‹ Le Traitement de l'Otite Externe Furonculeuse et de Quelques autres Staphylococcies en Oto-rhinologie par le BactériophageChapitre 17 sur 44 · QUELLE EST LA NATURE DU PRINCIPE LYTIQUE · texte numérisé non relu

QUELLE EST LA NATURE DU PRINCIPE LYTIQUE

De nombreuses doctrines ont voulu expliquer la nature du bactériophage et lui attribuer un rôle autre que celui de virus filtrant, parasite interne des bactéries.

Une dizaine de théories ont été tour à tour envisagées pour expliquer la nature du bactériophage.

Ces hypothèses peuvent être ramenées à trois.

19 La baclériolyse serail due à un principe chimique étranger à la baclérie qui subit la lyse.

2° La baclériolyse serait due à un principe chimique ou vivant provenant de la bactérie qui subit la lyse.

3 La baclériolyse serait due à un principe vivant étranger à la baclérie qui subil la lyse.

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1° La première hypothèse, celle du principe chimique étranger à la bactérie, fut surtout défendue par Kabeshima. La lyse serait un phénomène de digestion due à l’action combinée d'une prodiastase contenue dans les bacté-

-ries et d’un catalyseur sécrété par les glandes intestinales

ou les leucocytes attirés dans l'intestin. Ainsi, se formerait un ferment qui déterminerait une autolyse microbienne. D'Herelle oppose à cette théorie que le bactériophage poursuit son action indéfiniment en série, Ce qui ne pourrait être le fait d'un principe chimique. I faut done que ce principe soit-vivant. La doctrine diastasique de Kabeshima ne semble donc pas soutenable.

20 La deuxième hypothèse, celle du principe chimique où vivant provenant de la bactérie est plus en accord avec les faits que la précédente.

Trois théories sont en présence pour expliquer la nature du bactériophage :

a) Une première hypothèse invoque l'influence déchatnante d’une cause d’ordre extérieur qui libère une autolysine bactérienne. Sous l'influence de cette autolysine, de nouvelles bactéries sont successivement atteintes et la lyse se poursuit indéfiniment. Il s’agit dans cette hypothèse d’une aulolysine normale. Cependant, il est rare d'observer des souches microbiennes possédant un pouvoir lytique après filtration, ce qui est en désaccord avec la notion d’un principe autolityque normal. De plus, l’autolyse ne se produit. jamais aussi rapidement que dans le phénomène de d’'Herelle et ne se produit jamais aux dépens de microbes Jeunes.

b) Une deuxième hypothèse explique le phénomène Lytique par la présence d’une aulolysine anormale. Cette théorie a été soutenue par Bordet et Ciuca. C’est leur théorie leucocytaire. Le métabolisme microbien serait vicié par les leucocytes et cette viciation nutritive serait héréditaire, puisqu'elle se transmettrait en série. Cependant, il est difficile de concevoir une viciation héréditaire du métabolisme microbien, si l’on admet qu’une filtration sur bougie retient toutes les bactéries normales. De plus; les expériences sur lesquelles se sont basés Bordet et Ciuca (injections intrapéritonéales) sont inconstantes dans leurs résultats.

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Lisbonne et Carrère ont également soutenu une hypothèse analogue, théorie à laquelle ils ont donné le nom d’antagonisme microbien. La lyse microbienne serait le résultat d’une concurrence réciproque entre deux expèces de microbes différentes. Les réactions fermentatives de l’une agiraient sur l’autre. Il fut reconnu plus tard que Lisbonne et Carrère avaient employé dans leurs expériences desmicrobes lysogènes.

Doerr a soutenu que le bactériophage était une toxine qui, régénérée par les microbes malades, entraînerait leur lyse.

c) Enfin, Bail a pensé que les bactéries pouvaient revétir deux aspects : une forme normale, celle que nous connaissons et une forme filtrante. Cette forme filtrante serait . capable de lyser la forme bactérienne connue. Mais cette théorie de Bail n’explique pas la notion de la polyvalence

du bactériophage, les caractères particuliers des bactéries résistantes et la rareté des microbes lysogènes. |

Toutes les hypothèses envisagées jusqu'à maintenant n’expliquent pas complètement le phénomène de d’Herelle. Il nous reste à étudier l’hypothèse que d'Herelle à lui-même soutenue.

30 Le bactériophage serait un principe vivant étranger à la bactérie. L'hypothèse de d’Herelle est peut-être celle qui, jusqu'à présent, satisfait le mieux l'esprit. Le bactériophage serait un être vivant indépendant des bactéries ; il est invisible et filtrant et ne se développe qu'aux dépens des bactéries. C’est un ultra-microbe, le parasite des microbes. Cette hypothèse s'appuie sur les arguments suivants :

a) Le bactériophage possède la propriété d’assimiler en milieu hétérogène, ce qui est le fait des êtres vivants. Le bactériophage assimile les microbes jeunes et vivants et en les assimilant les transforme en principe bactériophage.

De plus, et malgré de très nombreux passages, il garde tou- Jours son pouvoir d’assimilation vis-à-vis de la race microbienne primitivement attaquée.

b) Le bactériophage se reproduit. C'est le fait de l’action en série. Mais ceci n’est pas une preuve absolue de la nature vivante et étrangère du bactériophage. Le feu, par exemple, se reproduit aux dépens d'éléments étrangers en les détruisant et n'est pas un principe vivant.

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