OBSERVATION VIII
En 1921 nous avions dans notre service de l’hôpital de la Charité un homme de 42 ans qui depuis 1916 souffrait d’un asthme
très grave. Au moment où nous l’avons observé il:était en
Le
AR
proie à des crises de dyspnée presque subintrantes, bien que son cœur et ses reins ne fussent pas insuffisants. Le malade avait été atteint de tuberculose fibreuse discrète et à une seule reprise quelques mois avant que nous l’ayons vu, on avait trouvé des bacilles de Koch dans ses crachats.
Les traitements les plus variés lui’ avaient été appliqués jusqu'à la résection de trois cartilages costaux droits. Le: résultat avait été nul. La situation de ce malade était vraiment lamentable.
L'examen radioscopique nous ayant montré d’épaisses ombres péribronchiques et une grosse adénopathie trachéobronchique, nous pensâmes à la possibilité d'un asthme syphilitique, bien qu'aucun antécédent, aucun stigmate actuel ne pût étayer notre diagnostic.Nous fimes une réaction de Wassermann, elle sé montra positive. Notre hypothèse se trouvant ainsi fortifiée, nous instituâmes un traitemént par des injections intramusculaires de sulfarsénol. Or quelle ne fut pas notre surprise: de voir après la première injection les crises de dyspnée s’atténuer et s’espacer.Après la seconde elles devenaient rares et lègères. Après la troisième le malade respirait de façon quasi normale. Trois injections de 6,12,18 cgr.de sulfarsénol avaient donc suffi pour guérir un asthme qui jusqu'ici s’était montré rebelle à toutes les autres thérapeutiques possibles. Nous avons suivi cet homme pendant plusieurs années. Il a repris son métier de pâtissier et ses crises n’ont pas reparu. |
A l’époque où nous avons observé ce malade nous avons été persuadé que son asthme était syphilitique. Le traitement d’épreuve avait paru nous confirmer un diagnostic que l’éxamen radiographique et la séroréaction permettaient seulement de
considérer comme possible.
Les Aujourd'hui instruit par l'expérience, nous ne penserions plus de même. La rapidité étonnante de la guérison, le fait que
nombre d’asthmes sont heureusement influencés par les médi-
cations. de choc: ou l’allassothérapienous font plutôt croire que
l’arsenic n’a pas agi au titre de médication spécifique. S'il est
possible que la syphilis joue un rôle dans la pathogénie de cet
asthme, nous necroyons pas que l’action favorable du traite- | ment prouve l’origine syphilitique. de l’affection (Sézary, Presse.
Médicale, 26 avril 1933).
Bismuth.
Les faits que nous venons d'étudier pour l'arse-
nic se reproduisent pour le bismuth. Nous avons.
vu plus haut que la bismutho-résistance pour être plus rare que l’arséno-résistance n’en existait pas moins. De même les affections où le hismuth agit. en dehors de la syphilissont moins nombreuses que celles où l’arsenic agit dans les mêmes conditions. mais on relève des faits non moins probants où le traitement d’épreuve entraine des risques d’erreurs.
Le bismuth a pu influencer heureusement l’éry-
thème centrifuge de Darrier (Sabouraud), l'urticaire
(Nicolas), le lichen-plan (Grossmann), les verrues.
(Lurie), le psoriasis (Sézary).
On a même vanté ses effets sur la fièvre typhoïde. (Sahli), sur la fièvre de Malte.
Nous citerons un cas où le bismuth parut amé-
liorer rapidement un diabète insipide et aurait.