In Revue d'orthopédie, mai L
les observations d'ostéotomie, le chirurgien a la précaution de dire que chez son malade le redressement était devenu impossible par suite de la soudure osseuse1, complète, des extrémités articulaires déplacées.
Eh bien, c'est ce fait anatomique, la soudure osseuse complète entraînant l'impossibilité du redressement, que je viens mettre en doute, au risque de soulever une protestation universelle. Je précise en disant que je veux parler exclusivement de l'ankylose vicieuse de la hanche à la suite de l'arthrite tuberculeuse, à la suite de la véritable coxalgie.
Dans ces conditions où l'extrémité supérieure du fémur répond à un point de l'os iliaque autre que la cavité cotyloïde, la soudure osseuse complète n'existe jamais.
•te n'en ai tout au moins jamais trouvé un seul • as chez les très nomhreux coxalgiques que j'ai pu voir à Berck.
Par contre, j'ai cru maintes et maintes fois, après un premier examen des malades qui m'étaienl conduits avec le diagnostic d'ankylose
la hanche, me trouver enfin en présence du cas tanl cherché d'ankylose vraie.
Pour m'en assurer, j'ai refait l'examen de ces malades sons le chloroforme; et, dans ces conditions, un aide fixant solidement le bassin, j'ai toujours pu développer quelques mouvements,
plus ou moins obscurs, des deux leviers articulaires.
Et que l'on ne vienne pas nous dire qu'au point de vue pratique il n'y a pas lieu d'établir de distinction entre la soudure osseuse complète et l'ankylose fibreuse, ou môme ostéolibreuse très serrée.
Il y a, au contraire, un intérêt majeur à différencier absolument ces états anatomiques.
Dans le premier cas, l'intervention sanglante s'impose.
Dans le deuxième, il suffit de développer les mouvements obscurs de la jointure pour arriver, par une intervention non sanglante, à la correction de la difformité.
Ainsi donc, lorsqu'on nous parle d'ankylose vicieuse de la hanche, ou bien la soudure des os n'est pas complète, ou bien l'ostéo-arthrite qui a précédé n'était pas tuberculeuse, mais infectieuse (que cette infection ait succédé à une fièvre éruptive ou à la blennorrhagie), ou encore ostéo-myélitique, ou rhumatismale, ou traumatique.
L'ankylose osseuse de la hanche n'est pas rare, en effet, à la suite des ostéo-arthrites non tuberculeuses de la jointure.
Cela dit, le procédé dont je me sers pour corriger les grands raccourcissements de mes malades est connu : c'est le redressement, que
TRAITEMENT DES DÉVIATIONS. 249 j'ai i)ii faire chez tous les coxalgiques qu'on m'a conduits depuis trois ans, quelque ancienne que fût leur difformité.