‹ Le Traitement d'épreuve dans le diagnostic de la syphilisChapitre 17 sur 22 · MAN · texte numérisé non relu

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ainsi pu lui faire attribuer une étiologie spécifique (Sézary).

Avec MM. Lichtwitz et Benoist, nous avons observé en 1926 une femme de 38 ans, syphilitique depuis une-dizaine. d’années, atteinte depuis quelques mois d’un diabète insipide avec polyurie variant de 8 à 10 litres par jour. Chez cette femme la.polyurie fut rapidement influencée par des injections d’hydroxyde de bismuth. Mais trois semaines après, c'est-à-dire au moment où cette médication était éliminée; le volume des urines remonta à. son chiffre antérieur.

Or par la suite nous pûmes'constater que chez cette maladeiles injections les plus variées avaient la même action rapide et temporaire : extrait hypophysaire, extrait orchitique, lait, novocaine.

Devant ces résultats nous h’avons pu admettre:que le bismuth avait agi comme: médication anti-syphilitique. Son action aurait été plus lente et plus durable. Aussi tout en. admettant. que ce diabète était syphilitique nous n’avons pas cru trouver un argument pour défendre cette opinion dans l'effet du traitement bismuthique qui n’a pas mieux agi que beaucoup d'autres

médications inopérantes sur lasyphilis.

Maintenant nous verrons plus en détail lhistoire thérapeutique du lupus érythémateux. Cette affection a posé depuis longtemps le problème de son étiologie. Nous verrons comment Justement on à été enclin à la déduire de réussites thérapeutiques.

Besnier autrefois incrimina ia tuberculose.

Pour Schaumann, le lupus est le retentissement

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cutané direct d’uneaffection lymphogranulomateuse

maligne.

Gennerich le crut provoqué par des one des ganglions lymphatiques.

Finalement cette affection est rangée par lé st part des dermatologistes dans le groupe des tuberculides.

Ceux qui croyaient à l’origine purement tuberculeuse de cette aflection essayèrent donc les ‘sels d'or. Ils obtinrent des succès d’ailleurs, mais le nombre d'accidents a fait peu à peu délaisser cette méthode.

D'autres « poussés par l’hypothèse que la syphilis jouait un rôle dans la pathogénie de certaines tuberculides » ont essayé des médications anti-syphilitiques. Dès 1913, M. Ravaut eut l’occasion de traiter un cas de lupus érythémateux par le 914 ; le sujet présentait une réaction de Wassermann positive ; et [a question se posa dès lors de la nature syphilitique du lupus.

Dans les Annales de Dermatologie de 1926, MM. Ravaut et Bocage apportèrent une statistique : sur 17 malades atteints de lupus ayant pu supporter le traitement on comptait :

7 disparitions complètes,

À disparitions presque complètes, 4 améliorations importantes,

2 échecs.

Chez deux malades hérédo-syphilitiques MM. Hudelo et Rabut, Lortat-Jacob et Legrain obtinrent

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d'excellents résultats en traitant leur lupus érythémateux par des injections de bismuth.

Ces essais thérapeutiques d’ailleurs couronnés de succès avaient été guidés par des notions étiologiques. Et si l’on accorde une valeur absolue au traitement d’épreuve on ne pouvait plus douter que. lupus érythémateux et syphilis étaient liés et à tout le moins on devait admettre l’existénce de lupus érythémateux syphilitique.

C'est alors que M. Sézary commença à expérimenter le bismuth. Et pour savoir si oui non celui-ci guérissait le lupus par son action sur un terrain syphilitique, il s’attacha à traiter par cette médication des sujets exempts de tout signe de syphilis acquise ou héréditaire.

Voici une observation de M. Sézary dans le Bulletin de la Société Française de Dermatologie et Sy-

philigraphie, mars 1928.

OBSERvVATION IX

« R... Jeanne, 26 ans, fille de salle consulte à Broca le 10 octobre 1927 pour deux placards éfythémato-squameux siégeant sur la crête du nez, un peu au-dessus du bout, l’autre sur la narine gauche. Ces placards apparus tous deux en février 4927 ont les dimensions d’une pièce de cinquante centimes ; leurs contours sont nettement arrêtés, leur centre est légèrement mais nettement atrophique ; leur partie périphérique érythémateuse est couverte de petites squames grises et adhérentes ; leur base est très légèrement infiltrée mais non papuleuse. Non pruri-

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ginéux ces placards ont une évolution lentement progressive. Le diagnostic de lupusérythémateux est indiscutable. L'hypothèse d’une lésion syphilitique doit être rejetée sans aucun doute. D'ailleurs il n'existe aucun antécédent syphilitique avéré, aucun stigmate de syphilis héréditaire. La réaction de Wassermann est négative. Notons toutefois que cette femme a fait deux

fausses couches.

Soumise à partir du 6 novembre au traitement par des injec tions de muthanol, la malade accuse dès le lendemain une diminution de l’érythème. Cette amélioration ne fait que s’accentuer par la suite. Du 7 novembre au 19 décembre, 15 injections de

bismuth à raison de deux par semaine.

Dès la dixième nous constatons une régression nette des lésions. Actuellement la guérison est complète. Il reste seulement la zone atrophique qui existait avant le traitement et un

état encore légèrement rugueux de la zone jadis érythéma-.

teuse ».

Donc le bismuth guérit le lupus érythémateux. Il le guérit sur un terrain absolument indemne de syphilis. On ne peut plus croire à la nature syphilitique du lupus érythémateux et le traitement spécifique se trouve ici complètement dépourvu de valeur diagnostique.

Récemment en 1933 M. Sézary rappelant le début de ses essais du bismuth dans les cas de lupus : écrit : « À cette époque nous étions déjà persuadé que les médications dites spécifiques pouvaient. donner des résultats dans des affections de nature

non syphilitique. Nous traitâmes donc par le bis-

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