‹ Le Traitement de l'entérite muco-membraneuseChapitre 12 sur 41 · SIGNES D'INFECTIONS SECONDAIRES · texte numérisé non relu

SIGNES D'INFECTIONS SECONDAIRES

Cystites. — Hutinel, Raymond et d'autres ont publié des cas de cystites dans le cours d'entérites membraneuses. Nous en avons observé plusieurs, toutes étaient des cystites à coli, et cela aussi bien chez des filles que chez des garçons, chez des adultes que chez des en-

fants. Si, chez les filles, on peut encore admettre une infection par la voie u ré traie, il faut bien chez les garçons arriver à la conclusion que l'infection microbienne s'est propagée à travers les muqueuses intestinale et vésicale»

Néphrites. — Le rein se comporte vis-à-vis de l'infection intestinale comme le foie.

Le rein peut être simplement irrité par le passage des toxines intestinales, ou bien il peut être enflammé et infecté.

Dans le premier cas, son insuffisance n'est que relative et l'albuminurie minime, souvent même intermittente. L'examen de l'urine centrifugée ne dénote ni cylindres, ni épithélium rénal. On parle alors, et avec raison, d'aibwninurie dyspeptique. Nous avons vu un assez grand nombre de ces cas, qui sont très favorablement influencés par le régime de l'entérite combiné, ce qui est facile, avec le régime hypochloruré.

Deuxième cas : lorsque la cause morbide a persisté plus longtemps, on peut se trouver en présence d'une néphrite vraie avec tous ses symptômes; albuminurie considérable, insuffi-

SIGNES D'iNFECTIONS SECONDAIRES 125

sance rénale à l'urée et aux chlorures, etc. On trouve alors dans l'urine des cylindres et des éléments épithéliaux du rein en grande abondance.

Il s'agit, dans ce cas, dune néphrite postentéritique. Nous venons d'en voir un cas bien typique en consultation, à Bordeaux, où je n'ai pu que confirmer le diagnostic posé par mes honorables collègues, les professeurs de Nabias et Guérin. Le malade s'est, du reste, complètement guéri.

Angiocholites. — A. Cholémie. -*• L'entérite exerce, chez tous les enfants et chez la plupartdes adultes, une influence considérable sur le foie.

Le sang de la veine porte, chargé des toxines intestinales, est en grande partie purifié dans le foie, ce qui amène à la longue un état de fatigue de la glande hépatique avec insuffisance fonctionnelle. De là, ce teint coloré en jaune, ce signe palmo-plantaire de Gilbert, si fréquent dans l'entérite, de là ce prurit, ces pigmentations, ces taches de xanthélasma que Ton voit souvent pâlir et disparaître avec l'amélioration de l'état intestinal. Le foie et la rate sont sou-

vent tous les deux augmentés de volume; 1 urine est haute en couleur, renferme de l'urobiline, le sérum sanguin de la bile.

Cet état d'hépatisme, comme le nomme Glénard, de cholémie familiale, comme l'appelle Gilbert, qui se trouve chez tous les enfants atteints d'entérite membraneuse et chez la plupart des adultes, est la conséquence de l'autointoxication digestive du foie et non pas la cause de l'entérite. Seule, la prédisposition hépatique est d'origine familiale et non la maladie elle-même.

B. Ictère chronique simple. — Si la cholémie familiale peut s'expliquer par une seule intoxication hépatique, seule l'infection des voies biliaires peut réaliser l'ictère chronique simple.

Cette maladie, isolée par Gilbert et fort bien étudiée par un de ses élèves, le D r Rodocanachi, de Marseille, se caractérise par tous les symptômes de l'ictère, de la cholémie et de la cholurie, et s'accompagne souvent d'hépatomégalie et de splénomégalie.

Sans doute une part de l'infection doit revenir aux microbes anaérobies qui existent nor-

Page 1