‹ Le Traitement Belladonné à Hautes Doses des Rigidités Extra-PyramidalesChapitre 27 sur 44 · III. — Comparaison des effets du traitement belladoné · texte numérisé non relu

III. — Comparaison des effets du traitement belladoné

À) Avec les autres traitements utilisés antérieurement.

On peut rencontrer des malades quise montrent plus sensibles au datura ou à la scopolamine qu’ aux fortes doses de belladone. Mais ce sont là des exceptions, et d’une façon générale personne ne discute que cette thérapeutique, avec tous ses inconvénients de toxicité éventuelle, ne constitue un progrès considérable et ne permette d’obtenir des succès remarquables qui nous étaient interdits il y a quelques années.

B) Comparaison du traitement par l’atropine et de la cure bulgare.

Elle est très difficile à établir d’une façon valable. Dans des - traitements aux résultats aussi individuels, c’est chez le même malade qu'il faudrait essayer successivement les deux thérapeutiques pour en rechercher l’équivalence et cette expérimentation rigoureuse a bien rarement été conduite d’une façon tout à fait précise.

Il faudrait aussi essayer de se rendre compte de la tolérance aux deux méthodes, mais on verra les divergences qui règnent sur ce point, parce qu’on juge plus sur des impressions que sur des faits et que trop souvent les auteurs s’attachent à un des procédés et ne font que des contrôles insuffisants avec l’autre.

Une autre façon de comporer les deux thérapeutiques belladonées consiste à calculer la quantité d’alcaloïdes nécessaire pour obtenir un effet analogue dans les deux cas. En se fondant sur les doses usuelles on voit alors que la cure bulgare apporte à l'organisme une quantité plus de deux fois moindre que la cure atropinique. Mais, en réalité, cette comparaison n’est pas valable, car le vin de racine de belladone ne contient pas seulement des alcaloïdes, mais des substances non alcaloïdiques, encore mal ou pas du tout connues et qui jouent certainement un rôle important.

En réalité, le problème n’est soluble que cliniquement ; le véritable critérium, c’est l'amélioration fonctionnelle que

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lon obtient. Seulement, lorsqu'on interroge la littérature pour rechercher l’impression‘clinique des médecins, on trouve des affirmations assez contradictoires, les partisans de la cure bulgare étant toutefois beaucoup plus nombreux que ceux de l’atropine.

Ceux-ci sont essentiellement représentés par MariNesco et Facox. Ces auteurs insistent sur l’innocuité de la méthode de Rômer et son extrême efficacité. Pour eux, la cure bulgare est moins bien tolérée, et peut être un peu moins active. Elle ne doit être utilisée que lorsqu’existe une intolérance à l’atropine. Il est vrai que cette opinion se fonde sur 5 tentatives de cure bulgare seulement. Dans le même camp se range Amos CaraBov qui estime que les résultats des deux systèmes thérapeutiques sont à peu près équivalents, mais que la méthode de Rôümer, étant plus précise grâce à son titre alcaloïdique constant doit être préférée...

Mais l'avis inverse est beaucoup plus répandu. Les Italiens sont tout à fait formels. Pour PaneGrossi, le vin belladoné est bien mieux toléré que l’atropine avec laquelle on ne peut guère dépasser 15 à 20 milligrammes sous peine de sévères intoxications, et dont les effets sont bien moins durables et moins complets.

BENVENUTI aflirme, avec graphiques à l’appui, que la méthode de RaErr donne des résultats supérieurs à celle de RômER, parce qu’elle met en jeu des alcaloïdes multiples en dehors de l’atropine.

Même opinion en Allemagne de la part de Seizer ANDERS et Desre Nercuer ; pour eux les résultats sont sensiblement analogues, mais la cure bulgare donne de temps à autre un succès éclatant et nécessite une intoxication moins profonde de l’organisme.

En France, Coste et Devèze: Rocer et ses élèves ; Parrras et Roure; Jean LereBouLLer préfèrent aussi le vin belladoné et n’ont pu donner des doses suffisantes d’atropine sans arriver à une intoxication.

Dans l’ensemble donc, il semble qu'il faille accorder la préférence au vin de racine de belladone, et la majorité de nos observations confirme ce fait. Mais, il ne faut pas être trop absolu et dans certains cas particuliers, au contraire,

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l’atropine se montrera mieux supportée ou plus efficace. On en trouvera des exemples dans nos observations. Si bien que la seule règle de conduite est l’empirisme. C’est par l’étude des malades, de leur tolérance, de leurs réactions aux deux traitements qu’on devra se laisser guider sans aucune idée préconçue. Îl y aura avantage, pour tenir compte de l’argument de fréquence, à commencer par la cure bulgare, mais en sachant le cas échéant ne pas s’y obstiner et la confronter avec les autres thérapeutiques.

Ici, plus encore peut-être qu'ailleurs en médecine, c’est le bon sens, l’absence d’esprit de système, et l’observation clinique attentive qui seront les meilleurs guides du traitement.

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