‹ Le Traitement d'épreuve dans le diagnostic de la syphilisChapitre 14 sur 22 · OBSERVATION VIL · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIL

Mme L... Anna âgée de 50 ans, a depuis 1927 une diminution de l’ouie gauche. Depuis 1928 elle a des crises d’hémispasme facial gauche. Depuis mai 1929 elle souffre de crises vertigineuses durant de dix à quinze minutes, survenantle jour ou la nuit, et dont la violence est telle qu'elles provoquent parfois une chute. En 1930 elle accuse une .céphalée gravative, localisée à gauche, augmentée par l'effort.

Quand nous l'examinons pour la première fois le 10 mai 1930, nous constatons un hémisyndrome cérébelleux gauche (titubation, tendance à la chute à gauche et en arrière, léger tremblement, nystagmus ; mais pas d'adiadococinésie), une surdité complète à gauche contrastant avec une audition normale à droite, une légère parésie faciale gauche, de la douleur à la pression du trijumeau, un léger nasonnement avec parfois reflux des liquides par le nez. Les réflexes sont vifs, pas de clonus, pas de Babinski.

La façon dont l’afféction s’est installée, l’ensemble des signes cliniques nous font porter le diagnostic de tumeur de l'angle ponto-cérébelleux.

Mais nous n’obtenons pas confirmation par l'examen ophtalmoscopique ; le fond d’æœil est absolument normal.

La malade n’a aucun antécédent syphilitique. Si elle a fait

ne

-deux fausses couches au début de son mariage elle a eu ensuite six enfants qui sont vivants et bien portants. Ses séro-réactions sont négatives. Elle n’a aucun signe de neuro-syphilis.

Le 23 juin l’examen du liquide céphalo-rachidien montre une ‘eucocytoserde 22 éléments, une hyperalbuminose à 4 gr. 50 ; des réactions de Wassermann et du benjoin (technique simplifiée complètement positives. Cette formule rappelant la syphilis, réserve faite pour l’hyperalbuminose exagérée par rapport au taux de la leucocytose, nous instituons un traitement d’épreuve.

Une première série d’injections conjuguées (4 gr. 20 de novarsénobenzol et 44 ampoules de muthanol) atténue légèrement Ja surdité et les vertiges mais ne modifie pas la céphalée.

En novembre 1930 une série de 9 injections de muthanol améliore considérablement les vertiges et les troubles de la marche. Mais le résultat est passager.

En mars 1931 quelques séances de radiothérapie profonde font disparaître les vertiges et diminuer la céphalée. L'effet est encore passager.

En mai-juin 4931 nouvelle série de traitement mixte conjugué arsénobismuthique (10 injections de novar ‘et 22 de muthanol), les vertiges et les céphalées diminuent.

A noter que le fond de l'œil est toujours normal et que la parésie faciale n’a point disparu.

En octobre 1931, nouveau traitement per os par le stovarsol, et le sirop de Gibert. Nouvelle amélioration passagère.

Fin octobre les troubles de la marche, les vertiges et la céphalée augmentent. Il apparaît une paralysie du moteur oculaire externe gauche. Un traitement par l’acétylarsan ne provoque qu’une légère amélioration des troubles subjectifs.

En mai 1932, les symptômes s'étendent. Les réflexes tendi-

Page 1