I. — Indications
À) La maladie dé Parkinson constitue l’indication de beaucoup la plus importante de la cure belladonée.
Les formes avec rigidité, avec sialorrhée sont, on l’a vu, plus sensibles que les autres.
C’est dire qu’on appliquera essentiellement la thérapeutique au Parkinson post-encéphalitique. Celui-ci apparaît chez des sujets jeunes ; la contracture y est bien plus marquée que le tremblement et la salivation particulièrement intense.
Il réunit ainsi toutes les conditions les plus favorables et par bonheur, c’est aussi et heureusement de beaucoup le plus fréquent.
C’est à titre de rareté qu’il faut citer le parkinsonisme lié à d’autres affections comme la syphilis ou l’intoxication par le manganèse ou le sulfure de carbone.
Reste la question de la maladie de Parkinson d’origine vasculaire ; c’est l’étiologie habituelle de la seule forme de cette maladie qu’on connaissait avant la guerre : la forme sénile. Là, indication est bien plus discutable. La rigidité fait défaut ou demeure discrète. Le tremblement occupe le premier plan du tableau clinique. Enfin, l’âge avancé de ces malades s’accompagne bien souvent de scléroses ou d’altérations viscérales diverses.
Ainsi, d’une part, la cure a moins de chance de succès, et d'autre part,ses dangers sont au maximum. Aussi devrat-on se montrer extrêmement prudent et peser ce que l’on
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peut attendre de la belladone dans chaque cas particulier par rapport à sa toxicité, et aux contre-indications qui vont être examinées dans un instant.
B) Dans toutes les autres rigidités de physiologie pathologique analogue à la rigidité parkinsonienne, la méthode belladonée est la seule qui puisse donner quelques résultats, d’ailleurs inconstants. Aussi, devra-t-elle toujours être essayée, mais à doses moins de car ce genre de malades ne possède pas l'extraordinaire nice à l’atropine si spéciale aux parkinsoniens.
On a signalé des succès :
1) Au cours du spasme de torsion, syndrome de Z1EHEN OPPENHEIM, parfois d’origine encéphalitique et qui d’autres fois surviennent sans cause apparente. MariNvesco a ainsi rendu, grâce à la méthode de Rômer, une activité sociale EL à un sujet qui séjournait on plusieurs années dans son service, incapable d’aucun mouvement efficace ;
2) Dans la rigidité décérébrée que nous avons vu une fois améliorée d’une façon du reste discrète par l’atropine à fortes doses ; :
3) Dans les hémiplégies et diplégies infantiles, à condition qu’elles ne soient pas dues à des lésions de la voie pyramidale. C’est ainsi que nous apportons une observation de maladie de Lirrze, congénitale, avec forte rigidité bilatérale de type extra-pyramidal, et quelques mouvements athétosiques. Cette symptomatologie qui atteste une lésion des noyaux gris centraux s’est atténuée manifestement sous l'influence de la cure bulgare. Mais le résultat ne s’est maintenu qu’en partie, d'autant que des phénomènes d'intoxication ont gêné le traitement ;
4) Dans l’athétose double avec rigidité, maladie de striatum. Nous apportons une observation où le malade a subi comparativement, la thérapeutique par l’atropine et celle par le vin belladoné. Leurs effets ont été à peu près analogues, nets, mais intenses du fait de la tolérance extrêmement faible de cette patiente, chez laquelle nous n’avons pu dépasser des doses tout à fait minimes. Seule, la contracturea été influencée, notablement du reste, les mouvements athétosiques restant
sans changement ;
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5) Il existe un certain nombre d’autres maladies nerveuses du même groupe, où l’on peut supposer que la belladone ne sera pas sans action, mais sur lesquelles nous n'avons pu retrouver de documents. Ainsi, la maladie de Wilson, certaines maladies familiales avec rigidité, etc.
Ï] serait très intéressant de faire dans toutes ces affections, des essais dont l’étendue demeurera toujours limitée par leur extrême rareté.
ÏI. — Contre-indications
À) Certaines sont liées à l’inutilité d'essayer la méthode, on ne peut en espérer de résultat et seuls les inconvénients en subsistent. C’est ainsi que dans la contracture pyramidale des hémiplégies ou des paraplégies, on n’a jamais rapporté que des échecs. Nous ne pouvons que confirmer sur ce point l’opinion générale ; dans ces cas, la belladone n’a pas la moindre influence sur la rigidité, elle est mal tolérée et elle risque d’exagérer les troubles si fréquents au cours de ces affections. Elle est donc formellement contre-indiquée.
B) Les véritables contre indications surviennent chez des sujets qui, d'autre part, seraient susceptibles de profiter de la méthode, mais sont porteurs de tares organiques qui ne leur permettent pas de la supporter.
L’insuffisance cardiaque est ainsi une contre-indication. Devant une cardiopathie valvulaire bien compensée, on est autorisé, par contre, à faire un essai prudent qui pourra être favorable, comme des cas en ont été publiés.
De même, les atteintes rénales ou hépatiques doivent inciter à une extrême circonspection. En cas d’hypertrophie de la prostate où de rétrécissement urétral avec troubles de la miction, ou lorsque dans l’affection nerveuse que l’on veut traiter existent des troubles sphinctériens, le danger de provoquer une rétention d'urine est tel que la belladone ne devra être utilisée que dans des cas tout à fait particuliers.
Il en est de même lorsqu'il existe des troubles mentaux, à condition qu'il s’ agisse de psychoses véritables, et non de ces états dépressifs si couramment observés chez Fi parkinsoniens
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et qui cèdent admirablement, au contraire, à la cure bulgare. Chez les parkinsoniens cachectiques, on tendra à diminuer
les doses, mais sans se laisser trop intimider, car bien souvent,
si l’on atténue leur rigidité et qu’on leur rende une certaine activité, on voit leur état général subir une heureuse transformation.
Reste la question très délicate de l’âge. Il est évident que chez tout vieillard existe une atteinte plus ou moins discrète de tous les organes et c’est pourquoi il cumule les diverses contre-indications qui viennent d’être énumérées.
Aussi, certains auteurs proscrivent-ils les fortes doses de belladone au-dessus de 50 ans ; d’autres fixent la limite à 60 ans.
Cependant, il existe dans la littérature de si nombreuses observations de sujets âgés ou très âgés qui ont retiré un bénéfice considérable de cette thérapeutique qu’il nous paraît difficile de s’en priver systématiquement à partir d’un nombre d’années toujours le même.
Il y a des gens qui sont vieux à 40 ans, il en est d’autres qui demeurent jeunes jusqu’à un âge très avancé. C’est une question d'appréciation clinique, et seul un examen complet de tous les organes, la mesure de la tension artérielle, au besoin un dosage d’urée sanguine, une radiographie du cœur et de l’aorte permettront de prendre une décision en connaissance de cause.