III. — CoNTRE-INDICATIONS QUI RÉSULTENT DES COMPLICATIONS
La cure radicale du cancer intestinal, tous les auteurs sont d'accord sur ce point, ne doit être tentée qu'à froid, en dehors de toute complication mécanique ou septique.
Nous lrouvons que, dans les cas opérés en pleine occlusion intestinale, Ja mortalité est de 46 %. Les difficultés des manœuvres opératoires sur un intestin fortement distendu, la longue durée de l'intervention, donneront la raison de cette .effrayante mortalité. Dans les cas d'intervention au cours de complications septiques, fistules, abcès par perloration intes- Unale, la mortalité est aussi très élevée, 50 %.
Done, un préceple lormel : c'est de n’opérer qu'à froid, de ne pas lenter de cure radicale primitive au cours de l'occlusion intestinale ou des complicalions sepliques.
On peut donc voir déjà, après cet examen sommaire des contre-mdicalions d'un traitement radical, combien se posent assez nellement les indicalions opératoires en faveur d’un trailement pallialf. L'idée d'une cure radicale dans les cas de tumeur très élendue el adhérente du cœcum est à abandonner. Les dangers de mort opératoire sont trop grands pour le
malade ; le bénéfice qu'on peut attendre de l'opération, une
survie de peu de durée, est trop peu considérable. Toutefois le chirurgien est lom de rester impuissant.
Une indicaion se pose : dévier le cours des malières fécales el assurer ieur libre circulation dans l'intestin. Cette intervention aura un triple résultat : elle relèvera l’état général du malade. On sait, en effet, que la cachexie, dont étaient atteints les malades, était rarement le fait d'une généralisaion cancéreuse, mais était due le plus souvent à deux causes : 1° dénulrilion, car ie malade n'ose pas s’alimenter par crainte des douleurs que lui ramène le travail de la digeslion :; 2° la stercorémie, consécutive à la stase des matières. Tous ces troubles disparaîtront dès que les matières pourront s'écouler librement. Le malade sera à l'abri des deux complications, qui souvent mettent brusquement sa vie en danger immédiat, l'occlusion intestinale et la péritonite par perforation de l'intestin malade. En troisième lieu enfin, l'anse malade sera mise au repos et l'évolution de la lésion
par cela même retardée.
AIG