‹ Le Traitement d'Attaque et d'Entretien des Hyperthyroidies par le Benzyl ThiouracileChapitre 7 sur 36 · SI DATE · texte numérisé non relu

SI DATE

— ‘labaissement du métabolisme basal progressant en fonction linéaire du temps, le niveau de la thyroïdectomie est atteint à la cinquième semaine.

En somme, la dose n’influe pas sur la rapidité de l’action anti-thyroïidienne, mais sur l’ampleur du résultat final obtenu.

Les animaux supportent fort bien l’administration prolongée du produit: après quatre mois de doses suffisantes pour bloquer complètement la sécrétion thyroidienne, aucune manifestation secondaire n’apparaît et la glande est capable de reprendre un fonctionnement normal lorsqu'on cesse l’administration de l’anti-thyroïidien. L’examen histologique montre l'intégrité de la thyroïde ainsi que celle de tous les organes examinés. La perte de poids qui s’observe sous l’action de doses élevées pendant la durée du traitement est une conséquence directe du déficit sécrétoire et non une manifestation toxique: elle ne s’observe pas en effet si tout en continuant l’administration du benzyl thiouracile à la même dose, on compense le manque d’hormone endogène par l’ingestion de poudre de thyroïde en quantité calculée pour rétablir le métabolisme basal à sa valeur normale: il est donc possible, avec un anti-thyroïdien correctement dosé, de réaliser le degré de freinage sécrétoire voulu, allant jusqu’au blocage complet.

Il apparaît ainsi que l’on peut régler expérimentalement, à une valeur quelconque choisie, le débit de la sécrétion thyroïdienne, maintenir ce réglage ou le modifier, sans provoquer dans la glande de modifications irréversibles ni de réactions toxiques générales.

Expériences cliniques :

Cependant, on ne saurait transposer sur le plan clinique ces données expérimentales qu’avec une certaine prudence. Notamment, il ne faut pas perdre de

Doi vue que la restitution fonctionnelle rapide de la thyroïde après suppression de l’agent chimiothérapique a été observée chez des animaux jeunes, en croissance et à thyroïde intacte, alors que le clinicien traite des adultes à thyroïde altérée.

Seul, l’examen des faits cliniques peut trancher ce problème.

Déjà, il y a un an, L. de GENNES et ses collaborateurs (21) ont publié les résultats d’une étude portant sur une centaine de cas, dont 35 ont été suivis pendant un an. Leurs conclusions mettent en évidence une effcacité assez grande du produit, bien que plus lente à se réaliser qu’avec le propyl thiouracile. Les seules réactions toxiques furent l’apparition dans six cas d’une leucopénie dont l’importance n’a entraîné l’arrêt du traitement que deux fois. Les résultats s’expriment ainsi sur les 35 cas:

— 10 succès complets,

— 14 succès partiels,

— 11 échecs portant en particulier sur les goi-

tres nodulaires (3 échecs sur 3 goitres nodulaires).

Notre expérience

Pour notre part, dans la clinique médicale du Professeur ROQUES, nous avons suivi 31 malades présentant une maladie de Basedow évidente ,éliminant de notre étude les diagnostics douteux et les para-basedow.

LE TRAITEMENT: pour le mettre au point, nous nous sommes basés sur les données des auteurs anglo-saxons dont l’expérience en la matière remonte à plusieurs années.

a) traitement d'attaque: la dose de benzyl thiouracile répartie en trois prises par jour varie de 150 à 200 mmgr, selon:

— l’importance des symptômes de l’hyperthyroïdie, — le degré de résistance de l’affection à la thérapeutique.

La durée du traitement d’attaque est déterminée par la rapidité plus ou moins grande avec laquelle les signes de gravité s’amendent. Elle n’a jamais excédé deux mois.

b) traitement d’entretien: il consiste à poursuivre l’administration du benzyl thiouracile pendant au moins un an à des doses réduites et lentement dégressives allant de 125 à 50 mmgr. Sept malades, pour diverses raisons, n’ont pas suivi ce traitement d’entretien: nous envisagerons chez eux le résultat du seul traitement d’attaque.

LA SURVEILLANCE: Chaque fois que cela était possible, le traitement d’attaque a été fait en milieu hospitalier et le malade n’a quitté notre service que lorsqu’un équilibre satisfaisant a été acquis. Le traitement d'entretien à domicile a été suivi avec une régularité remarquable par nos malades.

Une surveillance stricte a été appliquée:

— Pendant le traitement d’attaque, à l’hôpital, la tension artérielle, le pouls, le poids des malades ont été régulièrement inscrits. L’électrocardiogramme a été pratiqué et la formule et la numération sanguines ont été faites tous les dix jours; le métabolisme étant mesuré tous les quinze jours. Nous tenons à exprimer ici nctre respectueuse reconnaissance à M. le Professeur TAPIE et à M. le Professeur RISER, qui nous ont permis de faire pratiquer ce dernier examen dans leur service de l’hôpital. Par ailleurs, après leur hospitalisation, de nombreux malades ont été contrôlés par M. le Professeur BAISSET dans le service de physiologie de la Faculté. Par la suite, la mesure du métabolisme basal a été pratiquée dans le service même de M. le Professeur Roques. De toute façon, c’est toujours après un long repos et sous sédatifs que l’examen a été fait.

Des courbes ont objectivé pour tous les malades

l’évolution de chacun de ces résultats (poids, pouls, métabolisme basal, formule et numération). — Pendant le traitement d’entretien: les malades ont été placés sous la surveillance de leur médecin traitant et sont revenus, d’abord tous les mois, puis tous les deux mois, pour la mesure de leur métabolisme basal, la formule et la numération sanguines et l’observation de l’évolution clinique sanctionnée par la courbe de poids.

Enfin, pour 13 malades suivis depuis 15 à 18 mois, nous avons pu établir un bilan de contrôle plusieurs mois après cessation du traitement.

Observations

/ Parmi les 31 malades, nous comptons 23 femmes et 8 hommes. Selon la forme clinique, nous avons classé les observations en sept chapitres:

1. Maladie de Basedow d’apparition récente chez l’adulie jeune;

Hyperthyroïidie de la ménopause ;

Hyperthyroidie de la cinquantaine chez l’homme: Hyperthyroidie sans goitre;

Goitres basedowifés;

Cardiothyréoses;

Récidives post-opératoires.

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