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Tuberculose chirurgicale

Pour nous, plus notre expérience s'étend, plus nous sommes sobre de grandes interventions chirurgicales dans la coxalgie, parce que nous sommes de plus en plus convaincu qu'on peut arriver à la guérison par d'autres moyens.

Les petits moyens ne causant ni mutilations, ni dommages d'aucune espèce aux malades, c'est à eux que nous nous adresserons autant que possible.

Nous étions autrefois très grand partisan de l'extirpation radicale de l'abcès froid dans la coxalgie, nous arrivions ainsi d'un coup et presque sûrement à la guérison. Mais il faut, de toute nécessité, pour assurer la guérison immédiate, tailler largement au delà des tissus malades el l'on est amené forcément à commettre quelques petits dégâts, à enlever, par exemple, quelques libres musculaires qu'on aurait, réussi à conserver par la méthode des pondions et des injections, modificatrices.

Et nous recourons chaque jour davantage à cette dernière méthode.

Elle demande un peu plus de temps pour amener la guérison, mais l'amène presque sûrement el sans aucun dommage, si l'on prend quelques précautions.

On néglige trop souvenl les précautions les

plus élémentaires lorsqu'on fait une simple ponction. L'antisepsie du chirurgien, de la peau, des instruments et des objets de pansement, devrait être absolue. On l'oublie trop fréquemment sous prétexte qu'on se trouve en présence d'une collection déjà purulente. C'est par l'oubli de quelques précautions antiseptiques que peut se produire la pénétration de germes

Fig. 16.

autres que le bacille tuberculeux; et la présence des staphylocoques ou des streptocoques vient changer complètement le pronostic de ces abcès. Ils s'enflamment, s'ouvrent au dehors et laissent des fistules infectées très difficiles à guérir. Je ne crains pas de dire qu'on doit faire ici une antisepsie aussi rigoureuse que s'il s'agissait d'une laparotomie.

La ligure 16 représente le petit appareil Dieulafoy que nous avons l'ail construire par Collin

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pour ces ponctions qu'on fait journellement à l'hôpital.

La seringue a une capacité de 10 centimètres cubes. Nous avons trois modèles d'aiguilles, la plus large a un diamètre de 4 millimètres; elle n'est à peu près jamais obturée par les grumeaux caséeux cpii se trouvent dans le pus de ces abcès.

L'aspiration faite par le petit appareil nous permet de vider complètement le contenu, même dans les cas où la pointe de l'aiguille se trouve placée plus bas epic son autre extrémité. Dès que le contenu de l'abcès est évacué, nous enlevons la seringue, laissant l'aiguille en place. S'il vient un peu de sang, nous faisons pendant quelques minutes une compression légère de la poche purulente autour de l'aiguille. Pendant cette courte pause, on charge avec le liquide de l'injection une autre seringue de même calibre, de même tubulure s'adaptant par conséquent de même à l'aiguille laissée dans la cavité; et sans lavage de la poche, le liquide modificateur est ' poussé dans la cavité en une ou plusieurs fois, suivant sa quantité.

Ou détruit le parallélisme de la peau et des tissus sous-jacents au niveau de l'orifice, on le recouvre avec du collodion iodoformé ou de |a gaze stérilisée, et l'on refait sur la région un pansemenl compressif.

La petite opération est terminée.

Nous faisons remarquer que nous avons deux seringues : l'une servant toujours pour l'évacuation du pus; l'autre réservée exclusivement pour l'injection qui suit. Celle-ci n'est donc jamais souillée et reste sûrement aseptique; et la première ne servant que pour recevoir le pus, ne peut pas contaminer les parois de l'abcès froid.

Ainsi se trouve supprimé tout danger d'inoculation et nous pouvons garder ce petit appareil qui se recommande par la sûreté et la solidité de son fonctionnement : avantages précieux pour qui doit comme nous s'en servir tous les jours.

Les injections sont faites avec divers liquides modificateurs qui tous peuvent revendiquer de nombreux succès; actuellement on n'emploie guère plus que l'iodoforme (clans la glycérine ou 1 ether), ou le naphtol camphré.. A l' encontre de Kirmisson qui préconise le premier de ces * agents, nous préférons le deuxième dont M. Péricr a vulgarisé l'usage.

Le naphtol camphré nous a donné des résultats manifestement supérieurs à ceux de la glycérine iodoformée; cependant, nous conservons celle-ci pour certains enfants qui tolèrent mal le naphtol camphré.

Car il faut savoir que certains organismes ne

TROISIÈME CAS. 159 s'accommodent pas de ce liquide. Nous avons eu plusieurs accidents d'intoxication à la suite des injections de naphtol camphre; ces accidents n'ont pas eu, fort heureusement, de conséquence grave, parce que nous avons pu, par une intervention immédiate, consistant dans l'ouverture large de la poche de l'abcès et dans le lavage de la paroi fait pour enlever les (races du liquide, conjurer des accidents plus sérieux.

Mais un cas de mort, survenu à la suite d'une injection de naphtol, entre les mains d'un autre chirurgien, montre combien il est nécessaire d'explorer la tolérance de l'enfant vis-à-vis du naphtol camphré, avant de lui injecter des doses considérables de ce liquide.

Je poserai comme règle générale qu'il est permis d'injecter autant de grammes de naphtol camphré que le sujet compte d'années, et eela jusqu'à vingt ans. Mais il sera plus sage de commencer par injecter de ce liquide une dose moitié inoindre et de n'arriver que progressivemenl à la dose que nous venons d'indiquer.

•te sais bien que certains chirurgiens 1 déclarcnl qu'ils onl pu injecter, sans accident, jusqu'à kO, 50, 60, îoo grammes de naphtol camphré à des adultes, mais leur conduite est imprudente et j'aimerais mieux, en tout cas,

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