‹ Le Traitement de l'Otite Externe Furonculeuse et de Quelques autres Staphylococcies en Oto-rhinologie par le BactériophageChapitre 15 sur 44 · VI LE SÉRUM ANTIBACTÉRIOPHAGE · texte numérisé non relu

VI LE SÉRUM ANTIBACTÉRIOPHAGE

Si, par exemple, on injecte à un lapin du bactériophage antistaphylococcique à plusieurs reprises et en espaçant les injections (Ex. : 6 injections de 2 centimètres cubes à six jours d'intervalle), on constate l'apparition dans le sérum de l’animal de propriélés antlibactériophages.

Nous citerons les principales :

Le sérum antibactériophage empêche l’action du bactériophage. Si l’on ajoute une goutte de sérum antibactériophage dans un tube, où l’on a mis en présence une culture de staphylocoques et du bactériophage, la lyse ne se fait pas. Les microbes, au contraire, se développent normalement. |

Le sérum antibactériophage « guéril» les microbes [ysogènes. Ceux-ci, on le sait, sont porteurs d’un principe lytique qu'on peut isoler et qui est capable de lyser d’autres mi-

e crobes normaux. Si on traite les microbes lysogènes par du sérum antibactériophage, on constate que le bactériophage disparaît. Les microbes lysogènes qui étaient tout à fait comparables à des « porleurs de germes » sont débarrassés de leur « parasile lylique », ils sont en quelque sorte guéris.

‘Le sérum antibactériophage sensibilise l'individu vis-àvis du microbe infectieux. Cette dernière propriété est, capitale. En effet, elle interdit formellement de répéter les injections de bactériophage chez un individu sous peine de voir apparaître chez lui un sérum antibactériophage, qui rendrait plus précaire la défense de son organisme contre Pinfection, On ne sait si cette propriété est exacte pour l’homme, car l'expérience n'a jamais été tentée chez lui, mais on est autorisé à penser qu'il doit en être ainsi, si l’on en juge par les expériences faites sur les animaux. Citons, à ce sujet, une expérience de d’Herelle.

On injecte à une souris 1/10€ de la dose mortelle de toxine dysentérique, plus 1,5€ de centimètre cube de sérum antibactériophage Shiga ; la souris meurt au bout de 30 heures. alors qu'un animal témoin ne meurt qu’en 4 jours. Si l’on fait la même expérience en injectant, à la place de la toxine

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dysentérique, 1/10e de Ja dose mortelle de bacilles de Shi on obtient un résultat semblable.

Hauduroy à pu réaliser une expérience analogue en se servant de petits lapins et de bactériophage anti-staphylococcique. Il injecte à plusieurs reprises 2 à 3 centimètres cubes de bactériophage anti-staphylococcique à de jeunes lapins en espaçant les injections de 4 à 5 jours (en un mot il vaccine les lapins contre le principe lytique). Huit à quinze jours après, on voit apparaître chez quelques-uns des animaux ainsi traités, des abcès à staphylocoques souscutanés. Les animaux se cachectisent et finissent par mourir. Quelques lapins ne présentent pas d’abcès, mais si on leur injecte dans les veines une dose, non mortelle pour les témoins, de Staphylocoques, on constate qu’ils succombent en vingt-quatre heures à une septicémie staphylococcique. Cette expérience est la confirmation de celle effectuée par d’Herelle avec le bacille dysentérique et les souris. Dans les deux cas, on est arrivé à sensibiliser les animaux à une infection à laquelle ils étaient primitivement résistants.

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