ACCIDENTS OPÉRATOIRES
— La fausse route, éventualité d’autant plus fréquente que l’adénome est plus volumineux, l’urètre prostatique plus déformé.
Aussi la sonde à demeure pré-opératoire, les dilatations au béniqué préalables (jusqu’au 60 quand on emploie le Mc CarTay), rendront cet incident beaucoup plus rare.
Si l’on a fait une fausse route, mieux vaut remettre l'intervention à une date ultérieure. À vouloir pratiquer tout de même la résection, on risque des mécomptes.
MATHÉ provoque ainsi un hématome péri-urétral qui céda sous les pansements humides.
GoLpsTEIN et Levy, à la suite d’un arrachement de la muqueuse de l’urètre, observent un phlegmon du creux ischio-rectal.
FRiIscHER voit, à la suite d’une fausse route de l’urètre prostatique, se déclancher une infiltration d’urine mortelle.
— La rupture de la vessie.
La première observation semble être celle de FREUDENBERG, difficilement explicable si ce n’est par la distension exagérée d’une vessie anesthésiée ; elle entraîna une péritonite mortelle.
On peut en rapprocher le cas de Davis : rupture intra-péritonéale d’un diverticule vésical au cours de la résection.
FRISCHER signale aussi, dans une de ses observations, la rupture d’un diverticule ; mais il opéra d’urgence le malade et obtint la guérison.
Day, réséquant un adénome, vit se produire une rupture de la vessie, au point où 15 jours auparavant il avait fulguré un polype. Il intervient immédiatement et trouve à ce niveau un cancer vésical exovégétant.
GoLpsTEIN et Levy signalent une rupture de la vessie par chute
ose
d’escarres 36 heures après la résection, et qui s’accompagnait d’hémorragies abondantes. La cystostomie amena la guérison.
— La perforation du col vésical ou de l’urètre prostatique à été observée parfois.
Mc Kim et Smirx signalent un cas de perforation de la vessie entraînant une péritonite mortelle.
DormAN observe, au cours d’une résection, une hémorragie impossible à arrêter ; de plus, une tuméfaction se forme immédiatement dans la cavité de Retzius. Il pratique d'urgence une cystostomie et note une infiltration sanguine diffuse des espaces périvésicaux qu’il draine et tamponne. Décès 3 heures après. L’autopsie ne fut pas pratiquée.
Au cours de l’intervention, il ne vit pas de perforation ; mais il nous semble difficile d'expliquer la chose autrement.
Joserx, en Janvier 1933, en signale 2 cas. Dans l’un, il s’aperçoit à temps de la perforation du col, pratique une cystostomie et guérit son malade. Dans l’autre, il résèque avec le Stern peu de tissu, n’observe pas d’hémorragie, l’intervention se déroule normalement. Le lendemain, la fièvre s'élève brusquement à 409, accompagnée de douleurs pelviennes vives.
Il intervient par voie haute : la paroi abdominale est imprégnée d'urine fétide. La cystostomie avec drainage du Retzius fut pratiquée, mais la mort survint quelques heures après.
A l’autopsie, une perforation de l’urètre postérieur, immédiatement au-dessus du Veru, grosse comme une tête d’épingle, ayant entraîné une infiltration gangréneuse inter-vésico-rectale.