MANUEL OPÉRATOIRE DE LA RÉSECTION
cl le col du reste de l'os, avec le ciseau à froid el le maillet agissant dans la profondeur de la plaie.
L'ablation de la tête fémorale permet de faire une exploration complète de la cavité cotyloïde; on la débarrasse avec la curette des débris ostéofongueux qu'elle renferme et l'on peut enlever son arrière-fond si la nécessité s'en fait sentir. On la Irouve souvent perforée; on peut enlever le pourtour de l'orifice et gratter les clapiers qui existent du côté du bassin; on les drainera directement par la grande plaie sans qu'il soit généralement nécessaire de faire une eontreouverture au milieu du pli inguinal, grâce au siège de l'incision opératoire.
Puis l'on passe à l'examen du fémur. Si la tranche de section du troebanter paraît malade, on en détachera une rondelle après avoir décollé le périoste. Si le périoste n'est pas trop altéré, il faut le conserver, après avoir gratté ses points caséeux, il servira à la régénération de l'os et à la constitution d'une néartbrose solide.
Kl l'on enlève ainsi des rondelles osseuses de i centimètre de hauteur sur la diaphyse fémorale, jusqu'à ce qu'on arrive sur le lissn sain, c est-à-dire sur un os qui ne sera ni fongueux, ni suppuré, ni nécrosé.
Il vaut mieux procéder ainsi que d'aller, comme le conseillent certains chirurgiëns américains, faire d'emblée la résection sous-trochantérienne.
L'opération est presque terminée ; nous faisons alors la toilette du champ opératoire à l'aide de la curette. On touche tous les points avivés, avec une solution très chaude de sublimé au 1/1000% qui désinfecte bien la plaie. Nous n'employons plus le baume du Pérou, conseillé par d'autres; il ne nous a jamais donné de bons résultats; nous avons abandonné également le chlorure de zinc, qui provoque un écoulement sanguin en nappe sur les tissus qu'il a touchés.
Après un grand lavage fait avec de l'eau stérilisée, nous drainons à l'aide d'un drain placé au niveau de la partie inférieure de l'incision opératoire et d'un autre drain placé en arrière dans la partie la plus déclive de la région, comme nous l'avons dit.
Nous faisons un pansement iodoformé et une compression très, forte, puis nous appliquons par-dessus un bandage plâtré qui maintient le membre dans une extension complète et dans une abduction légère.
L'opération dure généralement vingt à trente minutes; maisil est une chose qui importe encore davantage que d'aller vite, c'est de faire, au fur et à mesure que l'on avance, l'hémostase la plus rigoureuse.
Pour cela, la compression faite à 1 aide de tampons suffit. Il faut confier ce soin à un ou même à deux aides très expérimentés. Ces! de
MANUEL OPÉRATOIRE DE LA RÉSECTION. 223 la façon dont ils rempliront leur mission que dépend le choc causé par l'opération. S'ils sont exercés et très attentifs, on pourra faire la résection presque à blanc, et elle sera ainsi supportée par les enfants les moins résistants.