I. — L'ASPECT GÉNÉRAL DU PHÉNOMÈNE
© C’est pour la première fois en Septembre 1917, à la suite d'expériences sur la dysenterie bacillaire que d’Herelle attira l'attention sur un phénomène nouveau qui, par la suite, devait prendre son nom. Il donnait à l’agent causal de ce phénomène, le nom de principe baclériophage et le considérait comme un microbe invisible, antagoniste des bacilles dysentériques.
Le phénomène de d’'Hérelle n’est pas resté cantonné à la dysenterie bacillaire, il a dépassé le cadre de cette infection et on a pu le répéter pour les infections typhiques, paratyphiques, colibacillaires, staphylococciques, etc. Il semble que l’on soit là en présence d’un phénomène d'ordre général. Il nous paraît logique cependant de prendre comme type de description de ce phénomène, l’expérience fondamentale de d’'Herelle dans la dysenterie bacillaire.
Journellement d’Herelle prélevait une dizaine de gouttes des déjections d’un sujet atteint de dysenterie à bacille de Shiga. Ce prélèvement était introduit dans un tube de bouillon et mis pendant la nuit à l’étuve. Le lendemain, l’émulsion était filtrée sur une bougie de Chamberland. Une dizaine de gouttes de ce filtrat étaient à nouveau prélevées et introduites dans un nouveau tube déjà ensemencé avec du bacille de Shiga. Ce tube était placé à son tour à l’étuve. Et voici ce que dit d’Herelle : « Tant que dura la maladie, tous les tubes préparés chaque jour de la même manière donnèrent une culture normale de bacilles dysentériques.
« Un jour, le tube préparé la veille resta stérile : rensergnements pris, le malade présentait une amélioration notable, rapidement suivie d’une franche convalescence.