‹ Le Traitement de l'Otite Externe Furonculeuse et de Quelques autres Staphylococcies en Oto-rhinologie par le BactériophageChapitre 42 sur 44 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les conclusions que nous rapportons ne concernent ici que l’utilisation du bactériophage en oto-rhino-laryngologie. Elles ne peuvent pas être formelles.

D'une part, la question du bactériophage et celle de son application générale pour la thérapeutique sont encore trop récentes. La méthode semble intéressante. Beaucoup d’avenir lui est peut-être réservé, si l’on arrive à augmenter le degré de virulence, de polyvalence du bactériophage et son extension aux autres germes infectieux.

D'autre part, la méthode est dans une période de tâtonnements et d’essais pour ce qui concerne ses applications en oto-rhino-laryngologie.

Voici, néanmoins, les conclusions que nous pouvons formuler :

1° Le bactériophage ne peut être utilisé actuellement en oto-rhinologie que pour les affections à s{aphylocoques purs, non associés à d’autres germes.

20 Parmi celles-ci, il y a lieu de distinguer celles où l'épreuve de la lyse in vitro par le bactériophage s'effectue et celles où elle ne s'effectue pas. Une lyse positive laisse prévoir un résultat favorable. |

30 Dans les otites moyennes, le bactériophage ne semble pas devoir être d’un emploi utile, car les otites moyennes à staphylocoques purs sont rares. Nous n’en avons observé que deux cas et nous pouvons dire que dans le cas où la lyse se faisait, nous avons obtenu un succès thérapeutique très rapide, alors que dans l’autre cas où la lyse se faisait mal, nous avons enregistré un échec.

40 Dans les otites externes furonculeuses, l'emploi du bactériophage est justifié, puisque dans les 5/6 des cas nous avons obtenu des résultats Îrès favorables avec guérison très rapide variant entre deux et quatre jours.

50 Dans les otites externes furonculeuses, l’épreuve de la lyse, qui expliquerait peut-être les insuccès, ne peut mal-

heureusement pas être faite en temps opportun, en raisoïi de l’évolution assez rapide de l'infection. D'autre part, le prélèvement de pus au niveau du furoncle, soit par incision, soit par ponction, ne laisserait pas au bactériophage le seul mérite de la guérison. |

6e Dans les affections rhinologiques, il y a lieu de distinguer les cas de furonculose franche, où les résultats sont favorables, des cas à évolution torpide comme la folliculite narinaire et le sycosis où les échecs sont plus fréquents que les succès. Dans un cas de rhinite compliquée d’ethmoïdite muco-purulente à staphylocoques, nous n’avons enregistré qu'un échec.

70 D'une façon générale, le bactériophage agil mieux dans les affections aiguës que dans les affections chreniques.

80 Lorsque le spécialiste entreprend le traitement des infections oto-rhinologiques à staphylocoques par le bactériophage, il nous semble indiqué qu'il doive suivre la technique suivante

a) Épreuve de la lyse, si possible.

b) Trailement local, qui est peut-être le plus important, par application de pansements imprégnés de bactériophage mis le plus possible en contact avec les lésions.

Il convient d'employer un bactériophage préparé suivant une technique impeccable, comme celle qui est adoptée au Laboratoire de Bactériologie de la Faculté de Médecine.

c) Trailement général par injections sous-cutanées de bactériophage. Cependant, il convient d'apporter une réserve au traitement général. Celui-ci ne doit pas être poursuivi au delà de trois injections, pour éviter la formation chez l'individu d’un sérum antibactériophage. La dose à injecter est variable suivant l’âge du sujet. Elle est, en général, de un à deux centimètres cubes.

Vu : Le Président de Thèse, Vu : Le Doyen, Bezançon. Roger.

Vu el permis d'imprimer :

Le Recleur de l Académie de Paris, P. Lapie.

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