C. — Règles spéciales
1° Supprimer de F alimentation tous les aliments pouvant servir de bouillons de culture powzlesj^acillesprotéolytigues.
Éviter le bouillon et les potages gras ; les jus, gelées et extraits de viande, les peptones, etc.
Éviter les blancs d'œufs et les plats qui en contiennent.
Eviter le lait pur s c'est-à-dire non mélangé aux farineux.
2° Eviter le plus possible les graisses.
Éviter la graisse de rôtis ou bouillis, la margarine.
Leur préférer, en quantités modérées, le beurre frais et les jaunes d'œufs qui favorisent moins les putréfactions azotées.
3° Eviter les viandes faisandées ou susceptibles de fermenter rapidement.
Éviter la viande avancée ou de mauvaise qualité ^ le gib ier de poilou de plume, la viande saignante, la vian de cru s
Le poisson, les crustacés, qui fermentent facilement, seront aussi interdits, au moins dans les débuts du traitement.
La toxicité du poisson est le résultat de la formation rapide d alcaloïdes (guanine, neuridine) provenant d'une altération extrêmement facile de ces animaux et qui peut exister lors même que le poisson a conservé les caractères extérieurs de la fraîcheur.
Combe. — Entérite, 3 e édit. 15
Springer, étudiant, par la méthode de Bouchard, la toxicité urinaire, constatait que, de toutes les viandes, le poisson donne le maximum de toxicité.
Pour toutes ces raisons, le poisson sera interdit au début du traitement.
4° Dans l'entérite aiguë et dans les poussées graves d'entérite chronique, éviter complètei mentl^vi$nde.
Dans l'entérite chronique qui se refroidit, on peut user de la viande, mais avec prudence et toujours en la mélangeant à six fois son poids de farineux.
Quand le moment est venu de la recommencer, l'introduire peu à peu dans le régime et très progressivement, d'abord à un seul repas, en commençant par le jambon d'York ou de Carlsbad cuit, puis le poulet, enfin la viande rôtie ou grillée très cuite ; ne pas dépasser 50 à 100 grammes par jour, avant que le refroidissement soit complet.
Dans F entérite tout à fait refroidie on donnera de la viande aux deux repas sans dépasser 188 grammes par jour.
Cette viande sera toujours mélangée et à chaque repas avec des farineux dans la proportion de cinq fois plus de farineux que de viande.
Quant à la distinction entre viandes rouges et blanches, elle ne saurait être maintenue, au point de vue de l'auto-intoxication.
Si Ton voulait s'en tenir aux matières extractives, le veau et le lapin, viandes blanches par excellence, contiennent plus de créatine que la viande de bœuf.
Au point de vue chimique, les travaux de Rosenqvist ont démontré que les différences entre viandes rouges et blanches ne sont pas plus considérables que celles que Ton rencontre entre deux viandes blanches d'espèces différentes.
I Enfin von Noorden a démontré cliniquemenl que, au point de vue digestif, les viandes rouges et blanches ne diffèrent en rien.
\l*es viandes riches en nucléine, « les intérieurs » (foie, rognon, ris de veau, tripes, cervelles), qui favorisent la formation de l'acide urique, ne seront pas autorisées, vu l'état arthritique des malades, et cela d'autant plus
que ce sont des glandes riches en produits extractifs et excrémentitiels;
5° Le lait pur ne sera jamais donné dans l'entérite aiguë ni dans les poussées aiguës de l'entérite chronique.
Dans la période d'entérite refroidie, le lait pourra être employé, mais jamais pur et toujours mélangéaux farineux (potages, puddings).
On préférera, lorsque la chose sera possible, le lait cru au laitcuit et celui-ci au lait stérilisé.
Mais cela seulement quand on pourra se procurer : 1° un lait trait et transporté proprement; 2° un lait provenant de vaches inoculées à la tuberculine et reconnues indemnes ; 3° un lait de vaches nourries au fourrage sec.
Les inconvénients du lait stérilisé, ce mal nécessaire en été et dans les grandes villes, sont suffisamment connus pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister beaucoup sur les raisons qui militent en faveur du lait cru et frais.
6° En cas d'entérite aiguë et dans la première période du traitement de l'entérite
1 TRAITEMENT DE l'eNTÉRITE PRIMAIRE 229
/ chronique, on évitera tout aliment contenant
I une grande proportion de cellulose. — En
I effet les aliments contenant une grande pro-
l portion de cellulose irritent la muqueuse déjà
\ trop susceptible du côlon.
| On évitera donc dans cette période les légumi-
J neuses, les légumes verts, les légumes aqueux,
^es crudités, les fruits crus et mômé cuits.
7° Enfin on introduira dans le tube intestinal la quantité maximale de farineux. — Nous avons suffisamment insisté sur ce point et nous n'y reviendrons pas ici.
aliments farineux
Nous disposons d'aliments farineux liquides et solides :
Les farineux liquides sont :
Café Kneipp. — C'est de l'orge torréfiée, parfumée par de la vapeur de moka. L'orge est fermentée, puis torréfiée et parfumée avec la caféone qui se produit au moment du grillage
du moka. L'orge ne doit pas être arrosée avec de l'extrait de café.
On le prépare comme le café arabe, en faisant bouillir une cuillerée de poudre pour une tasse d'eau. On le fait remonter trois fois.
Cacao à l'avoine de Cassel. — C'est un mélange de farine d'avoine et de cacao dégraissé.
Pour le préparer, on prend deux plaques pour une tasse d'eau. Laisser cuire dix minutes en remuant ou le faire remonter quatre fois;
Potages farineux. — > Les potages sont préparés avec des farines maltées. Les plus usitées sont :
1° Les crèmes Knorr : d'orge, d'avoine, de riz, de froment, de maïs;
2° Les crèmes Maggi : orge, avoine, riz, etc.
3* Les farineux américains (Quaker-Oats, Hornby, Hole-Weat, Force, Barleyfood, etc.) ;
4° Les semoule, tapioca, sagou, manioc, riz;
S Les farines lactées.
Ces potages sont préparés soit à l'eau, soit au lait.
TRAITEMENT DE i/ENTÉRITE PRIMAIRE 231
a) Potages à l'eau. — Ces farines sont cuites à l'eau pendant 20 à 30 minutes, et on ajoute du beurre frais au moment de servir.
b) Potages au lait. — Ces potages se font comme ci-dessus, on ajoute au dernier moment un cinquième à la moitié de lait cru, chauffé à 50 ou 60°, suivant le degré de maladie.
Plus tard, on peut les cuire directement avec le lait, d'après la formule suivante :
Faire bouillir deux décilitres de lait, y ajouter un peu de sel. D'autre part, délayer trois cuillerées de crème d'avoine, d'orge ou de riz avec un décilitre de lait froid, que vous versez dans les deux décilitres de lait en ébullition. Laisser cuire 25 minutes à petit feu. Passer le potage dans une passoire très fine et servir.
c) Potages aux farines lactées. — Les farines lactées : Nestlé, Bengersfood, Mellinsfood, Allen Hanbury, Neavesfood, la Malzsuppe de Keller, le Kufeke, etc., sont les plus employées.
Une à quatre cuillerées à soupe de farine pour 300 grammes d'eau ; faire cuire 10 minutes. On peut ajouter du lait après la cuisson.
Les farineux solides sont :
Pâtes alimentaires. — Pâtes alimentaires sans œufs. — Les pâtes alimentaires sans œufs (riz, nouilles, macaronis, vermicelles, cornettes, œils-de-perdrix, graines de melon, pâtes d'Italie, etc.), sont cuites à l'eau salée, 25 à 30 minutes suivant leur nature. Ajouter du beurre frais au moment de servir , mais jamais d'épices, de tomates, ni de fromage.
Recette ;
Mettre bouillir un litre d'eau légèrement salée, y jeter 100 grammes de macaronis, nouilles ou vermicelles et laisser cuire 25 à 30 minutes, puis les égoutter et les mettre au four 3 à 5 minutes.
Gnioquis à la fleur de farine. — Mettre bouillir deux décilitres d'eau légèrement salée. Verser dedans quatre cuillerées de farine en remuant fortement, laisser dessécher cette pâte pendant 15 minutes au bord du four, jusqu'à ce que ce soit une masse compacte, puis on la retire du four.
On la roule, on la coupe en petits morceaux
de la grosseur d'une noisette, et on plonge ces morceaux dans deux litres d'eau bouillante salée; après avoir laissé cuire 20 minutes, on les égoutte soigneusement, et on les met dans une cocotte au four pendant 20 à 25 minutes ; on sert au sel ou au sucre.
Gnioquis à la semoule fithe. — Mettre bouillir deux décilitres de lait et un peu de sel. Quand le lait bout, y verser en pluie trois cuillerées de semoule, laisser cuire 20 minutes, puis étendre cette masse sur une plaque, pour laisser refroidir. Quand la pâte sera froide, couper en carrés et mettre gratiner au four.
Puddings. — Les puddings cuits au lait (avec une moitié ou un tiers d'eau suivant les cas), avec sucre et jaune d'œuf, se font avec du riz, semoule, tapioca, manioc, sagou, maizéna, arow root, avenaline. C'est sous cette forme que le laitestlemieux supporté dans les cas difficiles.
Pas de parfum (citron, vanille).
Recette :
Faire bouillir trois décilitres de lait légèrement sucré, jeter en pluie trois cuillerées de
semoule, riz ou tapioca, ajouter deux jaunes d'œufs, verser dans une cocotte, glisser au four pendant 20 à 25 minutes et servir.
Purées. — a) Les purées de pommes de tore se font à l'eau, avec beurre frais, ou au lait.
Les pommes de terre au four, dites à Tanglaise, sont mangées avec du beurre frais.
b) Les purées de légumineuses (pois, lentilles, haricots, fèves, flageolets, marrons).
Les légumineuses décortiquées sont meilleures au goût que les farines de légumineuses (Knorr, Groult), mais sont beaucoup plus longues à préparer.
Recette :
Les purées de légumineuses se préparent comme suit :
On cuit les légumes décortiqués à l'eau légèrement salée, bien égoutter, écraser et passer au tamis. Chauffer sur un feu doux et servir en y mélangeant soit du lait, soit du beurre ; sel ou sucre au choix.
Pain. — Le pain grillé, sous forme de longuetsRu sel ou de biscottes zwiebacks au sucre,
TRAITEMENT DE l'eNTÉRITE PRIMAIRE 235
est préparé avec de la fleur de froment et levé sans levain par le dégagement d'acide carbonique.
Myrtilles. — Ajoutons ici, puisque nous parlons d'aliments antiputrides, les myrtilles.
Ce fruit de montagne, très employé en Allemagne par le public et les médecins dans les maladies intestinales et les anémies, a été étudié ces dernières années au point de vue de ses propriétés désinfectantes et antiputrides.
Tout dernièrement encore, le D r Bernstein (de Londres) a attiré l'attention des médecins sur les propriétés antiseptiques et antifermentescibles des myrtilles (1).
Le D r Pouchkine enfin (2) signale le même fait et vante la teinture de baies de myrtilles dans le traitement des gastro-entérite infantiles.
Nous associons les myrtilles, sauf contreindication absolue, dans tous les régimes alimentaires destinés à combattre la putréfaction azotée de l'intestin.
(1) D r Bernstein, Sem. méd., 1903, p. 68.
(2) D r Pouchkine, Sem. méd., 1903, p. 156.
Les myrtilles se mangent soit fraîches, soit en compotes avec les puddings, soit sous forme de vin de myrtilles.
D . — Menus.
N° I. Régime des potages.
Ce régime est le régime de l'entérite aiguë et chronique chez lé nourrisson.
Chez l'enfant plus âgé et chez l'adulte, c'est le régime de la période fébrile et des poussées fébriles aiguës.
C'est enfin le régime à employer dans une maladie fébrile intercurrente (rougeole, scarlatine, diphtérie, etc.).
Menu :
7 h. 1/2. Potage.
10 h. Potage. Eau d'Évian.
12 h. 1/2. Potage.
3 h. 1/2. Potage. Eau d'Évian.
7 h. Potage.
10 h. Eau d'Évian.
Nuit. Eau d'Evian.
Dans la poussée aiguë de l'entérite chronique, ces potages se font avec une des farines indiquées (crèmes Knorr ou crèmes Maggi ou crèmes américaines) et se cuisent à l'eau seulement.
On peut se servir aussi de trois soupes très usitées en Allemagne : la soupe de Liebig, la Malzsuppe de Keller, la farine Kufeke que Ton trouve toutes préparées dans le commerce.
Peu à peu on ajoute à ces potages du lait, et cela dès que l'amélioration se manifeste.
Dans l'entérite chronique refroidie, ces potages sont d'emblée faits au lait. À cette deuxième période, on se servira avec avantage des farines lactées et surtout du Nestlé.
Il doit être bien entendu que ce régime des potages à l'eau est un régime médicamenteux et non alimentaire, qu'il joue dans l'entérite le même rôle que la diète hydrique dans le catarrhe intestinal, et qu'il faut savoir en user sans en abuser.
Dès que l'amélioration se maintient, il faut passer au régime n° II.
Si Ion est obligé, pour une raison spéciale, de prolonger le régime des potages à l'eau, il faut y ajouter des aliments frais (lait cru ou pasteurisé, purée de pommes de terre, jus de myrtille, jus d'orange ou de citron), afin d'éviter le développement de la maladie de Barlow.
N° II. Régime farineux sans viande.
Ce régime est employé lorsque l'entérite chronique n'est pas encore complètement refroidie, lorsqu'elle présente des poussées aiguës fréquentes, lorsque Tauto-intoxication intestinale est considérable. Enfin, c'est le régime intermédiaire, de passage, que l'on utilise quand on passe du régime n° I au régime n° III.
Menu :
7 h. 1/2. Déjeuner.
Potage épais (Knorr, Maggi, farine lactée) cuit à l'eau ou au lait.
Longuets, biscottes.
Beurre frais (à moins de contre-indication : pyrosis, diarrhée).
8 à 9 h. Repos étendu sur le lit.
10 h. Farine lactée à l'eau ou au lait.
Ne pas manger.
12 h. 1/2. Lunch.
1 à 2 jaunes d'œufs (crus ou mollets).
Pâtes alimentaires avec beurre frais.
Pudding.
Biscottes ou longuets.
Beurre frais.
Ne pas boire.
1 à 2 h. Repos sur le lit sans dormir.
3 h. 1/2. Goûter,
Farine lactée à l'eau ou au lait.
Eau d'Évian.
Ne pas manger.
7 h. Dîner.
1 à 2 jaunes d'œufs.
Pâtes alimentaires.
Puddings.
Biscottes ou longuets.
Beurre frais.
Ne pas boire.
9 h. Repos sur le lit sans dormir.
10 h. Infusions (camomille, menthe, fenouil ou anis, tilleul, fleur d'oranger, etc).
Eau cTÉvian.
Après huit à dix jours de régime n° II, on ajoutera au lunch et au dîner des purées de pommes de terre ou des pommes de terre au four et des myrtilles, soit au jus, soit en compote, et, si ces aliments sont contre indiqués, du jus de citron, 40 à 60 gouttes par jour.
N° III. Régime farineux avec viande.
Ce régime est employé dans l'entérite membraneuse complètement refroidie, et doit être considéré comme le régime médicamenteux de l'entérite pendant les six premiers mois du traitement.
Menu :
7 h. 1/2. Déjeuner.
Potages à l'eau ou au lait.
Longuets ou zwiebacks.
Beurre frais.
8 à 9 h. Repos étendu sur un lit.
10 h. Cacao à l'avoine \
ou ^ suivant les cas.
Café Kneipp au lait Ne pas manger.
TRAITEMENT DE i/ENTÉRITE PRIMAIRE 241
12 h. 1/2. Lunch.
Viandes grillées ou rôties sans jus ni sauce (50 gr.).
1 à 2 jaunes d'oeufs frais.
Pâtes alimentaires ou riz.
Pommes de terre en purée ou au four.
Puddings.
Myrtilles au jus ou en compote.
Longuets ou biscottes.
Beurre frais.
Ne pas boire.
1 h. 1/2 à 2 h. 1/2. Repos sur le lit sans
dormir.
4 h. Goûter.
Café Kneipp \
Cacao à l'avoine \ suivant les cas.
Eau d'Évian )
Ne pas manger.
7 h. 1/2. Dîner.
Viandes rôties ou grillées, chaudes ou froides (50 gr.).
Pâtes alimentaires.
Pommes de terre en purée ou au four.
Puddings.
Combe. — Entérite, 3« édit. 16
Myrtilles au jus.
Longuets ou biscottes.
Beurre frais.
Ne pas boire. Manger moins qu'au lunch.
8 h. 1/2 à 9 h. 1/2. Repos sur le lit.
10 h. Infusions (camomille, tilleul, anis, menthe, etc.).
N° IV. Régime lacto-farineux avec légumineuses.
Lorsque, sous l'influence du régime farineux intensif (n° III), l'intestin est devenu moins sensible, lorsque les coliques ont cessé, lorsque l'état général s'est considérablement amélioré, il convient de modifier ce régime. Le plus souvent ce sera après le sixième mois.
Un usage trop prolongé de cette alimentation uniforme rend l'intestin beaucoup plus sensible aux écarts de régime ; aussi, est-il nécessaire d'introduire dans le menu peu à peu, lentement et progressivement, des aliments encore peu putrescibles, mais cependant plus difficiles à digérer que les farineux.
On se sert pour cela des purées de légu
TRAITEMENT DE l'eNTÉRITE PRIMAIRE 243
mineuses (lentilles, pois, haricots, fèves, flageolets, marrons).
7 h. 1/2. Déjeunfr.
Thé de Chine y , .
, . au choix.
Cacao a 1 avoine )
Jambon d'York (50 gr.).
Longuets, zwiebacks.
Beurre frais.
8 h. à 8 h. 45. Repos.
10 h. Café Kneipp.
Ne pas manger.
12 h. 1/2. Lunch.
Viandes grillées ou rôties.
1 à 2 jaunes d'oeufs (le blanc une ou
deux fois par semaine).
Pâtes alimentaires.
Purées de légumineuses) . .
^ , , . £ au choix.
Purées de pommes de terre )
Puddings.
Crèmes cuites ou en petit pot) au
Myrtilles au jus ou en compote) choix.
Longuets et biscottes.
Beurre frais.
Ne pas boire.
1 h. 1/2 à 2 h. 1/2. Repos.
4 h. Goûter.
Café Kneipp )
Cacao à l'avoine > au choix.
Thé léger )
Ne pas manger.
7 h. 1/2. Dîner.
Poissons très frais (truite, sole, merlan), bouillis à l'eau salée ou en Béchamel.
Viandes rôties ou grillées.
Pâtes alimentaires.
Purées de légumineuses.
Puddings.
Myrtilles
îites ) *
, , au choix.
Crèmes cuites ]
Longuets et biscottes.
Ne pas boire.
8 à 9 h. Repos sur le lit.
10 h. Infusion.
Les crèmes cuites sont préparées à l'anglaise (sous forme liquide) ou au four (en petit pot) avec des jaunes d'œufs (sans le blanc), du lait, du sucre et un parfum (citron, vanille, chocolat, cacao, thé, café, caramel).
N° V. Régime complet.
Lorsq ue l 'intestin s'est bien habitué au régime lacto-farineux et aux légumineuses, il convient d'introduire dans l'alimentation plus de variété et de familiariser l 'in testin avec un régime moins digestible et donnant beaucoup plus de résidus.
On se sert pour cela des légumes frais et des fruits cuits.
Mais ces aliments ne peuvent être digérés qu'en purée et finement hachés et passés, si l'on ne veut pas irriter l'intestin et provoquer des spasmes douloureux.
Purées de légumes verts (épinards, chicorée, laitues, cresson, salades cuites, petits pois, artichauts, etc.). Ces légumes sont finement hachés, passés au tamis et accommodés soit au lait, soit au beurre. Jamais au jus, ni à la graisse.
Purées de fruits cuits (pommes, poires, pêches prunes, pruneaux). Pas de fruits acides.
Ces fruits sont cuits à l'eau et servis en purée passée au tamis.
Menu :
7 h. 1/2. Déjeuner,
Thé de Chine )
Cacao à l'avoine > suivant les cas.
Café Kneipp au lait)
Jambon d'York jj 50 gr.
Viande froide ) au choix.
Longuets ou pain grillé.
Beurre frais.
8 h. à 8 h. 1/2. Repos étendu.
10 h. Repos étendu.
12 h. 1/2. Lunch.
Jaunes d'œufs frais ]
Poissons au court bouillon > au choix.
Viandes grillées ou rôties )
Pâtes alimentaires }
n a i ix • [au choix.
Purées de légumineuses )
Purées de légumes verts.
Puddings )
Crèmes cuites >au choix.
Purées de fruits )
Longuets ou pain grillé.
Beurre frais.
Boisson, S0 à 100 gr.
1 h. 1/2 à 2 h. Repos étendu.
4 h. Goûter.
TRAITEMENT DE i/ENTÉRITE PRIMAIRE 247
Café Kneipp au lait ) .
TU ! . [ au choix.
Thé léger )
Biscuits secs (Marie, Albert, Palmers).
7 h. 1/2. Dîner.
Gomme à midi.
Œufs à la coque ou brouillés \
Viandes rôties j au
Poissons bouillis avec l choix.
beurre frais J
Pâtes alimentaires ) .
^ , x ,, . \ au choix.
Purées de légumineuses)
Puddings )
Crèmes cuites >au choix.
Purées de fruits cuits ) Pain grillé.
Beurre frais.
Boisson, 50 à 100 gr.
8 h. 1/2 à 9 h. Repos étendu.
10 h. Infusion.
Peu à peu, dès que l'état de l'intestin le permettra, on introduira dans le régime les fruits frais et bien mûrs (oranges, raisins, pêches, poires, etc.), d'abord entre les repas solides (10 h. et 4 h.), puis à la fin des repas.
E. — Objections faites an régime farineux.
On a fait à ce régime un certain nombre d'objections qu'il convient d'examiner avec soin.
1° Ce régime est affaiblissant:
A priori, cela ne devrait pas être : Les céréales contiennent souvent une très forte proportion de gluten ; certaines semoules de froments russes, qui servent à la fabrication des pâtes alimentaires, en contiennentjusqu'à19p. 100.
Elles contiennent de la lécithine en proportion relativement considérable ; l'amidon est admirablement digéré, car, même avec une suralimentation farineuse, on n'en trouve guère plus de 1 p. 100 dans les selles (Rosenheim).
Enfin, et surtout, puisque les farineux empêchent la putréfaction des substances azotées, ils doivent laisser plus d'albumine utile, c'està-dire assimilable, et on peut les considérer comme des aliments d'épargne, vis-à-vis des aliments azotés.
L'expérimentation vérifie-t-elle ces vues toutes théoriques?
Pettenkofer et Voit avaient déjà démontré Tinfluence très favorable qu'exerce l'adjonction de sucre et de farineux à la nourriture azotée.
Ce fait a été confirmé par Rubner (1) et Munck(2) dont voici les conclusions résumées.
1° Grâce à l'adjonction de farineux, il se produit une épargne azotée, une meilleure assimilation et fixation de l'albumine et une diminution de l'azoturie.
2° Les farineux, diminuant la putréfaction azotée, diminuent les sulfo-éthers urinaires et favorisent la digestion de l'albumine.
Krauss (3) donne à un chien, pendant six jours, 500 grammes de viande seule, et, dans les six jours suivants, 500 grammes de viande et 500 grammes de farineux.
Voici le bilan azoté :
Az. introd. Az. sorti. Az. fixé
1™ série : Viande seule 102,0 81,5 20,9
2* — Viande -{-farineux. 160,2 93,9 66,8
(1) Rubner, Zeit. f. Biol., XV, p. 146.
(2) Munck, Arch. Virch., 101, p. 107.
(3) Krauss, Zeit. f. phys. Ch„ XVIII, p. 173,
On le voit, avec les farineux, la putréfaction étant moins considérable, la quantité d'albumine digérée par les enzymes augmente et l'albumine fixée passe de 20 gr. 9 à 66 gr. 8.
Wicke et Weiske (i) confirment ces faits, grâce à de nombreuses expériences sur les brebis.
Kumajava (2) a pris la précaution de faire les expériences sur lui-môme.
Aliments introduits.
Albumine. Hydrocarbures. Azote fixé.
l re expérience. 58 gr. 201 gr. Perte l& r ,50 p. jour.
2« — 50 gr. 560 gr. Gain 0*',50 —
On le voit, grâce à une introduction suffisamment abondante de farineux, une quantité d'azote moindre donne une fixation azotée meilleure, tandis qu'une augmentation d'albumine dans la nourriture sans augmentation parallèle de farineux ne permet pas d'obtenir une augmentation équivalente de l'azote, tout le surplus N étant putréfié et enlevé à la résorption.
Nous pouvons donc conclure : Le régime
(1) Wicke et Weiske, Zeit. f.phys. Ch., XXI, p. 42.
(2) Kumajava, Arch. Virck., 116, p. 370.
lacto- farineux ri est pas débilitant, il permet de diminuer la ration d'albumine sans pour cela diminuer la quantité d'azote assimilée qui est encore trois fois plus considérable.
2° Ce régime est trop sec et dangereux pour l'élimination urinaire.
Ce régime n'est sec qu'en apparence. Les pâtes absorbent sept à huit fois leur poids d'eau, le pudding en contient 25 p. 100.
Le repas dit sec représente par conséquent environ 300 à 400 gr. d'eau. Si [on ajoute à cela les repas liquides intercalés, on voit que la quantité de liquide est plus que suffisante.
La'meilleure preuve en est dans l'urine qui augmente rapidement et qui jamais ne tombe au-dessous de 1 100 à 1 200 gr. par 24 heures.
3° Ce régime peut conduire à la maladie de Barlow.
Une objection, à mon sens plus sérieuse, est que le régime contient trop peu d'aliments frais et trop d'aliments secs, qu'il peut par conséquent provoquer le scorbut infantile, la ma-
ladie de Barlow et chez l'adulte l'anémie, le purpura, le scorbut.
11 est certain que le régime n° 1 , trop longtemps continué, pourrait mériter ce reproche. Mais dans mes cours, dans mes consultations, auprès de tous mes malades, j'insiste sur ce fait, que ce régime est un régime médicamenteux et non alimentaire, qu'il joue dans l'entérite le rôle de la diète hydrique, pour le catarrhe intestinal, qu'il faut donc, aussitôt que possible, aussitôt qu'il a produit son effet, y ajouter le lait pasteurisé, le jus de myrtilles, le jus de citron, aliments frais qui évitent tout danger.
Le professeur Hutinela, il y a quelques mois, parlé à la Société de pédiatrie de Paris, d'un enfant qu'il a observé et qui était atteint de maladie de Barlow, et cela à la suite d'un traitement que je lui aurais prescrit.
Malheureusement le professeur Hutinel, auquel j'ai immédiatement écrit et qui m'a très aimablement répondu, n'avait pas noté le nom de l'enfant, si bien qu'il m'a été impossible de me renseigner sur le régime suivi par le petit malade.
En tout cas, il sera prudent d'insister encore plus que par le passé sur la nécessité de ne conserver le régime farineux exclusif que le temps strictement nécessaire pour obtenir le résultat recherché.
Dès le 15 e jour, on peut ajouter, même chez les bébés, V à X gouttes de jus de citron.
Avec les régimes n° s II et NI, la maladie de Barlow ou le scorbut est absolument impossible, à moins que Ton n'en supprime sans avertissement la viande, les pommes de terre et les myrtilles qui en font partie intégrante, comme j'en ai observé un cas cette année.
4° Ce régime trop exclusivement farineux peut conduire au diabète.
Sans doute ce régime est et doit être contreindiqué dans le diabète. Mais d'une part c'est là un cas très rare, car je n'ai observé que très rarement la coïncidence des deux maladies ; d'autre part, après avoir dosé, d'après le système de von Noorden, la quantité d'hydrocarbures que le malade peut ingérer sans que le sucre apparaisse dans l'urine, on peut
modérer et approprier le régime à cet état.
Sans doute encore, dans l'insuffisance hépatique, le régime farineux, servant de glycosurie expérimentale, pourra causer de la glycosurie alimentaire. Là encore il est facile de le reconnaître et de modifier le régime en conséquence.
5° Le régime estr-il toujours accepté?
Accepté volontiers? Non certainement, pas toujours, mais si on explique au malade le but que Ton se propose, il est rare qu'il résiste.
Dès qu'il aura perdu l'habitude des mets sapides et qu'il sera entré complètement dans la fadeur du régime, il finira par trouver ces mets insipides agréables et à les manger volontiers.
6° Le régime est-il toujours supporté ?
Si l'on a soin de défendre déboire avec les farineux solides, ce régime est très facilement supporté après huit jours au plus de malaises.
Mais il existe cependant deux contre-indications au régime farineux intensif et qu'il faut bien connaître.
Ce sont des malades qui, à côté de l'inflammation du côlon, ont une inflammation chronique de l'intestin grêle. On les reconnaît facilement à la forme diarrhéique de l'entérite dont ils souffrent.
Chez eux, les farineux fermentent dans l'intestin grêle, avec production abondante d'acides lactique et butyrique, causant des diarrhées acides avec coliques et une assimilation très défectueuse.
D'autres, sansavoir de l'inflammation de l'intestin grêle, n'ont pas la digestion grêle normale, ils ont une dyspepsie de l'intestin grêle.
Ils supportent un, deux, trois mois les farineux, puis, sans cause appréciable, on voit survenir .les mêmes fermentations, les mêmes diarrhées, les mêmes malaises que dans les cas précédents.
Dans ces deux cas, il faut modifier le régime et remplacer la plus grande partie des farineux par du riz et des purées légumineuses.
Mais ces cas sont exceptionnels et d'une manière générale, on peut affirmer que ces régimes sont sans aucun inconvénient, qiiils sont facile-
ment acceptés et plus facilement encore supportés par les malades.
II. — Diminuer les putréfactions azotées dans le gros Intestin.
Le régime, en modifiant le bouillon de culture, exerce une action antiputride remarquable, car en faisant pénétrer dans toutes les Iparties de l'intestin, mômeles plus reculées, les lacides lactique et succinique, in statu nascenti, \l exerce son action paralysante sur la virulence des bacilles protéoly tiques.
Mais si le régime farineux diminue notablement les putréfactions azotées, il ne les supprime pas et il ne saurait être question déparier d'une asepsie intestinale produite par le régime.
L'action antiputride n'est en effet pas complète, lessulfo-éthers, ces témoins de la putréfaction intestinale, sont notablement diminués dans l'urine, mais ils n'ont pas disparu.
Bien plus, si on établit, par des analyses journalières, les courbesdes corps aromatiques,
on peut voir, sous l'influence du régime, les courbes se rapprocher delà normale, quelquefois même passer au-dessous de la normale.
Mais bientôt, le plus ordinairement après une dizaine de jours, soit que les microbes se soient accoutumés à leur nouveau milieu, soit pour une autre cause, on observe que les courbes s'élèvent, que les poisons s'accumulent à nouveau.
Cliniquement, si on laisse les choses aller, on voit l'appétit diminuer : la langue devient rouge sur les bords, l'haleine plus forte; le spasme intestinal qui avait diminué s'accentue de nouveau, la constipation redevient opiniâtre, le malade souffre de maux de tète, surtout le soir; il a des petits frissons, la température monte à 37°,8 et 37°,9.
Si on n'intervient pas, l'organisme finit par être obligé d'éliminer les poisons intestinaux ou de les détruire par une crise aiguë qui sera, ou fébrile simple, ou intestinale (vomissements, diarrhées glaireuses) ou cutanée (éruptions prurigineuses avec ou sans fièvre), ou nerveuse (migraines, méningisme, etc.).
Après la crise, la courbe des substances
Combe. — Entérite, 3 e édit. 17
aromatiques retombe près de la normale.
Ce fait, qui me paraît hors de toute contestation, que les poisons intestinaux s'accumulent et que cette accumulation détermine la crise ou poussée aiguë, tout en débarrassant l'organisme de l'excès d'entérotoxines, aune grande importance clinique et thérapeutique.
Car, suivantles malades, suivantleurrégime, cette accumulation est plus ou moins rapide, ou plus ou moins lente, ce que Ton peut facilement voir en dosant trois ou quatre fois par semaine les substances aromatiques de l'urine totale des vingt-quatre heures.
Les crises peuvent donc être prévues et l'intervention thérapeutique pourra les éviter.
Nous disposons de deux moyens pour y arriver :
L'abstention de viande et la désinfection intestinale.
Lorsque le cas est grave, lorsque les malaises sont violents, lorsque les crises sont fréquentes, on aura recours aux deux moyens à la fois.
TRAITEMENT DE l/ENTÉRlTE PRIMAIRE 259
A. — L'aiimentation maigre.
Le malade s'abstiendra de viande. Son alimentation sera lacto-farineuse ou farineuse pure, suivant les cas, avec ou sans jaunes d'œufs, pendant 8 jours, 15 jours ou même plus (régime n° II).
Si l'alimentation doit rester farineuse pure pendant plus longtemps, on y joindra soit la purée de pommes de terre, soit le jus de citron, afin d'éviter la maladie de Barlow.
B. — La désinfection intestinale.
Nous avons déjà vu et répété qu'il n'y avait aucun moyen thérapeutique d'antiseptiser ou d'aseptiser l'intestin, au sens bactériologique du mot.
Mais nous pouvons exercer une action antimtcrobienne importante en diminuant temporairement le nombre des microbes et en paralysant leur virulence. Par conséquent, il est possible d'exercer une action désinfectante sur l 'intestin (Flirbringer, Strauss).
Nous allons examiner d'abord les substances désinfectantes, et étudier ensuite la désinfection intestinale au point de vue pratique.
1° Les substances désinfectantes.
Nous ne nous arrêterons pas à examiner toutes les substances thérapeutiques utilisées comme substances désinfectantes de l'intestin, et à discuter leur valeur. Je ne parlerai que de celles qui me paraissent être les meilleures et donnerai les résultats les plus satisfaisants.
Pour réaliser la désinfection intestinale, on peut recourir h deux genres de médicaments que nous combinons le plus souvent:
a) Lamédication antiseptique, qui fait pénétrer dans l'intestin des substances antiseptiques, dans le but de détruire, d'arrêter les microbes de Tintestin dans leurdéveloppement, ou tout au moins de les rendre moins nocifs.
b) La médication évacuante, qui se propose, par les purgatifs, d'expulser les germes contenus dans l'intestin.