QUALITÉ DU RÉSULTAT OBTENU
Dans l’ensemble, les guérisons sont très nombreuses. Les résultats s’améliorent sans cesse avec le progrès de la technique, le perfectionnement des appareils, la puissance accrue des courants coupants.
Les échecs sont rares dans les cas de lobe médian et dans tous ceux où les lobes latéraux ne participent pas à la rétention ; mais, dès qu'il s’agit d’hypertrophie prostatique plus importante, leur nombre augmente sensiblement.
— La valeur du résultat dépend-elle de la quantité de tissu réséqué ?
Comme pouvait le faire prévoir l'étude du mécanisme de la rétention, c’est la suppression de l’obstacle qui est le facteur primordial, la quantité de tissu réséqué n’étant que secondaire.
Une grosse prostate dans laquelle un passage a été foré pourra donner un résultat immédiat très satisfaisant ; néanmoins, si la gouttière n’est pas assez large, ni surtout assez profonde, le résultat acquis sera de courte durée.
Pour CAULK, qui considère l’adénome comme étant toujours de nature inflammatoire, la levée de l’obstacle entraînera la diminution nette du volume du reste de la tumeur, fait analogue, dit-il, à ce qui se passe après la cystostomie.
Cette façon de voir ne nous semble pas péremptoire.
1° La diminution du volume n’est due qu’à la sédation des phénomènes congestifs qui fait revenir la tumeur à des dimensions normales.
20 Les examens histologiques des adénomes énucléés montrent la présence indiscutable d’une hyperplasie glandulaire associée à du tissu fibreux et où le tissu inflammatoire n’est qu’un élément surajouté.
30 La suppression de la rétention ne peut suffire à enrayer le développement de l’adénome. Celui-ci n’augmente-t-il pas progressivement, parfois Jusqu'à atteindre un volume considérable, sans que le résidu ait encore fait son apparition ?
49 Enfin quand, après la prostatectomie, un fragment adénomateux a été laissé en place, il suffit à reproduire une nouvelle hypertrophie prostatique, malgré que le cours des urines soit rétabli.
En pratique, donc, on ne doit guère compter sur cette atrophie secondaire, de même que l’on ne conçoit pas la suppression de la cystostomie sans avoir traité l’adénome. Les quelques cas publiés de guérison après cystostomie temporaire sont des raretés.
Dans l’étude des résultats immédiats, on peut noter que si les échecs ne sont pas trop nombreux, ils existent néanmoins d’une façon notable et surtout que les cas à résultat médiocre sont assez fréquents, dès qu’on sort du cadre des obstructions cervicales localisées ::
Ruscx (110 cas) 9 prostatectomies ultérieures.
ALCOCK (175 cas) 3 échecs et 2 résultats médiocres.
Love (38 cas) : 3 résultats médiocres (par les lobes latéraux).
JAcoBy (28 cas) : 1 prostatectomie ultérieure et 6 résultats médiocres (résidu 40 cc.).
KAHLE et THoMmpPsoN (39 cas) : 4 échecs et 2 incontinences persistantes.
Haines (27 cas) : 2 échecs et 13 résultats médiocres.
Cozzines (135 cas) : 18 résultats médiocres.
Day (68 cas) : 4 prostatectomies ultérieures —- plusieurs gardent un résidu au-dessus de 100 grammes.
PHeLrr (59 cas) : 6 échecs.
CauLr (771 cas) : 8 échecs (grosses prostates).
OcKERBLAD (130 cas) : 2 échecs cédant à la prostatectomie.
Keyxes (57 cas) : 3 incontinences rebelles.
BALLENGER (59 cas) : 3 pyuries persistantes (par diverticule).
Par contre, YounG, Davis, Mc CarTHY, KIRWIN ne signalent pas d’échec.
— En pratique, si la rétention ne s'accompagne que de peu de déformation de la région cervico-urétrale, la quantité de tissu reséqué ne nous préoccupera guère.
L'action sur l’élément dynamique, sur le spasme du sphincter lisse, semble être ici un fait à considérer, quoique difficilement explicable. Fey et Dossor se demandent si on ne pratique pas, plutôt qu’une résection de l’adénome, en quelque sorte une véritable sphinctérotomie endo-urétrale.
— S'il y a un adénome important, il est certain que, plus l’obstruction est étendue, plus il faudra réséquer de tissu.
BumPpus considère qu’en pratique le tissu en excès représente les 2/5 du poids total de l’adénome. Comme, actuellement, il réussit à enlever de 20 à 30 grammes sans danger, la voie endoscopique lui semble indiquée jusqu'aux adénomes ne dépassant pas 50 grammes. Au-dessus, c’est à la prostatectomie qu’il faut s'adresser ; mais il s’empresse d'ajouter que ces cas sont la minorité. A la Clinic Mayo, pesant les 575 adénomes énucléés, il n’en trouve que 32 % qui soient d’un poids supérieur à 50 grammes.
Depuis, il a certainement élargi encore ses indications, puisqu'il déclare n’avoir pratiqué, dans les 6 derniers mois, que 3 prostatectomies pour 202 résections.