SIGNES D'INFECTIONS SECONDAIRES
malement et en grande abondance dans les voies biliaires extrahépatiques (Gilbert et Lippmann), mais la plus grande part revient certainement aux microbes de l'intestin.
On peut donc parler ici d'angiocholite secondaire à l'entérite membraneuse et l'infection des voies biliaires se fait ici absolument de la même façon que l'infection secondaire de l'appendice. J'ai même vu un cas d'entérite mucomembraneuse, qui, dans une poussée aiguë, a réalisé les deux infections biliaire et appendiculaire simultanément.
G. Ictère aigu simple. — Comme pour l'appendice, au lieu d'une infection lente et chronique, nous pouvons observer dans le cours de l'entérite membraneuse l'infection aiguë avec fièvre, cholémie, ictère cutané et conjonctival, cholurie, selles décolorées, accompagnée de tous les symptômes habituels de l'ictère catarrhal. Cet ictère s'accompagne en général d'hépatomégalie, quelquefois de splénomégalie. Le foie est douloureux au toucher et la région vésiculaire présente une sensibilité très vive. J'en ai observé quelques cas très nets et
tout dernièrement encore j'en ai vu un cas h Marseille, en consultation avec le D r Rodocanachi.
Appendicite. — La propagation de l'infection intestinale à l'appendice a été longuement discutée pendant ces derniers temps. On en trouvera un excellent et très impartial résumé dans le travail de G. Lyon.
Je ne m'appuierai donc pas ici sur l'autorité incontestable de ces chirurgiens si distingués, tels que Walther, Jalaguier, Tuffier, Reclus, etc., qui tous ont opéré des appendicites dans le cours d'entérites muco-membraneuses, car Lyon leur objectera qu'ils n'ont pas vu les malades pendant l'entérite et qu'ils ne les ont vus eux-mêmes que pendant la période appendiculaire.
Mais j'ai vu moi-même un nombre assez respectable d'entérites muco-membraneuses, que j'avais examinées et suivies pendant plusieurs semaines, se compliquer pendant le traitement d'une périappendicite aiguë avec gâteau péritonéal, formation d'abcès, le tout confirmé par l'opération.
SIGNES D'iNFECTIONS SECONDAIRES 129
J'en ai vu un plus grand nombre encore avoir dans les mêmes conditions une poussée infectieuse dans l'appendice, poussée d'entérocolite appendiculaire. J'ai vu Tune d'entre elles en consultation avec M. Jalaguier. Mon excellent ami Roux, qui a examiné la plupart des autres avec moi, a pu constater, comme nous l'avions présumé, une absence de réaction péritonéale (périappendicite). La palpation permettait de sentir dans le voisinage immédiat du caecum un corps dur, allongé, et dans quelques cas douloureux (forme de crayon), qui paraissait être l'appendice gonflé et enflammé. Plusieurs de ces malades ayant eu des poussées successives ont été opérées et l'on a trouvé l'appendice gonflé et enflammé, mais non perforé, à péritoine intact, mais avec les lésions muqueuses caractéristiques de l'appendicite.
Pour nous, la question ne fait donc pas de doute, l'entérocolite membraneuse peut se propager à l'appendice, comme elle peut se pro.
pager dans les voies biliaires ; cette propagation est tantôt silencieuse, tantôt plus aiguë, mais rarement très bruyante.
Gom^ — Entérite, 3* édit, 9
L'infection trouve dans l'appendice un bouillon de culture excellent pour que les colonies microbiennes s'y propagent avec rapidité. Alors que dans l'intestin le canal est large et sans cesse balayé, dans l'appendice la phagocytose seule pourra lutter contre l'infection. L'entérocolite appendiculaire, après sa phase presque silencieuse, pourra devenir une bruyante périappendicite avec tous ses dangers.
A côté de ces cas certains, je suis persuadé que l'on peut, si Ton n'y prend pas garde, faire erreur, surtout s'il s'agit d'une entérocolite caecale avec poussée péritonéale. Je crois qu'ici il faut savoir attendre deux ou trois jours, laisser passer l'orage péritonéal, afin de pouvoir constater l'absence du gâteau péritonéal, palper attentivement le caecum et examiner les selles, avant de déclarer qu'il y a une périappendicite.
En résumé, il existe une entérocolite préappendiculaire qui persistera après et malgré r ablation de F appendice.
On le voit, la clinique comme l'étiologie nous ont montré et donné la preuve de l'origine infec-
SIGNES D'iNFECTIONS SECONDAIRES 131
lieuse et inflammatoire de l'entérite membraneuse. Examinons maintenant le troisième ordre de preuves que nous donne l'anatomie pathologique.