‹ Le Traitement de l'Otite Externe Furonculeuse et de Quelques autres Staphylococcies en Oto-rhinologie par le BactériophageChapitre 16 sur 44 · LE MODE D’ACTION ET LA NATURE DU BACTÉRIOPHAGE · texte numérisé non relu

LE MODE D’ACTION ET LA NATURE DU BACTÉRIOPHAGE

Si tous les bactériologistes et tous les expérimentateurs sont d'accord sur le phénomène de d’Herelle, il n’en est plus de même sur l'interprétation des faits, sur le mode d'action et la nature du bactériophage. Ce chapitre pour intéressant qu'il soit, sera fort peu développé ici. Nous ne voulons pas entrer dans le détail des innombrables discussions et hypothèses auxquelles a donné lieu la question du bactériophage. Celle-ci est encore loin d’être élucidée. La découverte de d'Hrelle apporte des faits si nouveaux, qu'elle tend à modifier complètement les notions d'immunité et de guérison que l’on a jusqu'ici ; de plus, elle fait entrevoir une thérapeutique et une prophylaxie nouvelle des maladies infectieuses.

Cette découverte devait fatalement faire jaillir de nombreuses hypothèses étayées sur des expériences multiples, mais jamais suffisamment concluantes pour entraîner la conviction sur la nature du bactériophage et son mécanisme. L'avenir seul, nous dira ce qu'est le bactériophage. Pour l'instant, nous en sommes réduits aux hypothèses.

I. — COMMENT AGIT LE BACTÉRIOPHAGE ET QUEL EST LE MÉCANISME INTIME DE LA DISSOLUTION DES MICROBES ?

On peut avoir recours à deux techniques qui permettent de voir la bactériolyse :

1° On peut faire une série de lames colorées à intervalles réguliers en prélevant quelques gouttes du mélange de bactéries et de bactériophage pendant que se fait la lyse.

20 On peut regarder à l’ultra-microscope le phénomène de d'Herelle depuis le début jusqu’à la fin.

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Ces deux techniques permettent de faire les constatations suivantes :

En moins d’une heure, après le début du phénomène, on voit de fins granules apparaître à l’intérieur des bactéries. Une heure et demie après le début de l’expérience, les bactéries augmentent de volume, se gonflent et deviennent sphériques, remplies de granules. Bientôt, on assiste à un véritable éclatement du corps microbien, qui s’effectue en une seconde à peine. Le corps microbien se dissout alors en fins granules bientôt invisibles. Cette vision directe de la bactériolyse est la preuve pour d’'Herelle d’un parasitisme intra-cellulaire. Dernièrement encore d’Herelle émettait l’hypothèse suivante : la présence du bactériophage à l’intérieur de la bactéridie provoquerait à l’intérieur de celle-ci la formation d’enzymes autolytiques. Il y aurait auto-dissolution du microbe. Mais ce n’est là qu'une simple hypothèse.

Quoi qu'il en soit, deux faits sont nécessaires pour obtenir la lyse :

19 Le microbe à lyser ne être vivant.

20 Il faut qu'il y ait un conlact intime entre la bactérie et le principe lytique (La bactériolyse ne se fait pas en milieu visqueux).

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