurologiques. Nous rappellerons qu'Ascaner de Vienne, emploie systématiquement les purgatifs dans la sclérose en plaques.

Enfin, le masticatoire, racine d’Acorus Culamus, dont Podeur est délicieuse, n’est certainement pas imférieur au hochets de racine de guimauve employés en France par certains malades pour remédier à l’excessive richesse de la bouche au cours des traitements intensifs.

A) Le vin belladoné titré. — Sa préparation. — Pour obtenir un vin belladoné convenable à l’expérimentation, nous avons cru bon de mettre au point une préparation, imitant d’ausst près que possible celle d’Yvan R4Arr, puisque nous avons trouvé à celle-ci une supériorité certaine sur les médicaments officinaux. Nous nous sommes seulement attaché à corriger les défauts du produit terminal, en ce qui concerne la conservation et le titrage.

Nous partons de la racine de belladone cultivée, dans la proportion de 5 parties pour 100 parties de vin blanc à 10°

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d’alcoo!, et dont nous ajustons l’acidité. La décoction est faite après mise en contact de 24 heures de la racine avec le vin blane. L’ébullition a lieu pendant une demi-heure dans des conditions telles que les produits volatils de la racine et l'alcool sont condensés et restitués en majeure partie au liquide bouillant.

Après filtration, le liquide louche obtenu est titré par le procédé du Codex, que nous avons discuté précédemment.

Le filtrat titré est ensuite ramené par du vin blanc à un volume tel qu’il contienne deux centigrammes d’alcaloïdes totaux pour 100 grammes. Notre procédé nous permet d’obtenir un liquide terminal titrant 10° d’alcool et dont un centimètre cube correspond à XXX gouttes. Dans ces conditions, la conservation du vin belladoné est parfaite.

Notons qu'il contient 0 gr. 0002 d’alcaloïdes totaux par centimètre cube, soit : :

Un milligramme par cuillerée à café.

D'autre part, 75 gouttes correspondent à un demi-milli- |

gramme d’alcaloïdes totaux.

Les avantages de ce mode de préparation nous ont paru certains. La conservation du vin est bonne et son titre est constant, ce qui est essentiel.

Î n’a par contre, pas très bon goût et les malades le mélangent parfois à deux volumes de sirop d’écorce d’oranges pour réaliser une potion de conservation suffisante pour quelques semaines et dont il suflit de prescrire des doses trois fois plus élevées que celles du vin belladoné pur.

Notons que, dans le cas de ce mélange, la prescription par cuillerées à café doit être seule adoptée, la grosseur des gouttes étant faussée par les modifications de tension superficielle apportées par la présence du sucre contenu dans le Sirop. .

Certains de nos malades ont prétendu que la sécheresse de la bouche était moins intense lorsque le vin était ainsi dilué.

Un autre désavantage du vin belladoné est de n'être pas parfaitement clair, à cause de l'empois d’amidon qu’il contient et par le fait de la suspension des matières grasses. Pratiquement, nous n’osons pas clarifier le vin par la méthode classique de filtration serrée en présence de tale, Cette

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opération que nous avons essayée entraîne une clarification certaine du vin, mais dans quelle mesure les alcaloïdes et les autres produits actifs ne sont-ils pas retenus sur le filtre avec les impuretés ? Nous préférons, pour le moment, nous en tenir au produit brut titré, et lorsque la suspension haplexe qui rend le vin légèrement louche précipite, il nous paraît très facile de rétablir l’état de choses antérieur par simple agitation.

On a reproché enfin aux vins belladonés de contenir de l'alcool. Ce reproche ne nous paraît pas fondé : d’une part, même à la dose considérable de 10 cuillerées à café par jour, la quantité d’alcool : ingéré est négligeable (un quart de verre de vin à peu près et réparti sur une journée entière). La plupart des Parkinsoniens consomment normalement pour leur alimentation des quantités de vin supérieures à ce quart de verre sans en subir le moindre préjudice.

Enfin, J. LereBouLer préfère l'extrait fluide aux vins belladonés, en partie parce qu'il attribue à l’acide tartrique du vin des propriétés irritantes sur le tube digestif. Peut-être est-ce donner à l’acide tartrique une bien grande importance, car cet acide organique, faiblement 1onisé, est présent dans l'alimentation normale en quantité certainement très supérieure à celle que l’absorption de quelques cuillerées à café de vin belladoné peut apporter à l’organisme. La limonade, les raisins, les oranges, le vin ordinaire, la bière, etc., contiennent beaucoup d’acide tartrique et ces boissons ou ces fruits ne passent pas pour être plus nuisibles aux parkinsoniens qu'aux individus sains.

En résumé, les avantages du vin belladoné titré nous paraissent l'emporter sur ses inconvénients, et pour le moment, nous pensons que son emploi n’expose à aucun incident en dehors de ceux que nous allons étudier et qui se rapportent aux seuls principes actifs.

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