‹ Le Traitement Belladonné à Hautes Doses des Rigidités Extra-PyramidalesChapitre 39 sur 44 · SH RES · texte numérisé non relu

SH RES

tent seulement 7 milligrammes d’alcaloïdes totaux, et nous pensons que cette dose est certainement moins toxique pour le système nerveux, le foie et les émonctoires que 26 milligrammes de sulfate d’atropine pur.

OBSERVATION N°0 8. — Maladie de Parkinson encéphalitique mieux améliorée par l’atropine que par le vin belladoné.

M. Br..., 43 ans, a fait en 1918 une encéphalite épidémique avec somnolence pendant 3 jours. Après un intervalle libre de 4 ans, sont apparus des symptômes parkinsoniens qui se sont rapidement aggravés.

En 1935, il existe une raideur marquée prédominant à droite, de type plastique avec exagération des réflexes de posture et phénomène de la roue dentée.

Le tremblement est assez intense, et s’exagère, prenant une grande amplitude à la moindre émotion.

Le malade est surtout gêné par des kinésies paradoxales : brusques impulsions à courir, et par des spasmes hypertoniques, qui la courbent ou même le font tomber en arrière.

Les mouvements anormaux sont très fréquents ; ils rendent la marche difficile et gênent l’alimentation. À noter encore une salivation abondante et une maigreur extrême (38 kilos).

De très nombreux traitements sont restés inefficaces (datura, scopolamine, hyoscyamine, salicylate-urotropine, bleu de trypan, etc.).

On commence par la solution d’atropine à 0,50 pour 100, et l’on monte progressivement jusqu’à XL gouttes par jour.

L'amélioration est considérable. Disparition de la salivation, facies moins figé, raideur très atténuée, diminution des mouvements anormaux (1 fois par semaine, au lieu de plusieurs fois par heure). Le tremblement n’est pas modifié cependant. L’état général se relève et ce sujet reprend 6 kilogrammes. D’une façon permanente, il existe une sécheresse complète de la bouche. De temps à autre, tous les 2 ou 3 jours, apparaissent de grands vomissements incoercibles, qui obligent à suspendre la thérapeutique. Au bout de quelques jours, le malade exige qu’on le reprenne, car l’état antérieur se rétablit aussitôt. On tente alors de remplacer l’atropine par le vin belladoné. Mais même à la dose de 3 cuillerées à soupe par jour, les effets sont beaucoup moins bons ; les phénomènes toxiques demeurent, et l’on doit revenir à la méthode de Rômer.

Le mi

OBSERVATION N° 9. — Cas léger de parkinson encéphalitique.

Amélioré par la cure bulgare. Doses importantes supportées sans incCtdent.

M. Fr., instituteur, 49 ans. Grippe en 1918. En juin 1919, syn-

drome de Ménière, raideur de la nuque, etc. Traitement anti-infectieux. Évolution vers une guérison apparente.

© En 1933, progressivement, apparaissent des symptômes discrets : raideur gênant la marche, fixité du regard, salivation importante, quelques petites crises oculaires. Le psychisme reste inaltéré et quoique la parole soit par moment difficile, le malade continue son enseignement. Datura et génoscopolamine n’apportent aucune améhoration. Ù à

Une série de novar, faite en 4935 malgré la négativité du B.-W. coïncide avec une aggravation de l’état du malade. Le tremblement apparaît. Les crises oculaires reprennent. La rigidité s’exagère surtout à gauche. Le bras gauche reste en flexion et collé au COTps. Pas de balancement du bras droit. De discrets mouvements athétosiques apparaissent au pouce droit. L'écriture n’est pas bonne. La malade réussit néanmoins à continuer son métier.

Enfin, en juin 4937, l’état restant à peu près stationnaire, le vin belladoné est prescrit à la dose d’une cuillerée à café le premier jour, 2 le second jour, 3 le troisième Jour, etc. Très rapidement, les crises oculaires deviennent moins fréquentes, la démarche se rapproche de la normale, la sialorrhée est supprimée, l’aspect est moins figé, le facies plus expressif, le tremblement lui-même semble influencé favorablement.

Les doses de vin belladoné sont portées à 8, 10, puis 12 cuillerées à café par jour, que le malade absorbe régulièrement pendant trois semaines sans manifester la moindre intolérance. Mydriase remarquable, mais pas de paralysie de l’accomodation, sécheresse de la bouche, pas de constipation. |

Les doses sont progressivement ramenées de 12 à 1 cuillerée par jour, puis le vin est supprimé pendant trois semaines et remplacé par la génoscopolamine. L'amélioration persiste pendant 8 jours, puis l’état s’agrave pendant les 15 derniers jours et le malade réclame une nouvelle cure de vin belladoné.

On lui fait ainsi régulièrement subir des cures de vin belladoné de 7 semaines environ. On monte en 12 jours à 12 cuillerées à café Par jour, trois semaines de plateau à la dose maximum, 12 jours de doses décroissantes, trois semaines de repos avec scopolamine pendant lesquelles les troubles tendent à reprendre. On recommence ainsi le cycle plusieurs fois et à l'heure actuelle le malade semble

cab bind dént dci dr à

A rl

fixé dans une situation qui constitue un progrès considérable sur son état antérieur.

Cette observation confirme ce que nous écrivions plus haut, à savoir qu’il n’y a aucun rapport entre la gravité de l'affection et la tolérance à l’atropine. Dans ce cas relativement léger, la tolérance est parfaite à la dose de 12 cuillérées à café, alors qué tel malade gravement touché, manifeste son intolérance dès que les doses atteignent 2 ou 3 cuillerées à café par jour.

Page 1