‹ Le Traitement chirurgical du Mal de Pott par l'opération d'AlbeeChapitre 24 sur 37 · SORT DU GREFFON · texte numérisé non relu

SORT DU GREFFON

Que devient le greffon après l’opération ? Dans là majorité des cas, si l’infection ne vient pas en déterminer la nécrose, il persiste.

De nombreux faits montrent sa persistance :les faits cliniques, les constatations faites au cours de réinterventions, les pièces d’autopsie, la radiographie. l’expérimentation chez

l'animal.

19 Faits cliniques .: — Par la simple palpation, il est possible de constater, dès les premières semaines qui suivent l’opération, la présence d’une masse osseuse volumineuse, donnant l'impression d’un gros cal.

29 Réinlerventions. — Un certain nombre de chirurgiens, ont eu à réopérer des sujets traités chirurgicalement ; dans ces conditions ils ont pu constater la persistance du greffon et son développement.

Albee a signalé un cas de réopération chez un enfant, 7 semaines après la première intervention : la gibbosité était

NO

très accentuée et l’extrémité supérieure du greffon s'était, dégagée de son lit venant faire saillie sous la peau. Albee, trouva le greffon solidement uni aux apophyses épineuses avec lesquelles il était resté en contact; tout autour du greffon, il s'était produit une néoformation osseuse considérable, ainsi qu'aux extrémités des apophyses épineuses; dans l'intervalle de ces apophyses le diamètre de la greffe avait beaucoup augmenté. Albee réséqua à la pince coupante l’extrémité saillante et vit qu’elle présentait macroscopiquement tous les caractères d’un os vivant et sain; l'examen histologique qui fut aussi pratiqué, montra partout un os sain, sans qu’il fût possible de trouver en un point des cellules osseuses mortes ou dégénérées.

30 Pièces d'aulopsie. — Ces pièces recueillies chez des sujets morts un certain temps après l'opération, montrent également la soudure du rachis postérieur et la persistance de la baguelle osseuse greffée.

Albee, chez un sujet mort deux ans après l’opération d’une méningite suppurée d’origine otitique, observa à l’autopsie, la guérison du rachis et la persistance de la greffe.

Tuffier, chez une malade morte un an après l'intervention de tuberculose pulmonaire et de suppuration osseuse, trouva une soudure intime entre les apophyses épineuses et le greffon.

Bérard, chez un malade de 26 ans qui succomba de tuberculose pulmonaire 7 mois après l’opérätion, trouva le greffon, solidement fixé par un cal aux apophyses épineuses et aux lames vertébrales sur une hauteur de six vertèbres.

Ombredanne fit des constatations analogues chez un de ses opérés, qui mourut 4 mois après l'intervention.

49 Conslalations radiographiques. — La radiographie corrobore les faits précédents et montre la persistance du greffon tibial. Mais lorsqu'on pratique une série de radiographies chez un même sujet, on observe un nouveau phénomène. . Dans les quelques jours qui suivent l’opération, la radiogra-

CNE

phie montre le greffon très visible, plus opaque que les vertèbres voisines plus ou moins décalcifiées par le processus tuberculeux; dans la suite, le greffon semble s’estomper et finalement disparaît, «il semble avoir fondu », comme le dit Barbarin et la radiographie est négative. C’est que le greffon s’est décalcifié et que ses sels de chaux vont servir à l'élaboration de l’os nouveau; mais il ne s’est pas résorbé, comme on peut s’en assurer par la palpation qui permet de sentir la masse osseuse du greffon. Plus tard, le greffon est de nouveau visible à la radiographie, il apparaît alors exubérant mais peu à peu, il se régularise.

00 Expérimentation. — Albee a confirmé, par des expériences faites chez l’animal, les constatations précédentes faites chez l’homme. Il relate dans son livre, les résultats de 13 expériences faites sur des chiens, qu’il opérait suivant sa technique habituelle. Les animaux étaient ensuite sacrifiés après un temps variant de 15 Jours à 6 mois. L'examen des greffons, montra que dans tous les cas, sauf un (pour un chien sacrifié un mois et demi après l’opération), il y avait union osseuse et que le tissu osseux avait l'apparence de l'os vivant; des examens radiographiques et histologiques qui furent pratiqués dans tous les cas, montrèrent différents stades de décalcificacition et de récalcification.

Des faits précédents, il est donc certain que le greffon persiste, mais une question se pose : le greffon vertébral vit-il vraiment dans son lit vertébral, ou bien ne meurt-il pas d’abord et n’est-il pas ensuite réhabité par des cellules osseuses vénues des os voisins ? Autrement dit, le greffon a-t-il un pouvoir ostéogénétique, ou est-il seulement ostéo-conducteur/2 ns

Albee admet que le greffon est ostéo-génétique, aussi estce pour cela qu'il juge indispensable qu'il soit un greffon complet, c’est-à-dire comprenant toutes les parties constituées de l’os : périoste, tissu compact, tissu spongieux et moelle osseuse. Mais nous avons dit à propos de la technique

Page 1