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Le traitement général, sans dominer la thérapeutique de la coxalgie comme le voulaient nos pères, présente une importance capitale.
Il peut être concilié avec le traitement local le plus sévère, môme avec le repos au lit et l'immobilisation absolue, quoi qu'en aient dit les Américains.
Le traitement général consiste :
1° dans l'emploi de quelques médicaments : huile de foie
de morue, etc..
2° dans une alimentation saine et abondante, :i° dans l'observance d'une bonne hygiène, 4° dans le choix d'un climat et d'une localité. Valeur du séjour de Bérck pour les coxalgiques. Pourquoi le danger do contagion de la tuberculose est nul à Berck.
Tout le monde s'accorde à reconnaître l'importance capitale du traitemcnl général dans la thérapeutique de la coxalgie.
La guérison de la tuberculose interne, qui est bien loin d'être une rareté, reconnaît-elle une autre cause que l'amélioration de l'étal général du malade? Si la coxalgie guérit parfois dans nos campagnes sans le secours du chirur-
TRAITEMENT GÉNÉRAL. 'to
gien et de l'orthopédiste, où se trouve l'explication de cette guérison, sinon clans l'excellence de l'état général? si elle guéri i d'une façon relativement fréquente entre les mains des chirurgiens américains qui font à leurs eoxalgiques un minimum de traitement local, si je puis ainsi dire, la raison s'en trouve encore dans leur préoccupation constante de l'hygiène, de la conservation de la santé générale de leur malade. Le coxalgique guérira sans doute presque fatalement dans ce cas avec une déviation ou même une véritable infirmité, mais il guérira.
Si le traitement général peut revendiquer pour lui tout seul le mérite de certaines cures, et si un traitement local bien dirigé, même dans les plus fâcheuses conditions d'hygiène cl de milieu, comme par exemple dans les hôpitaux d'enfants de Paris, peut en revendiquer un plus grand nombre encore, n'avons-nous pas le droit d'espérer qu'en additionnant ces deux forces utiles, nous les aurons en réalité multipliées et nous sauverons presque tous, sinon Ions nos eoxalgiques.
El cela, nous le pouvons; disons-le dès main- Lcnanl pour répondre aux chirurgiens américains, nous pouvons concilier les intérêts de la santé générale avec les obligations d'un trait omenl local Irès sévère.
Pour l'enfant du riche, la chose esl évidente : il pourra, tout eu gardant l'immobilité, vivre dans le môme milieu, respirer le même air que s'il avait le libre usage de ses jambes. Mais poulies pauvres petits de nos hôpitaux parisiens, condamnés à la réclusion dans des salles mal aérées et malsaines, cela n'est plus vrai, hélas! et aux coxalgiqu es pauvres il faudrait des hôpitaux cà la campagne ou plutôt au bord de la mer, avec une organisation qui permît de les placer pendant la plus grande partie de la journée en plein air, ou mieux encore sur la plage même. Nous verrons plus loin si cette installation idéale n'existe pas déjà.
Après ce que nous avons dit de la prophylaxie de la tuberculose de la hanche, on devine quelles seront les grandes lignes du traitement général. Il est aisé de concevoir, en premier lieu, qu'en faisant respirer à ce coxalgique un air d'une pureté parfaite on évite l'entrée de nouveaux germes dans cet organisme où déjà quelques bacilles ont pris position.
Ne va-t-on pas, en second lieu, par une bonne et abondante alimentation, par l'usage de certains médicaments, par une bonne hygiène el le choix d'un bon climat, multiplier les foires de résistance de l'enfant el lui permettre de triompher de l'ennemi?
Dans de pareilles conditions le foyer luber-
culoux, au lieu de progresser cl de désorganiser la jointure, va s'éteindre, aussi naturellement qu'il va s'étendre dans des conditions inverses. Le traitement général comprendra donc :
1" L'emploi des médicaments capables d'atténuer la virulence de la tuberculose ou d'augmenter la vigueur de l'organisme;
2° Le choix des aliments et la surveillance des fonctions digestives du coxalgiquc;
3n L'observance d'une bonne hygiène;
4° Le choix d'un bon climat.
1° l'emploi des médicaments
La liste serait longue des médications internes dites héroïques qu'on a proposées contre les diverses manifestations tuberculeuses.
Mais ces médications si pompeusement annoncées ne défilcnl guère devant nous, suivant l'expression de Vcrncuil, que pour sombrer après quelques mois à peine d'une renommée surfaite.
Si leur valeur n'est pas spécifique, leurs avantages sont-ils du moins incontestables? Hélas! pour presque toutes, il n'est d'incontestable que leurs inconvénients. Ces médicaments diminuent ou troublent l'appétit déjà médiocre on capricieux de ces enfapts couchés, ils fatiguent l'estomac, peinent même provoquer .des cm bar-
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ras gastriques. Et malgré ces inconvénients constatés dans tel cas particulier, bon nombre de médecins continuent à les prescrire et cela, nous le répétons, pour des avantages problématiques.
Pour nous, soucieux par-dessus tout d'assurer l'intégrité et le bon fonctionnement des voies digestives, nous les avons tous supprimés à l'exception de deux ou trois : l'huile de foie de morue pendant l'hiver et la liqueur de Fowler ou la teinture d'iode à la dose de quelques gouttes pour la saison d'été.
De tous les médicaments connus à l'heure actuelle, l'huile de foie de morue est le seul qui puisse nous rendre ici des services certains. Qu'on la donne donc à la dose maxima que reniant peut supporter : c'est-à-dire qu'on force la dose jusqu'à ce que survienne un peu de dévoiement. Alors on diminue légèrement la quantité jusqu'à ce que les troubles digestifs disparaissent et l'on s'en tiendra pour l'avenir à la dose tolérable, ainsi déterminée.
Pour certains enfants la tolérance est plus grande lorsqu'on donne l'huile de foie île morue en bloc, pour d'autres lorsqu'on la donne par doses fractionnées ou suivant qu'on la l'ail prendre avant ou pendant les repas. Pour les enfants qui s'endorment très vile, il est préférable, suivant le conseil de Grancher, de la don-
ner quelques minutes avant l'heure habituelle du sommeil.
Ceci esl affaire de tâtonnements et les mères intelligentes cl attentives découvrent généralement bien avant le médecin le mode qui convient le mieux pour leur enfant.
Mais si l'huile de t'oie de morue diminue l'appétit ou amène des vomissements, qu'on ne s'entête pas à la faire prendre quand même, qu'on la supprime tout au moins pour quelque temps. J'estime (pic ses inconvénients sont dans ce cas supérieurs à ses avantages. J'aime mieux que l'enfant se prive d'huile et boive un demilitre de lait de plus. Il m'est arrivé parfois de remplacer, suivant la coutume anglaise, l'huile de foie de morue non tolérée par des tartines beurrées, cl cela avec le plus grand profit.
J'ai renoncé depuis longtemps à la créosote cl à l'iodoforme, qui provoquaient des troubles digestifs chez mes coxalgiqucs.
Mais pcndanl l'été, à la place de l'huile de foie de morue mal supportée en celle saison, on peu! donner avec avantage quelques gouttes de liqueur de Fowlcr ou de teinture d'iode, ou encore, pour stimuler l'appétit, quelques gouttes de teinture de Baumé.