ACCIDENTS ET INCONVÉNIENTS ; PRÉCAUTIONS A PRENDRE POUR LES ÉVITER
Avant de soumettre son malade à un {raitement par le bismuth, il est indispensable de l’examiner, pour vérifier l'intégrité de ses reins et de sa bouche surtout. S’apstenant de cette médication chez des malades ayant des caries dentaires nombreuses on fera procéder par le dentiste, au détartrage des
dents, puis, au cours du traitement on recomman-
dera au maladeune hygiène rigoureuse de la bouche; on surveillera attentivement les sillons gingivolabiaux, les faces latérales de la base de la langue, ainsi que les faces internes des joues, en regard des grosses molaires, point d'élection de la stomatite ulcéreuse. Il est également recommandé d’examiner l’état fonctionnel des reins, la recherche de l'albu-
mine dans les urines séra faite, avant, et au cours du traitement. En cas d’albuminurie, il y aura lieu
d’être extrêmement prudent, car, si le bismuth est capable de guérir totalement la néphrite secondaire, il peut également à lui seul, par son élimination au niveau de l’épithélium rénal, provoquer de lPalbu. minurie. Il vaut mieux, en principe, s'abstenir, dans le doute, ou alors s’assurer par des analyses. d'urine répétées, que l’on n’augmente par une im-
RéR TIC NE
perméabilité rénale, due à tout autre cause qu’à la syphilis:
On s’abstiendra aussi, À faire une cure bismuthique chez des sujets dont l’état général est notoirement déficient ou qui présentent des signes nets d'insuffisance hépathique.
Pour éviter enfin les accidents locaux, on devra pratiquer les injections, en plein muscle, ne pas s'écarter des zones d'élection, et recommander, en outre au sujet, de garder un repos relatif dans les heures qui suivent l'injection, la contraction muscülaire jouant certainement un rôle dans l'apparition des douleërs locales.
Mais, si les résultats cliniques obtenus jusqu’à présent par le bismuth sont intéressants, il ne faut cependant pas, en déduire que cette thérapeutique soit exempte de tout ennui ; elle présente, en effet, aussi ses inconvénients.
Accidents locaux %
Localement, certaines préparations occasionnent parfois de la douleur, avec réaclion inflammatoire survenant, soit, au moment de l'injection, soit, plus souvent, quelques heures après ou même le lendemain. La douleur a pu être assez vive pour obliger à cesser le traitement, mais il faut remarquer, que les nouveaux produits utilisés : oxydes de bismuth et iodo-bismusthates, sont bien mieux supportés et
produisent éxceptionnellement des nodosités ou
des kystes huileux.
Accidents généraux Parmi ceux-ci, le mieux étudié, parce qu'il fut le premier constaté, est la stomatite (Milian et Périn). Conditionnée par certaines causes locales et générales, la stomatite, est avant tout commandée par la quantité de bismuth introduite dans l'organisme, par la dose injectée et l’espacement des injections. Débutant entre la deuxième et la dixième injection, la stomatite se manifeste le plus souvent sous forme d’un liseré festonné bleu ardoisé, entourant le collet des dents, évoluant lentement et persistant pendant toute la durée du traitement pour disparaitre des semaines, parfois des mois après la cessation du traitement.
Malgré l'innocuité des nouvelles préparations, la fréquence du liseré bismuthique reste, semble-t-il,
aussi grande. Même chez certains malades, présen-
lant une mâchoire en parfait état, et prenant un soin rigoureux d'hygiène buccale, trop souvent, le liseré vient constituer, la signature indiserète, révélatrice d'une affection que l’on voudrait tenir secrète.
A un degré plus accentué, le liseré peut évoluer vers la gingivite, vers la stomatite ulcéreuse circonscrite ou diffuse. Mais ce sont actuellement, avec l'emploi des nouvelles préparations, des acci-
& dents que l’on a bien des chances d'éviter par un
examen systématique et minutieux du malade,
Autres accidents de l'appareil digestif
Intestin. — Les troubles intestinaux sont réduits à quelques cas rares de diarrhée. ,
Foie. — On a signalé chez des malades trailés par le bismuth des cas d’ictère, mais il est difficile de savoir s’il faut incriminer la syphilis ou le bismuth.
Accidents de l’appareil rénal. — La polyurie a élé observée, ainsi que l'émission d’urine noire; mais les cas sont exceptionnels.
L'aibuminurie, également, fut surtout un accident des premiers essais ; avec la conduite actuelle du traitement, elle est devenue fort rare.
Accidents cutanés. — Ils peuvent se manifester soit, précocement sous forme d’érythème fugace, ou affecter tardivement letype de l’érythrodermie exfoliatrice bénigne.
Accidents portant sur l'état Aoléral. — Malgré l'avis de certains auteurs, il fautéreconnaître que la médication bismuthique exerce sur l’état général une influence souvent fâcheuse. Chez quelques malades en effet on voit survenir de l’amaigrissement, de l’anorexie qui jointes à l’asthénie accompagnée de poussées fébriles constituent une véritable grippe bismuthique.
En résumé, si nous excepions le liseré qui, il faut le dire, est très fréquent au cours d'un traitement
P. Petit LE