‹ Le Traitement Belladonné à Hautes Doses des Rigidités Extra-PyramidalesChapitre 21 sur 44 · XI. — Troubles -d’intolérance · texte numérisé non relu

XI. — Troubles -d’intolérance

Tls surviennent chez un petit nombre de sujets, maïs c’est eur existence qui oblige à une grande prudence au début du traitement. en

Dès la première cuillerée à café de vin belladoné, ou bien plus encore dès les premières gouttes d’atropine, on peut “voir apparaître des vomissements violents, de l'agitation, parfois même de la confusion mentale. Chez l’homme normal, “ces troubles sont de règle aux doses utilisées. Mais on saït -depuis les travaux de Rômer que c’est justement la particularité des parkimsoniens de tolérer des doses énormes de belladone. Nous reviendrons plus loin sur ce point si curieux. Chacun sait que la belladone est un poison du système véwétatif, et sans doute les lésions bien connues de ce système au cours de la maladie de Parkinson expliquent-ils ‘la re- -marquable tolérance de ces sujets.

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On peut supposer alors que, dans un certain nombre de cas, les atteintes végétatives sont moins marquées, d’où une succeptibilité plus proche de la normale, mais qui devient paradoxalement nocive en empêchant de mettre en œuvre une thérapeutique qui n’est efficace qu’à fortes doses.

Cette explication demeure absolument hypothétique, mais le fait que des ennuis surviennent quelquefois dès le début

demeure.

Il faut alors interrompre la belladone ; après quelques semaines de repos, on pourra essayer de la reprendre très prudemment, mais en général la deuxième tentative n’est pas plus heureuse que la première et, dans ces conditions, on doit renoncer à cette thérapeutique.

Heureusement, les intolérances ne sont pas fréquentes, Surtout, nous le verrons, avec la cure bulgare qui est bien mieux acceptée par l'organisme que l’atropine.

IT. — Petits incidents de la eure

Ils traduisent la saturation de l'organisme par les alcaloïdes de la belladone, mais ne sauraient en aucune façon inciter à interrompre le traitement.

a) La sécheresse de la bouche est presque constante; il est vrai qu’elle est d’autant mieux acceptée par le malade qu’elle remplace une salivation souvent fort génante. Quelquefois après quelques jours de traitement, le desséchement des muqueuses s’atténue, mais plus souvent il persiste, s’exagérant 1/2 heure après chaque prise de belladone.

C’est pous l’atténuer, semble-t-il, que l'inventeur de la cure bulgare, Yvax Ragrr, faisait mâcher longuement par ses clients une racine d’acorus calamus. On peut imiter cet ingénieux empirique en prescrivant de la racine de guimauve. On fera rincer la bouche fréquemment. On évitera les aliments très secs ou très épicés. Ainsi sera atténué ce petit ennul sans gravité, auquel d’ailleurs les sujets s’accoutument rapidement et qu'aucun ne met en balance avec les avantages qu'il retire de la cure.

Il est rare que la sensation de bouche pâteuse devienne \

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vraiment intense et arrive véritablement à gêner l’alimentation : dans ce cas on se trouvera bien d’adjoindre un peu avant les repas une potion au nitrate de pilocarpine qui excite la sécrétion salivaire. Mais il est presque toujours inutile de recourir à cette mesure.

b) Les troubles visuels sont très fréquents eux aussi : c’est la classique paralysie de l’accommodation avec mydriase. Par conséquent, le malade est gêné pour lire, écrire ou voir de près. Le port de lunettes de presbyte est souvent nécessaire pour remédier à cette légère infirmité.

c) Les troubles du rythme cardiaque, contrairement à ce que l’on pourrait penser, sont des plus rares, et pour notre part, nous n’en avons jamais observé. Théoriquement, on devrait constater une tachycardie extrême. Dans la pratique, nous ne l’avons jamais vu dépasser 90 pulsations à la minute, et il est tout à fait superflu de lui opposer aucun traitement.

Le myocarde, la pression artérielle ne sont pas influencés par la cure, à condition évidemment de ne pas la pratiquer chez des sujets tarés. Dans deux cas, nous avons vérifié par l’électrocardiogramme l’absence de modifications des ‘complexes électriques.

d) La constipation est de règle et souvent rebelle. Elle est due à la paralysie du vague qui préside aux contractions de l’intestin. Les suppositoires, les laxatifs seront nécessaires et habituellement suflisants. Il n’en reste pas moins qu’une surveillance attentive de l’intestin est de règle, car cette constipation n’est que le premier degré d’une grave complication, l’occlusion intestinale, qui sera étudiée dans le chapitre suivant. La diarrhée a été signalée par Marinesco et Façon qui l’attribuent à l’anacidité gastrique, car l'administration d’HCI et de pepsine leur ont permis de la combattre.

e) De même, de légers troubles vésicaux, pollakiurie, dysurie, sont sans gravité, mais peuvent être les signes avantcoureurs d'accidents plus sérieux.

f) Une certaine excitation psychique s’observe parfois au.

! r s A die cours de la cure belladonée ; rappelons la nécessité d’éviter dans le régime alimentaire tous les excitants. On pourra

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aussi évidemment adjoindre-des sédatifs, gardénal en particulier, mais c’est habituellement inutile et il vaut mieux éviter d’infliger au malade des intoxications thérapeutiques supplémentaires.

g) Quant à la congestion de la face, parfois accompagnée de

bouffées de chaleur, elle est sans importance, mais contribue avec la mydriase à donner aux sujets en traitement un facies un peu particulier assez différent de l’aspect habituel des parkinsoniens.

L’énumération de tous ces petits troubles qu’on n’observe jamais tous à la fois est longue, mais la gêne qu'ils infligent au malade demeure presque toujours insignifiante et doit être négligée dans la conduite de la cure. Il n’en est plus de même des symptômes qu’il nous reste à examiner maintenant.

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