I. — Le testicule en ectopie È
Felizet et Dhranes ont conclu de l'étude du testicule en ectopie les faits suivants :
«En ectopie, la glande reste à peu près normale jusque vers quinze ans. A partir de la puberté, elle s’atrophie, mais la sécrétion interne persiste, et avec elle, sans spermatGro Re tous les attributs de la virilité. » :
Chez l'enfant avant la puberté, l'intégrité de l'épithélium séminal est absolue, mais le tissu conjonctüifest plus abondant dans les interstices canaliculaires, au niveau du corps &’Highmore, dans l’albuginée. :
Après la puberté, les cellules épithéliales subissent la transformation granulo-graisseuse et disparaissent ; enfin la prolifération conjonctive s’ajoutera > à l’atrophie épithéliale, Chez l’adulte, le testicule en ectopie présente en général les caractères suivants J
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Volume réduit de la glande. Travées de sclérose plus ou moins épaisses. Atrophie des tubes séminifères. L’épithélium est réduit à deux ou trois couches de cellules méconnaissables et identiques : on a ‘peine à distinguer vaguement des spermatophores. On ne trouve jamais de spermatozoïdes.
Ce dernier fait est en désaccord avec certaines observations de cryptorchides non stériles.
Il semble aussi que le testicule soit d’autant moins altéré qu’il est plus près de l'extérieur, et ceci impli- ee querait une relation étroite entre l’arrêt de migration | et l’arrêt de développement du parenchyme testicu- - laire une cause unique, obscure, régissant simulta-
nément ces deux faits.
__ Les motifs de la dégénérescence sont donc inconnus, mais celle-ci est constante, plus ou moins accusée, même dans les testicules de volume normal. L'’atrophie se constituerait en deux périodes :
1° Induration fibreuse du corps d'Highmore qui met obstacle à l’excrétion du sperme; + sclérose systématique du parenchyme.
- Les testicules ectopiques sont en général, mais non toujours, plus petits qu’à l’état normal.
Testicules en ectopie abdominale. — Hunter pen-. sait que les testicules demeurés abdominaux sont bien plus atrophiés que ceux arrêtés au canal inguinal. ous les a toujours trouvés presque aussi gros qu’à l’état normal.
Verdier cite le cas d’un homme qui, jusqu’à trente ans, eut les testicules dans le ventre. Ils sortirent à
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. Poccasion d'un effort. Cet homme se maria et eut des enfants.
Dans quelques cas rares, seul l’examen histologique permettait d'identifier a masse glandulaire.
Testicules en ectopie inguinale. — Le testicule est plus petit, plus pâle, que la glande normale. L’albuginée est moins colorée, la sensibilité souvent émoussée. Ù
Quelquefois l'organe paraît normal, dans d’autres cas l’atrophie est considérable. É
Testicule en ectopie arrêtée ou déviée hors de l'an-- neau. — Le testicule est en général plus volumineux que dans la variété précédente (plusieurs observations dans la thèse de Fotiadès). Dans l'ectopie crurale, cruro-scrotale, pénienne, périnéale,le testicule est en général de volume moiridre que celui du côté opposé.
Etat du scrotum et de la verge. — Le scrotum est. presque absent du côté de l’ectopie : il est représenté par une peau plus ou moins ridée, souvent dépourvue de poils, et on distingue difficilement le. raphé. Dans certains cas, en particulier dans l’ectopie double, Tuffier signale un phimosis congénital et
un moindre développement de la verge qu'à l’état normal. |
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ll. — Retentissement de l’ectopie sur l’état fonctionnel et général
Dans l’ectopie latéréle il n'ya pas one chose -à dire.
En ee qui concerne l’ectopie double, les avis sont partagés : on a cru pouvoir créer deux types de cryptorchides : |
Type A. — Infantilisme, aucune ranetortiation à la puberté, pénis minuscule, pas de poils, aucun désir génital.
Type B. — Puberté normale et virilité. Tous les auteurs anciens ont relaté des histoires de cryptorchides « très portés pour les femmes », témoin ce charlatan dont parle Rolphincius et que « toutes les - filles recherchaient à l’envi ».
En outre de ses capacités, les filles appréciaient le fait que « ses testicules ne paraissant pas, elles le regardaient comme stérile etse croyaient beaucoup plus en sûreté avec lui qu'avec tous les autres».
Arnaud allait jusqu’à écrire : ge
« Les hommes en qui les testicules sont cachés ont beaucoup plus de dispositions que les autres pour la volupté. On trouve de ces hommes qui sont dans
eur genre ce que Messaline était dans le sien et ce que la fameuse Sapho était dans l’un et l’autre sexe. Godard dessinait ainsi le cryptorchide :
« La verge est atrophiée, les érections manquent
absolument ou sont très rares. Le teint est pâle, les
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cheveux blonds, les membres gréles et sans force.Le système pileux est moins développé que chez la femme, les poils manquent aux aisselles et sontrares à la région pubienne. L'absence d'énergie physique et morale les plonge dans une apathie continuelle. La décadence de l'intelligence se reflète dans l’hé- bétude du rire, La voix est grêle, féminine, et d’un ; timbre souvent désagréable. » Sebileau dit que. les enfants chez qui ne s’est pas effectuée la: migration testiculaire restent petits, malingres, chétifs, quelquefois grassouillets. A la puberté, aucune transformation ne se manifeste. ù
Cependant, en parcourant les diverses Fe on ne trouve pas d'observations aussi sévères. Dans trois cas d'ectopie double (intra-abdominale, prépubienne, sous-cutanée) Souligoux n'a pas observé qne ces sujets: aient FApRABENCe précédemment dé- : crite. =
Sur sept cas, s, Villemin relate une seule observation de chétiveté. =
Pour expliquer cette différence dans les caractères E— sexuels, Ancel et Bouin font intervenir l’action des. cellules interstitie! les qui perdraient leurs propriétés dans certains cas,peut- -être dans ceux où la migration à =e est la moins avancée s à
L’aptitude au coït ne habituellement. à
Cadiot relate dans le Dictionnaire de médecine : Fr S vétérinaire de nombreux exemples de chevaux cryp- cé torchides, comme le fameux étalon La Clôture, in- ee Ë
<essamment tourmentés par les désirs génésiques,
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recherchant fougueusement la femelle, indifférents aux coups et aux menaces. É
Nous avons vu déjà qu'une ardeur presque semblable peul exister chez l’homme.
Un soldat de M. de Montmorency fut surpris vio- “ant une fille et immédiatement pendu à la fenêtre de la maison. Cabrol fit son autopsie, et écrivit : “Entre choses, la plus rare, c'est qu’il ne fut trouvé aucun testicule ni extérieurement, ni intérieurement.
Bien lui trouvasmes-nous ses gardouches ou greniers autant remplis de semence qu’un homme que j'ai anatomisé depuis : cela estonna merveilleusement lassistance. » Et ii concluait que « les testicules ne secrélaient pas la semence,mais servaient de contrepoids pour tenir les pampinations ou épididymes tendues, afin que les fibres soient bien tendues pour donner passage à la nauette plus aisé, sans icelle tension la semence par sa viscosité ou crassitude ne pourrait aisément passer. »
L’aptitude au coït est le plus souvent normale parce que la glande insterstitielle dont elle est fonction, persisle habituellement dans le testicule en ecdopie. ;
Bezançon a relaté dans sa thèse un grand nombre d'observations de-sujets eryptorchides à aspect viril normal, dont le sperme ne contenait pas de spermatozoïdes. Il termine ainsi : « Que conclure de ces faits ? C’est que le testicule a pour principale fonction d'assurer la perpétuité de l'espèce ; il en a une autre qui est de donner à l'individu l'aspect viril. Ces deux
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fonctions, réunies dans la majorité des cas, peuvent exceptionnellement se dissocier. Que les testicules soient ectopiés ou en bonne place, la spermatogénèse peut ne pas se produire sans que pour cela le testicule cesse de fonctionner au point de vue du développement de l’organe. » |
Les recherches histologiques ont confirmé ces. conclusions : chez les animaux cryptorchides pubères, les cellules séminales sont absentes, la glande inters-. titielle est conservée. La castration fait disparaître l'instinct génésique chez ces animaux et atlénue les caractères sexuels. É =:
La glande interstit'elle est parfois hypertrophiée
“au point que Cunéo et Lecène se sont demandés sr certains faits de tumeur conjonctive ne se raltachent pas à celle hypertrophie. Dans d'autres cas, son insuffisance entraîne l'insuffisance diastématique « facies vieillot ou féminin, voix infantile, tempérainent apathique,adipose, petitesse des organes virils, £ gracilité du squelette, allure malingre. » à :
Lecène, ayañt examiné 30 testicules ectopiques chez l'enfant,conclut ainsi :
Le tissu conjonctif qui sépare les tubes séminifères — est beaucoup plus développé que chez l’adulte (de même que pour le testicule normal). Le revêtement épithélial des tubes séminifères esl très peu différent de ce qu'il est à l’état normal : on y retrouve les ovules mâles et les petites cellules épithéliales, cellesci plus ahondantes dans la grande majorité des cas. |
Il n'existe que très peu de cellules interstitielles dans
le testicule ectopique de l’enfant : Branca ne les aurait rencontrées que deux fois,et entrèspetit nombre. Chez l’adulte les différences séparant le testicule ectopique du testicule normal sont les suivantes : x° Absence de spermatogénèse ; , 2 Abondance anormale des cellules interstitielles.
- Les tubes séminifères, à paroi propre épaissie, sont
tapissées par un épithélium qui, le plus souvent,n’est constitué que par des cellules de: Sertoli, parfois montre une ébauche de spermatogénèse, toujours . incomplète. Lorsqu'elle existe, la lignée séminale n'est représentée que par des spermatogonies, des spermatocytes, très exceptionnellement des spermatides. Les cellules glandulaires régressent avant le stade spermatozoïde qu'on ne rencontre jamais.
Les cellules interstitielles sont beaucoup plus abondantes que dans la glande normale ét forment parfois des amas presque visibles à l’œil nu. Lecène a toujours trouvé normales les voies d’excrétion du sperme : tubes droits, cônes efférents, épididyme. Il n’a jamais rencontré aucune oblitération, aucune sclérose de ces canaux, à laquelle on puisse imputer
latrophie secondaire de la glande.
Le fait intéressant au point de vue du traitement est que le testicule de l'enfant, bien qu’en position vicieuse, est normal, et que ce’ n’est qu’à la puberté ou même après, que les lésions fondamentales se produisent pour aboutir en fin de compte à à l’atro-
phie plus ou moins prononcée de la glande. Il est donc La d’espérer que le testicule, une fois mis
en bonne position, reprendra ses fonctions,ou partie d’entre elles. 1 :
Les expériences faites sur l'animal adulte ont montré que si l’on crée une ectopie, les fonctions spermatiques disparaissent ; le volume du testicule diminue et l’on peut constater l’atrophie des cellules séminales. : :
Souligoux donnede ces faits explication suivante : le testicule en ectopie, surtout en ectopie inguinale, subit, du fait de la contraction des muscles abdominaux, un massage continuel qui l’exprime sans cesse du sang qu'il contient : d’où autrition déficiente et défaut d'élaboration de spermatozoïdes. RS Si l’on crée une ectopie abdominale, les vaisseaux se pelotonnent et il en résulte une circulation défec- tueuse. La Rire, S Le testicule ectopié que l'on amène dans le scro- Lum se développe en général au point d'atteindre le volume normal. Tuflier en a observé un cas très caractéristique : Il s'agissait d’un malade ectopi- que bilatéral. Péan lui descendit le testicule gauche. | Un an après, le lesticule était dè volume normal. Le droit, un peu atrophié, était situé dans le canal > inguinal et très mobile. Il rentra spontanément dans l’'addomen. Le sperme contenait des spermatozoïdes. bien développés, moins nombreux qu’à l’état normal. cr
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