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voir joue un rôle dans la guérison ou l’immunité. Cependant on peut ajouter à cela que le bactériophage a donné dans la thérapeutique de la fièvre typhoïde des résultats intéressants. De plus, si l’on recherche dans la fièvre typhoïde le bactériophage dans le sang, on peut dire d’une manière schématique que lorsque l’hémoculture est positive le bactériophage est difficile à trouver et dans ce cas il est fort peu virulent. Mais lorsqu’à la fin de la maladie, l’hémoculture est négative, on trouve du bactériophage très virulent. Hauduroy rapporte trois observations où les hémocultures de positives qu’elles étaient, devinrent après quelques jours d’étuve négatives et on apprenait qu'au moment où le bactériophage était mis en évidence, le malade présentait une défervescence. Il semblait bien que l’on assistait in vitro à un phénomène qui devait se passer d’une manière analogue in vivo. Le bactériophage paraît jouer un rôle important dans la guérison des maladies. De son activité plus ou moins grande dépendront la guérison, le passage à la chronicité ou l’évolution fatale de la maladie. Cela semble démontré pour les maladies à bacilles typhiques, dysentériques et coli. Il est regrettable que des expériences semblables n’aient point été faites pour le staphylocoque dans les infections cutanées, les ostéomyélites et Les septicémies de ce microbe. Cependant, on peut dire que dans les pyélonéphrites à staphylocoques on trouve dans les urines du malade du bactériophage au moment de la guérison. De plus, il est fréquent, en cherchant le staphylocoque dans le pus d’abcès, de constater la présence de taches claires sur les milieux solides d’étalement, qui, repiquées, montrent qu'il s’agit là de bactériophage. Malheureusement, aucune expérience suivie n’a encore été faite sur le rôle du bactériophage dans l’immunité des staphylococcies.
On à pu faire quelques objections au rôle du bactériophage comme agent d'immunité. En effet, on trouve du bactériophage dans les selles des individus ou des animaux bien portants. On en trouve également dans l’eau, dans la terre et même chez les malades en période aiguë de la maladie. T semble que le bactériophage soit un parasite normal de lintestin. Dans ce cas il est actif contre un hôte
normal de l'intestin : le colibacille. On doit donc distinguer avec d’Herelle les cas où l’on trouve du bactériophage dans un milieu sain, de ceux où on le trouve en milieu contaminé. Il s’agit de bactériophages dont la valence et la virulence sont différentes.
À ce sujet, il conviendrait de rappeler les belles recherches de d’Herelle sur la typhose aviaire, si cela ne devait nous entrainer trop loin. Ses recherches aboutirent à la conception de l’immunité contagieuse. On trouve du bactériophage en temps d’épidémie chez les poules saines, mais qui vivent aux abords des poules atteintes de typhose, alors qu’en temps normal on ne trouve jamais chez elles de bactériophage actif contre le bacillus gallinarum. Il y a donc eu transmission du bactériophage probablement par les déjections, il y a eu immunité contagieuse. Cette immunité par le bactériophage est pour d’Herelle une immunité exogène que l’on doit opposer à l’immunité endogène, celle que nous acquérons par les réactions de nos humeurs.