‹ Le Traitement Belladonné à Hautes Doses des Rigidités Extra-PyramidalesChapitre 22 sur 44 · III. — Accidents véritables de la eure · texte numérisé non relu

III. — Accidents véritables de la eure

C'est eux qui nécessitent une surveillance véritable, car leur apparition doit faire immédiatement baisser les doses d’une façon considérable, sinon interrompre la cure, car il est parfois ennuyeux de sevrer brusquement un organisme accoutumé à de très fortes quantités de belladone.

On doït en distinguer deux catégories :

— les uns sont dûs aux déficiences organiques du sujet : il s’agit de tarés chez qui le traitement provoque l’insuflisance d’un organe déjà antérieurement lésé. Ces accidents sont évitables par la sélection des patients à soumettre à la méthode. C'est leur possibilité, en un mot, qui est à l’origine des contre-indications ; :

— l’autre catégorie comprend, au contraire, les accidents

véritables, beaucoup plus difficiles à prévenir, et qu'il faut tâcher de dépistér dès leur début.

a) Défaillances organiques à l’occasion du traitement belladoné. — Elles peuvent survenir chez tous les tarés à qui l’on doit refuser le bénéfice de la méthode. |

C'est ainsi qu’on a signalé chez des sujets atteints de

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lésions organiques du cœur, du foie, ou de reins, l’apparition d'insuffisance de ces organes.

Un examen complet du malade, un dosage de l’azotémie devront donc être pratiqués systématiquement avant l’instauration de la thérapeutique.

Deux ordres de malades surtout devront être écartés ou du moins traités avec la plus grande prudence :

— les mentaux, chez qui les troubles psychiques s’exagèrent souvent sous l'influence de l’intoxication belladonée,

— et plus encore les prostatiques chez lesquels le risque de provoquer une rétention d’urines est très grand.

b) Accidenis véritables du traitement belladoné.

C’est eux qui font le vrai danger de la cure. Ils sont d’autant plus ennuyeux qu’ils surviennent parfois brusquement, au cours d’un traitement jusque-là normalement toléré, ét sans que rien les fasse prévoir. D’où l’absolue nécessité d’une

surveillance quotidienne du malade par le médecin.

On peut en distinguer divers ordres :

19 Des accidents généraux de saturation par la belladone. Ils surviennent progressivement et pour de fortes doses et, n'étant pas une surprise, ne sont pas bien dangereux.

x) L’asthénie, l’amaigrissement, de petites poussées thermiques, tous symptômes qu'on observe parfois à un degré modéré au cours de la cure, peuvent s’accentuer jusqu’à Iimposer la suspension de la hope utique atropinique ;

B) De grands vomissementx incoercibles, symptôme bien classique de l’intoxication belladonée, sont possibles également dans des cas du reste exceptionnels;

7) De même, certains auteurs ont observé des troubles de indé excitation psychique, véritable ivresse belladonée, telle qu’elle est décrite dans les traités.

Il faut inister sur la raretè de ces accidents. Chez les parkinsoniens dont la tolérance surprenante à la belladone est bien connue maintenant.

Si cependant ils surviennent, l'interruption de la cure et une thérapeutique symptomatique : toniques, eau chloroformée, sédatifs, etc., en viennent à bout sans aucune difhi-

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culté. Jamais on n’observe de 8équelles ni même de troubles prolongés au delà de quelques jours.

20 Des accidents localisés sont possibles aussi. Ils portent sur l’intestin et la vessie et c’est dans ce cas que l’on peut voir éclater brutalement les troubles.

Parfois cependant, on sera mis en éveil par une constipation de plus en plus rebelle, ou une difficulté croissante des mictions, symptômes d'alarme qui devront inciter à une posologie moins élevée des solutions belladonées. Mais, d’autres fois, tout prodrome fait défaut et c’est d’une façon absolument brutale qu'éclatent les accidents.

2) La paralysie intestinale se manifeste par un ballonnement abdominal avec tympanisme. L’arrêt des matières et Souvent même des gaz est complet et les laxatifs demeurent sans effet.

Ïl faut immédiatement arrêter la belladone et solliciter le péristaltisme intestinal par de grands lavements huileux et surtout par les excitants pharmacologiques des mouvements de l'intestin : physiostigmine ou extrait hypophysaire postérieur.

Dans ces conditions, l’état occlusif cède en quelques heures.

Ultérieurement, le traitement belladoné sera continué à des doses bien plus faibles. Il est curieux de noter que dans certaines observations, on a pu revenir à des chiffres aussi élevés qu'auparavant sans voir reparaître les ennuis intestinaux.

6) La paralysie vésicale est possible également. L’arrêt de la belladone, le cathétérisme en viennent aisément à bout.

Ultérieurement, on se conduira comme dans le cas précédent.

39 Enfin, il faut dire un mot de l’accoutumance excessive à la belladone qui a été signalée et qui fait qu’on a peine à interrompre le traitement. Cette véritable atropinomanie existe seulement avec la méthode de Rômer. Elle n’apparaît pas au cours de la cure bulgare, mais il est certain que lorsqu'on veut cesser la thérapeutique, il ne faut pas le

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