CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE TRAITEMENT DE LA COXALGIE
La coxalgie vraie est une tuberculose de la hanche.
Les chirurgiens ont voulu faire l'extirpation immédiate du loyer tuberculeux.
Mécomptes laissés par les résections précoces.
Insuffisance des injections interstitielles destinées à éteindre le foyer morbide.
Le seul traitement orthopédique peut conduire à la guérison. La tuberculose a une tendance naturelle à guérir dans certaines conditions. Le traitement local et le traitement général auront pour objectif de faire naître et de développer ces conditions.
I ,. traitement local devra s'occuper en outre des modifications
de for d'attitude et de fonctions que la coxalgie peut
amener dans le membre inférieur.
Il cst une notion capitale, universelle™ en I acceptée aujourd'hui, c'est que la coxalgie vraie C8I unc tumeur blanche de l'articulation coxoftmoralc, en d'autres termes, une tuberculose de la hanche.
Dès que le diagnostic csl posé, l'objectif du
chirurgien est la destruction du foyer bacillaire qui cause la maladie.
Le traitement idéal des maladies infectieuses, le traitement de l'avenir, c'est la vaccination.
Malheureusement le vaccin antiphymique n'est pas encore trouvé.
Avons-nous du moins, pour combattre la tuberculose sous ses diverses formes, une médication interne aussi efficace que l'iodure de potassium et le mercure contre la syphilis, le salicylate de soude contre le rhumatisme franc, lo sulfate de quinine et l'arsenic contre la malaria ?
Hélas ! non, pas encore tout au moins. Pas plus que le vaccin, le médicament véritablement spécifique du virus tuberculeux n'est pas encore connu.
Mais il est à remarquer qu'il s'agit ici d'une manifestation externe de la tuberculose, c'està-dire - d'une manifestation morbide accessible et saisissablc pour le chirurgien.
Pourquoi celui-ci n'irait-il pas a la recherche de ce foyer tuberculeux, cause de la maladie, dès que son existence est reconnue?
Mais vous ne le pouvez pas, dira-t-on. Vous ne le pouvez pas, puisque la tuberculose esi une maladie générale, el que la coxalgie n'es! que la signature de celle infection totale cle l'organisme.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. Itl
On ne supprime pas la syphilis parce qu'on a supprimé le chancre.
Voilà certainement l'un des problèmes les plus intéressants de la pathologie : la légitimité tics interventions chirurgicales dans le traitement de la tuberculose externe!
Mais celle question d'intérêt capital doit être définitivement résolue aujourd'hui par l'affirmative. Nous savons, à l'heure actuelle, que la tuberculose n'envahit pas d'emblée l'organisme entier, si ce n'est dans des cas infiniment rares, qui échappent d'ailleurs d'une manière presque absolue à toute intervention soit du médecin, soit du chirurgien.
L'expérimentation et la clinique nous enseignent que la tuberculose frappe d'abord un organe et peut rester longtemps ou môme indéfiniment locale.
Pour ce qui nous occupe, si la coxalgie n'est parfois que l'une des localisations d'une tuberculose à manifestations multiples, 95 l'ois sur 100 la tuberculose de la hanche est une maladie primitive, isolée, indépendante, autonome.
Ainsi donc, si le chirurgien ne peut pas, en supprimant le chancre, guérir le syphilitique, il peut, en supprimant le loyer tuberculeux de la hanche, guérir complètcmcnl le coxalgique.
Forts de cette autorisation que leur octroyai I la pathologie générale de prendre leur bistouri,
les chirurgiens, comme on pouvait s'y attendre, en ont usé largement; et cet ennemi qu'on ne pouvait pas atteindre par une médication interne, dès que sa présence a été signalée clans la région de la hanche, ils ont touillé cette région en tous sens pour le dépister, le poursuivre dans tous ses recoins et l'enlever de partout.
C'est la période des résections précoces faites en Amérique et en Allemagne. Tout enfant reconnu ou môme soupçonné coxalgique était justiciable d'une résection de la hanche.
Cette conduite et cette hardiesse paraissaient inspirées par la logique et la raison.
Supprimer radicalement le foyer morbide, c'était arrêter ses ravages dans la région qu'il avait envahie et c'était sauver l'organisme pour qui ce foyer tuberculeux était, malgré tout, une perpétuelle menace.
C'était d'un coup rendre le coxalgique à la santé parfaite et à la vie normale.
Mais, hélas! réséquer une hanche n'est pas enlever une gomme bacillaire de la peau ou un ga n gl i o n tu b c rcu leux .
La résection faite même dans ces conditions idéales, sans être précisément grave, ne laisse pas que d'être une opération toujours sérieuse.
En second lieu, il est rarement possible, même au chirurgien qui opère dès la première