‹ Le Traitement de l'hypertrophie de la Prostate Par L'électrorésection EndoscopiqueChapitre 55 sur 80 · RÉSULTATS ÉLOIGNÉS · texte numérisé non relu

RÉSULTATS ÉLOIGNÉS

Ce qui confère définitivement droit de cité à une méthode thérapeutique, c’est la valeur de ses résultats éloignés.

Actuellement, les résultats éloignés des cas réséqués sont encore trop peu nombreux pour permettre de tirer des conclusions utiles, d'autant plus que les cas éloignés qu’on peut observer actuellement datent de la période de début de la résection endoscopique, période de tâtonnements, de technique souvent insuffisante.

Les problèmes que pose l’étude des résultats éloignés sont essentiellement :

Les récidives, la dégénérescence cancéreuse, la déficience ultérieure du fonctionnement rénal.

Les Récidives. — Un fait semble devoir être souligné : c’est la fréquence des récidives dans les cas d’adénomes volumineux, dans un délai n’excédant guère 3 à 4 ans.

Si le malade ne peut supporter la prostatectomie, il devra subir des résections répétées, tel le malade classique de WaLkEr chez lequel on doit pratiquer une nouvelle séance tous les deux ans.

Dans d’autres cas, c’est la prostatectomie seule qui guérit définitivement le malade :

MATHE et DE LA PENA sont amenés à pratiquer la prostatectomie chez 7 malades ;

Bumpus a 6 récidives de 2 à 4 ans après ; sur 50 malades traités en 1925 et revus en 1932, soit 7 ans après, il trouve 27 guérisons maintenues, 19 malades « insatisfaits » dont 4 subirent la prostatectomie ; 5 malades étaient décédés durant cette période.

Chez un de ces malades, mort d’un cancer du larynx, l’autopsie pratiquée montra la cicatrice de la résection et la perméabilité parfaite du col vésical et de l’urètre prostatique.

Dans l’ensemble de sa statistique, nous voyons que, sur 702 malades réséqués, 9 subirent ultérieurement la prostatectomie, soit 1,3 Vo et 23 autres durent être reséqués à nouveau, soit 3,31 %. La moyenne des récidives est donc, pour Bumpus, de 4,6 oo

Évaluant la mortalité de la prostatectomie à 6 % il conclut donc «les chances de récidive dans la résection sont moindres que les chances de mort dans la prostatectomie », raisonnement qui peut paraître par trop mathématique.

CauLx, sur 771 résections, revoit 80 malades dont la résection remonte au moins à 3 ans :

— Sur 24 opérés de plus de 10 ans, 15 guérisons parfaites ; 8 améliorations ; 1 récidive.

— Sur 37 opérés entre 5 et 10 ans, 28 guérisons ; 5 améliorations ; 4 échecs. |

— Sur 19 opérés de 3 à 5 ans : 13 guérisons ; 4 améliorations ; 2 échecs.

Il obtient de meilleurs résultats avec les gros adénomes qu'avec les barres et conclut que 70 % des gros adénomes restent guéris entre 3 et 10 ans. Ainsi, sur 100 prostatiques qu’il a eu à traiter dans cette dernière année, une fois seulement il a pratiqué la prostatectomie.

Malheureusement, les renseignements précis manquent dans son exposé : Existe-t-il un résidu ? Quel est le taux de l’azotémie, l’aspect des urines, les résultats de l'examen endoscopique ?

Ses malades ont répondu à un questionnaire : « C’est aussi bien que si je les avais examinés moi-même » dit-il.

Luys retrouve : 6 malades reséqués 5 ans auparavant, un datant de 6 ans, un de 8 ans, 1 de 11 ans, qui restent en excellent état.

Enfin, Heitz-Boyer a présenté, en 1933, à la Société d’Urologie un malade, resté parfaitement guéri, qui avait subi une électrocoagulation 10 ans auparavant pour un lobe médian.

Par contre, nombre de cas signalés sont moins satisfaisants :

Keyer, FRriscHeR et Mc LELLAN, sur 25 cas, en retrouvent 2 qui ont dû subir la prostatectomie, l’un 18 mois l’autre 4 ans après.

Lewis et CARROL, dans leur enquête, signalent que 27 Urologues leur ont écrit, reconnaissant avoir dû pratiquer 22 prostatectomies après résection.

MARTIN, ANDRÉ (de Nancy), ont dû opérer aussi des prostatiques antérieurement forés.

Puex, après avoir signalé 21 cas de mort, ajoute : «et de ceux qui ne sont pas sur cette liste funèbre, 29 durent être prostatectomisés ultérieurement ».

Ces récidives à distance ne peuvent surprendre. Quand, au cours d’une prostatectomie, on omet d'enlever un petit fragment, il suffit à reproduire un nouvel adénome. On conçoit donc mal qu’une intervention partielle, telle que la résection, laissant la plus grande partie de l’adénome en place, puisse être à l’abri des récidives ; celles-ci se faisant soit dans la partie restée inattaquée, soit par reproduction du tissu adénomateux dans la portion réséquée, comme le prouvent certaines pièces de prostatectomies faites ultérieurement, où on ne trouve plus trace de la résection pratiquée.

L’éventualité toujours possible d’une récidive reste un argument d’une valeur considérable en faveur de la prostatectomie.

Nous ne croyons pas devoir souscrire à l'opinion de Davis qui déclare qu’après résection les chances de récidives sont moins grandes qu'après prostatectomie. Il en donne pour preuve 23 récidives après prostatectomie, qu’il dut réséquer, alors qu’il n’eut que 12 récidives après résection.

La Dégénérescence cancéreuse. — Jusqu’à présent, la dégénérescence cancéreuse après résection n’a été qu’exceptionnellement signalée.

Fey et Dossor en relèvent 2 observations : un cas de Davis, l’autre de KEYES, et remarquent qu’il est possible que ces cas, plus nombreux, aient été classés dans les cas de résection pour cancer.

Nous avons vu au chapitre de « La Dégénérescence cancéreuse », qu’on peut escompter une moyenne de 12 à 15 % de transformations malignes de l’adénome.

La résection partielle ne peut prétendre éviter cette complication

éloignée et ceci est un nouvel argument de grande valeur en faveur de la prostatectomie chaque fois qu’elle peut être pratiquée.

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