‹ Le traitement de la coxalgieChapitre 21 sur 51 · Tuberculose chirurgicale · texte numérisé non relu

Tuberculose chirurgicale

Pour nous, plus notre expérience s'étend, plus nous sommes sobre de grandes interventions chirurgicales dans la coxalgie, parce que nous sommes de plus m plus convaincu qu'on peut arriver à la guérison par d'autres moyens.

Les petits moyens ne causant ni mutilations, ni dommages d'aucune espèce aux malades, c'est à eux que nous nous adresserons autant que possible.

Nous étions autrefois 1res grand partisan de l'extirpation radicale de l'abcès froid (tans la coxalgie, nous arrivions ainsi d'un coup et presque sûrement à la guérison. Mais il faut, de toute nécessité, pour assurer la guérison immédiate, tailler largemenl au delà des tissus malades et l'on est amené forcément à commettre quelques petits dégâts, à enlever, par exemple, quelques libres musculaires qu'on aurait réussi à conserver par la méthode des ponctions et des injections modificatrices.

Et nous recourons chaque jour davantage à cette dernière méthode.

Elle demande un peu plus de temps pour amener la guérison, mais l'amène presque sûrement et sans aucun dommage, si l'on prend quelques précautions.

On néglige trop souvent les précautions les

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plus élémentaires lorsqu'on fait une simple ponction. L'antisepsie du chirurgien, de la peau, des instruments et des objets de pansement, devrait être absolue. On l'oublie trop fréquemment sous prétexte qu'on se trouve en présence d'une collection déjà purulente. C'est par l'oubli de quelques précautions antiseptiques que peut se produire la pénétration de germes

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autres que le bacille tuberculeux; et la présence des staphylocoques ou des streptocoques vient changer complètement le pronostic de ces abcès. Ils s'enflamment, s'ouvrent au dehors et laissent des fistules infectées très difficiles à guérir. Je ne crains pas de dire qu'on doit faire ici une antisepsie aussi rigoureuse que s'il s'agissait d'une laparotomie.

La figure 16 représente le petit appareil Dieulafoy que nous avons fait construire par Collin

pour ces ponctions qu'on fait journellement à l'hôpital.

La seringue a une capacité de 10 centimètres cubes. Nous avons trois modèles d'aiguilles, la plus large a un diamètre de 4 millimètres; elle n'est à peu près jamais obturée par les grumeaux caséeux qui se trouvent dans le pus de ces abcès.

L'aspiration faite par le petit appareil nous permet de vider complètement le contenu, même dans les cas où la pointe de l'aiguille se trouve placée plus bas que son autre extrémité. Dès que le contenu de l'abcès est évacué, nous enlevons la seringue, laissant l'aiguille en place. S'il vient un peu de sang, nous faisons pendant quelques minutes une compression légère de la poche purulente autour de l'aiguille. Pendant cette courte pause, on charge avec le liquide de l'injection une autre seringue de même calibre, de même tubulure s'adaptant par conséquent de même à l'aiguille laissée dans la cavité; et sans lavage de la poche, le liquide modificateur est poussé dans la cavité en une ou plusieurs fois, suivant sa quantité.

On détruit le parallélisme de la peau et des tissus sous-jacents au niveau de l'orifice, on le recouvre avec du collodion iodoformé ou de la gaze stérilisée, et l'on refaîl sur la région un pansement compressif.

La petite opération est terminée.

Nous faisons remarquer que nous avons deux seringues : l'une servant toujours pour l'évacuation du pus; l'autre réservée exclusivement pour l'injection qui suit. Celle-ci n'est donc jamais souillée et reste sûrement aseptique; et la première ne servant que pour recevoir le pus, ne peut pas contaminer les parois de l'abcès froid.

Ainsi se trouve supprimé tout danger d'inoculation et nous pouvons garder ce petit appareil qui se recommande par la sûreté et la solidité de son fonctionnement : avantages précieux pour qui doit comme nous s'en servir tous les jours.

Les injections sont faites avec divers liquides modificateurs qui tous peuvent revendiquer de nombreux succès; actuellement on n'emploie guère plus (pie l'iodoforme (dans la glycérine ou l'éther), ou le naphtol camphré. A rencontre de Kirmisson qui préconise le premier de ces agents, nous préférons le deuxième dont M. Périer a vulgarisé l'usage.

Le naphtol camphré nous a donné des résultats manifestement supérieurs à ceux de la glycérine iodoformée; cependant, nous conservons celle-ci pour certains enfants qui tolèrent mal le naphtol camphré.

Car il faut savoir que certains organismes ne

s'accommodent pas de ce liquide. Nous avons eu plusieurs accidents d'intoxication à la suite des injections de naphtol camphré; ces accidents n'ont pas eu, fort heureusement, de conséquence grave, parce que nous avons pu, par une intervention immédiate, consistant dans l'ouverture large de la poche de l'abcès et dans le lavage de la paroi fait pour enlever les traces du liquide, conjurer des accidents plus sérieux.

Mais un cas de mort, survenu à la suite d'une injection de naphtol, entre les mains d'un autre chirurgien, montre combien il est nécessaire d'explorer la tolérance de l'enfant vis-à-vis du naphtol camphré, avant de lui injecter des doses considérables de ce liquide.

Je poserai comme règle générale qu'il est permis d'injecter autant de grammes de naphtol camphré que le sujet compte d'années, et cela jusqu'à vingt ans. Mais il sera plus sage de commencer par injecter de ce liquide une dose moitié moindre et de n'arriver que progressivement à la dose que nous venons d'indiquer.

Je sais bien que certains chirurgiens1 déclarent qu'ils ont pu injecter, sans accident, jusqu'à 40, 50, 60, 100 grammes de naphtol camphré à des adultes, mais leur conduite est imprudente et j'aimerais mieux, en tout cas,

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