‹ Le traitement de la coxalgie [electronic resource]Chapitre 18 sur 62 · A. — ARGUMENTS D'ORDRE THEORIQUE · texte numérisé non relu

A. — ARGUMENTS D'ORDRE THEORIQUE

La première raison théorique que l'on donne de son emploi, « c'est que seule elle se préoccupe de celte indication capitale : empêcher la pression réciproque des surfaces articulaires de la hanche, c est-à-dire prévenir ce que l'on a appelé l'ulcération compressée ».

Mais si cette compression existe lorsque le malade est dans la station debout., et nous en avons déjà suffisamment parlé, elle cesse d'exister clans la position couchée. Cela n'est pas absolu à la vérité; cette compression pourra encore être produite par la contracture des muscles de la région ; je ne vois pas d'autre cause possible de sa production que le spasme musculaire. Et il devient nécessaire de supprimer ce spasme. Qu'est-ce (pie cette contracture qui se produit dans la coxalgie, sinon une

défense instinctive des muscles de la région de la hanche qui viennent par leur action immobiliser les deux leviers articulaires lorsque ceux-ci ne sont pas maintenus?

Le meilleur moyen de supprimer ces contractions passagères et ces contractures des muscles, c'esi de les rendre inutiles, c'est d'assurer par divers moyens celle immobilisation de la jointure que les muscles viennent instinctivement réaliser.

Et si l'extension continue est capable de taire cesser celte contracture musculaire (et partant les douleurs et les attitudes vicieuses qu'elle amène), c'est parce qu'elle est capable « de soustraire les surfaces articulaires aux mouvements » comme le soupçonnait déjà Le Sauvage de Caen, le premier auteur qui ait parlé de l'extension continue.

Cela est si vrai que dans les cas, qui ne sont pas rares, où l'extension ne réussit pas à supprimer la douleur (c'est-à-dire la contracture musculaire), l'application d'un appareil immobilisatcura immédiatcmenl raison du spasme et de ses manifestations cliniques.

En d'autres termes, la pression réciproque des surfaces articulaires ne peut être produite chez les enfants couchés que par la contracture musculaire. El ions les moyens capables de supprimer la contracture mettronl à l'abri de

l'ulcération compressive. L'immobilisation absolue est le meilleur moyen de faire céder à tous coups cette contracture; et l'extension continue n'y peut arriver que parce qu'elle assure une immobilisation relative, qui suffit souvent, il est vrai.

La deuxième raison d'ordre théorique que donnent les partisans de l'extension continue, c'est que cette traction amène un écartement des surfaces articulaires de la hanche. Il semble bien, à priori, que, si cet écartement est produit, l'on aura ainsi sûrement prévenu l'ankylose.

Mais l'extension continue, telle qu'elle est faite en clinique, peut-elle vraiment amener cet écartement? Oui certainement, lorsque existe une désorganisation de la jointure, à une période avancée de la coxalgie, ou encore après la résection de la hanche; mais sûrement pas au début de la maladie, tant qu'agit la pression atmosphérique, force physique, par conséquent continue, qui maintient physiologiquement au contact les deux surfaces articulaires et possède à elle seule une valeur de plus de 60 livres — l'extension telle que nous la Taisons ayant une valeur de deux à six livres seulement. , .

Il est vrai qu'on ne sait pas à quelle période de la. coxalgie la pression atmosphérique cesse d'agir. L'on a institué des expériences pour

résoudre ce problème. De l'aveu de Lannelonguo lui-même, « les résultats contradictoires qu'elles ont donnés ne permettent pas de trancher la question de la séparation des surfaces articulaires de la hanche par l'extension continue ».

Lannelongue pense avoir été plus heureux que ses devanciers; mais l'expérience, faite sur le cadavre, par laquelle il croit avoir démontré la réalité de cet écartement el que nous avons discutée ailleurs1, ne nous parait pas plus qu'à Kirmisson2 ou à Ollier, concluante.

Mais je veux bien l'admettre pour un instant, cel écartement articulaire laid discuté.... A quoi servira-t-il, puisque Lannelongue lui-môme avoue dans ce même livre où il préconise si ardemment cette méthode : qu'au résumé l'on n'obtient la guérison, dans la généralité des cas. qu'au prix d'une ankylose, même dans le ••as de coxalgie non suppurée... .et même lorsque a été applifiiée l'extension continue, avec les plus furies Ir actions7'....

Si cela est, pourquoi ne pas accepter l'immobilisation absolue?

Mais si l'ankylose est la terminaison habituelle, pour Lannelongue, descoxalgies non sup-

Page 1