I. —— CONTRE-INDICATIONS LIÉES A L'ÉTAT GÉNÉRAL
L'état général est toujours très altéré chez les malades. On note toujours de l'amaigrissement de la perte des forces, el souvent dés le début de l'affection. La cause en est souvent la dénutrition. Le malade n'ose plus s'alimenter par crainte des douleurs que lui ramène la digestion intestinale. Il en résulte une sorte de cachexie, de famélisme, comme le dit de
Bovis.
LToges
Une autre cause de mauvais état général, c'est la stercorémie, consécutive à une stase des matières fécales ; les malades sont presque toujours des rélentionnistes. Si l'obstruclion complète est rare, car les matières fécales ont à ce niveau une fluidité relative, il existe presque toujours une stase de ces matières qui trouvent une issue difficile à travers le néoplasme, Le plus souvent les malades ont une conslipalion opiniâtre, ou des alternatives de constipation et de diarrhée. Dans la majorité des cas, où la diarrhée seule est constatée, on trouve en même temps un ventre ballonné, le malade accuse souvent un goût de matières fécales dans la bouche, ce qui mdique qu'il s'agit surtout d'une diarrhée par regorgement.
Cependant celte atteinte à l'état général n’est pas une contre-indication à l'intervention chirurgicale. On voit souvent de véritables résurrections après l'opération. Un malade de Lawson Fait, fortement amaigri, augmente considérablement, de poids après l'opération et peut être victorieux dans un combat de lutte, Mais le traitement chirurgical est formellement contre-indiqué chez les malades dont le mauvais état général dépend d'une généralisation cancéreuse, de mélastases dans les autres organes. C'est dans le foie que nous trouvons les mélastases les plus fréquentes. Le rectum, la proslate peuvent aussi être envahis. Examen du foie, toucher rec-
al né doivent donc jamais être oubliés.
IT. — CoNTRE-INDICATIONS LIÈES A L'ÉTENDUE DE LA: LÉSION
Nous lrouvons 31 cas d'intervention, dans lesquels la tu- Meur occupail une grande élendue de l'intestin, S'acCOMpPagnail d'une infillration ganglionnaire considérable et adhérait
aux organes voisins, Nous trouvons des exemples d'une -au-
su déndiei tir fie LEE.
dace rare. Dans un cas de Billroth, la tumeur occupait loute la fosse iliaque droite ; il existait une infiltration cancéreuse des ganglions et du péritoine.
Dans un cas de Graff, la tumeur adhérait au rein, et on dut faire une néphreciomie complémentaire. Frantz fit une triple résection intestinale. Heberlein fit une résection du foie. Matlakowski dut mettre trois heures pour terminer l'opéra- Lion, et Gerny quatre heures. Certes, même dans ces cas, on à quelques succès à enregistrer. Un malade de Khagys guérit malgré la résection du cœcum, du côlon ascendant et transverse, Dans un cas de Franck, la guérison est constatée cinq ans après, malgré l'ablation d'un énorme paquet ganglionnaire. Mais des succès isolés ne légitiment pas l'intervention dans ces conditions. En effet, sur 31 cas publiés, nous trouvons 16 morts opératoires.
Si nous pensons que les cas heureux sont souvent les seuls publiés, nous voyons quelle ejjrayante morlalilé donne lopération dans ces cas, où l'on rencontre d’ailleurs des difficultés opéraloires très grandes. Peut-on d'ailleurs escompter une cure radicale quand le cancer à envahi les masses ganglionnaires ? On ne saurait donc trop y insister : pas d'extirpation si la tumeur a des prolongements profonds. C’est l'opinion de notre maitre M. le professeur Forgue ; c'est aussi celle d'un chirurgien des plus autorisés, M. le professeur Terrier.
Mais peut-on se rendre comple chiniquement de l'étendue de la lésion et des limites à l'intervention ? Toute tumeur fixée est certainement inextirpable : malheureusement la réciproque n'est pas vraie. Certes, on pensera que la lésion est limitée, si le début des accidents paraît peu éloigné, si la tumeur a un petit volume, si elle est facilement mobilisable, si on ne perçoit pas de masses ganglionnaires profondes. La clinique sera quelquefois en défaut cependant. Nous avons retrouvé
une douzaine d'interventions où tous les signes faisaient pré-
voir cliniquement une opération facile, et cependant cette opéralion a été pleine de difficultés. Donc, quand il s’agit d'un cancer du cœcum, on doit toujours faire de prudentes réserves sur les difficultés que peut présenter l'intervention. Souvent ce n'est qu'à l'ouverture du ventre que le chirurgien se rendra un compte exact de la tumeur. Son devoir est alors d'être prudent et de ne pas tenter une extirpation trop péril
leuse.