‹ Le Traitement de la Fièvre de MalteChapitre 8 sur 15 · SON · texte numérisé non relu

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Le problème de la thérapeutique spécifique des Brucelloses n'est donc pas encore résolu avec l’auréomycine, qui ne réalise pas la stérilisation de l'organisme humain.

En effet, si d'une.part, l’auréomycine a une action déterminante sur les germes en circulation, ce qui se traduit par une guérison rapide de la septicémie, si d'autre part, elle pénètre dans les organes très vascularisés, d'où son action sur les déterminations viscérales telles que le foie, la rate, les poumons, elle ne pénètre par contre que difficilement dans les tissus Iymphoïdes ou myéloïdes qui constituent ainsi autant de gîtes microbiens, futurs générateurs de rechutes.

Ainsi donc, tout comme l'association streptomycine-sulfadiazine, mais à un degré supérieur, l'efficacité de l'auréomycine est limitée et ne s'exerce avec constance que sur les manifestations septicémiques des Brucelloses.

6) Laæ Chloromycétine

D'action sensiblement identique à celle de l’auréomycine, la chloromycétine n'en a pas les inconvénients, ce qui amènerait certains auteurs à préférer son utilisation à celle de l’auréomycine.

Il n'en demeure pas moins que des rechutes surviennent aussi nombreuses qu'avec l'auréomycine.

7) La Terramycine

Dernière née dans la gamme des abiotiques, la Terramycine (Herrel, Heilmann, Wellman, Bartholomew, Cullough, Magill et Smith) peut être entièrement assimilée à l'auréomyciné et à la chloromycétine quant à son action antimélitococcique.

Cullough et ses collaborateurs après avoir traité 11 Brucelloses par l'auréomycine et 12 par la chloromycétine obtiennent des résultats sensiblement identiques chez 16 malades traités par la terramycine.

Chloromycétine et terramycine sont utilisées aux mêmes doses que l'auréomycine, c'est-à-dire, 2 ou 3 grammes par jour pendant 15 jours en moyenne.

Il semble que la très faible toxicité de la terramycine permette l'emploi de doses plus élevées.

8) Les Associations médicrmenteuses récentes

Nous venons de voir que si l'emploi des derniers antibiotiques marquaient un net progrès dans la thérapeutique de la Fièvre de Malte, en ce sens que l'on pouvait attendre d'eux une rémission rapide et constante de la symtomatologie tant clinique que biologique, il n'en demeurait pas moins que les résultats définitifs restaient partiels et incomplets. C'est pourquoi les bons résultats obtenus par l'association streptomycine-sulfadiazine dont les effets thérapeutiques étaient nettement supérieurs à l'action de chaque

médication utilisée séparément devait naturellement inciter les thérapeutes à tenter l'emploi de nouvelles associations synergiques médicamenteuses devant les échecs relatifs et répétés des différents antibiotiques employés isolément.

a) Les associations d’Antibiotiques

C'est Heïlman qui, le premier, étudia, dans son laboratoire de la clinique Mayo, les effets des différents antibiotiques et agents chimiothérapiques utilisés seuls et en combinaison dans le traitement des infections brucelliennes expérimentales de la souris.

Cet auteur put alors constater que ni l’auréomycine, ni la chloromycétine employées isolément ne diminuaient dans une forte proportion le nombre de Brucella dans la rate des animaux infectés, mais que par contre, en utilisant l'association auréomycinedihydrostreptomycine on obtenait une diminution très fortement marquée. Et Heilmann ajoutait que si l'infection n'était pas completement stérilisée, cette combinaison n'en demeurait pas moins la plus active dans le traitement de l'infection expérimentale, L'addition des sulfamides ne donnait pas de meilleurs résultats.

Transposant ces expérimentations en clinique humaine, Herrel et Barber traitèrent à partir de 1949 par l'association auréomycine dihydrostreptomycine 35 cas de Brucellose dont 25 cas à hémoculture positive et 10 cas à hémoculture négative, mais à séro-diagnostic fortement positif.

Parmi les Brucelloses à hémoculture positive :

— 10 étaient dues à Biucella Abortus ;

— 7 étaient dues à Brucella Mélitensis ; — 7 étaient dues à Brucella Suis ;

— 1 était due à des Brucella non identifiés.

Tous ces malades furent observés pendant une période allant de 8 à 19 mois, et une seule rechute fut enregistrée sur l'ensemble de ces 35 cas.

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En plus des résultats immédiats obtenus avec l'emploi isolé de l'’auréomycine, Herrel et Barber obtiennent une diminution rapide de l'hépatosplénomégalié et notent que cette nouvelle thérapeutique semble agir avec succès sur les déterminations osseuses, urinaires et cardiaques. Les doses employées furent les suivantes :

— Auréomycine per os : 0,750 gr. toutes les 6 heures.

— Streptomycine en injections intra-musculaires : 2 gr. en deux injections par jour.

La durée du traitement était de 12 à 14 jours.

Lorsque le malade est porteur de lésions localisées avec culture positive, Herrel et Barber recommandent de prolonger le traitement pendant 28 jours en conservant la même dose d'auréomycine mais en n'injectant qu'un gramme par jour de streptomycine en deux fois : 0,50 le matin, 0,50 le soir.

Les accidents thérapeutiques sont nuls avec ces doses ; les résultats sont ceux que nous avons signalés plus haut : une rechute

symptomatique sur 35 cas traités. Bien que l'adjonction des sulfami-

des soit jugée inutile, sinon-dangereuse par Herrel et Barber, Eisele et Mac Cullough dans le but de potentialiser les effets de la streptomycine utilisent l'association auréomycine-streptomycinesulfadiazine. Ils publient ainsi des résultats portant sur 7 cas traités et qui, après une période allant de 2 à 12 mois, n'ont pas présenté de rechutes. Ces auteurs n'emploient que 2 grammes de chaque antibiotique et 6 grammes de sulfadiazine par jour et maintiennent

le traitement par les sulfamides quelque temps après les antibioti-

ques.

Ces excellents résultats, Janbon et Bernard les obtiennent également en traitant 4 cas de Brucellose par l'association auréomycine-streptomycine et 1 cas par l'association chloromycétine-strep tomycine sans obtenir de rechutes.

b) Vaccinothérapie intra-veineuse associée à mycothérapie

C'est surtout en France, par Janbon et Bertrand que cette association fut employée et cela pour les raisons suivantes :

« D'une part, l'antigénothérapie et notamment la vaccinothérapie intra veineuse représente une thérapeutique inégalée par son effet sédatif souvent spectaculaire sur les déterminations ostéoarticulaires douloureuses. D'autre part, sur le plan théorique, son action peut s'exercer en remaniant les lésions locales et en augmentant peut-être leur perméabilité à l'antibiotique ainsi qu'en stimulant les processus immunitaires » (Janbon et Bertrand).

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