‹ Le Traitement de la Fièvre de MalteChapitre 7 sur 15 · CE · texte numérisé non relu

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Et c'est à partir de ces foyeis inaccessibles à la thérapeutique que se déversera dans le torrent circulatoire de l'organisme la décharge microbienne constituant la rechute.

Le laboratoire confirme d’ailleurs cela : lorsque l'on expérimente sur le cobaye la septicémie paraît stoppée par la médicatien; les organes de l'animal sacrifié n'en donnent pas moins une culture de Brucella. >

I y a donc effectivement blanchiment et non stérilisation. Résultats donc pratiquement incomplets de la médication et rechutes à prévoir lorsque font partie du tableau clinique primitif des localisations microbiennes. Tels sont les deux faits que l'on doit retenir à l'issue de ces essais thérapeutiques. Mais si on peut prévoir les rechutes, celles-ci ne surviendront pas inexorablement, car par le jeu normal de la défense organique, les Brucella logés dans les mailles de système réticulo-histiocytaire peuvent y demeurer à jamais enfouis, tout comme le bacille de Koch dans les calcifica- * tions pulmonaires. Quoiqu'il en soit, avec cette nouvelle thérapeutique antimélitococcique, on se trouvait pour la première fois en possession d'un moyen d'action constant sur l'infection Brucellienne, par opposition à la vaccinothérapie intra-veineuse qui, bien que douée d'un pouvoir curatif parfois supérieur, garde ses résultats liés à l'allergie du malade et reste malgré tout imprévisible, quant à son succès définitif. |

Cette méthode bien qu'encourageante par ses résultats immédiats n'en demeurait pas moins incomplète. C'est alors qu'apparut l'auréomycine.

5) L'Auréomycine

Lorsqu'à la suite des travaux de Duggar sur les souches de Streptomyces Auréofaciens, l'auréomycine prit place dans l'arsena! thérapeutique, on vit naître de grands espoirs en ce qui concerne le traitement des Brucelloses, vu l'efficacité remarquable de cet antibiotique dans d’autres domaines.

D'une manière générale, les premiers tests de l'activité de l'auréomycine montrèrent que :

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— À l'absorption de 1 gramme d'auréomycine toutes les six heures, correspond un taux de 2 milligrammes d'auréomycine par centimètre cube de plasma.

— Après une dose de 0,50 gramme à 0,75 gramme, l'auréomycine apparaît vite dans les urines, son excrétion passant par un maximum 6 à 8 heures après l'ingestion et durant 2 ou 3 jours.

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— L'auréomycine n'est en général pas retrouvée dans le L.

CESR:

— Les Brucella sont sensibles à l'auréomycine à la concentration de 0,75 milligrammes par cc.

— L'action de l'auréomycine est plus bactériostatique que bactéricide.

Après que Shaffer eut montré que l'auréomycine était active expérimentalement sur les souches de Brucella, Yow et Margoffin constatèrent à leur tour que, in vitro, cet antibiotique était moins actif, à doses égales, que la streptomycine et quil en était de même sur l'embryon de poulet infecté par les Brucella. Heïlman en mars 1949 mettait en évidence que l’auréomycine ne diminuaïit pas d'une manière importante le nombre de Brucella dans les rates des souris infectées et que l'infection était de ce fait loin d'être stérilisée.

On pouvait alors se demander si l'auréomycine, par ailleurs beaucoup plus active que la streptomycine n'allait pas nous conduire vers les mêmes résultats partiels.

Il appartint aux cliniciens de montrer tout ce que l'on pouvait attendre de-l'auréomycine en matière de Brucellose et seulement ce que l'on pouvait en attendre.

C'est à Spink et ses collaborateurs, Braude, Castaneda et Sylva Goytia que revient le mérite d'avoir pour la première fois employé l'auréomycine dans les Brucelloses. Leur première publication qui date de 1948 (décembre) réunissait 24 cas de Brucellose à Brucella Mélitensis, traîtés à Mexico. Ces. auteurs avaient auparavant traité 65 cas par l'association streptomycine-sulfadiazine.

Les résultats avec l'auréomycine se montrèrent supérieurs à tous ceux publiés jusqu'à cette date.

Is traitèrent leurs 16 premiers cas par l'association auréomycine-sulfadiazine selon la posologie suivante :

— 0,50 d'auréomycine toutes les 6 heures.

— 1 à 3 grammes de sulfadiazine par jour. La durée du traitement était de 9 à 13 jours.

Les auteurs traitèrent leurs autres malades par l'auréomycine seule et s'aperçurent alors que les bénéfices retirés par l'adjonction de la sulfadiazine au traitement étaient nuls. La posologie de l'antibiotique fut la même (2 grammes par jour) mais les doses initiales furent réduites les trois premiers jours à cause des incidents thérapeutiques.

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ones

Comme effets immédiats, Spink et ses collaborateurs notaient alors :

Une apyrexie en deux ou trois jours ; — Une prompte amélioration de l'état général ; — Une négative de l’hémoculture.

Ces résultats étaient obtenus également lorsque les malades étaient traités sur pied, donc n'observant pas le repos au lit, lequel paraît influencer favorablement le cours des Brucelloses,

Ces résultats, Spink les retrouvait presque constamment chez tous ses malades.

Comme accidents de la thérapeutique, Spink et ses collaborateurs notaient que dans 50 % des cas, 8 à 12 heures après le début du traitement, on observait une réaction type Herxheimer : léger choc avec augmentation de la température, diminution de la T. À., accélération du pouls. C'est pour cela que Spink recommandait-alors de commencer le traitement par de faibles doses d'auréomycine (0,10 le premier jour, 0,60 le deuxième, 1,60 le troisième et enfin 2 grammes le quatrième).

Des incidents gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements, diarrhées étaient également notés. L'observation de ces malades n'ayant pas un recul suffisant, Spink et ses collaborateurs s'abstenaient alors de toute conclusion sur l'efficacité définitive de leur thérapeutique, maïs pensaient que la posologie était insuffisante pour prévenir les rechutes, Continuant leurs expérimentations cliniques, les mêmes auteurs publiaient ensuite 16 cas de Brucellose à Brucella Abortus tous traités par l’auréomycine à la dose de 2 grammes par jour pendant 18 jours. Confirmant les bons résultats obtenus dans les Brucelloses à Brucella Melitensis, ils mentionnaient notamment la guérison totale d'un cas comportant dans son tableau clinique un ictère et de deux cas d’arthrite infectieuse de la hanche avec présence de Brucella Abortus dans le liquide de ponction de l'articulation. Ils concluaient qu'un bénéfice immédiat et durable avait été tiré du traitement par l'auréomycine tant pour ces 16 malades que pour les 24 traités à Mexico et que lors du traitement on n'avait pas avantage à dépasser la dose de 2 grammes par jour. Enfin sur ces 40 cas de Brucellose, Spink notait seulement 6 rechutes (dont 3 à Brucella Melitensis et 3 à Brucella

Abortus).

Par la suite, de nombreux auteurs employèrent l'auréomycine dans les Brucelloses. On peut citer notamment : Conti et Cassano qui, traitant 24 cas de Brucellose à Brucella Mélitensis, constatent la même action rapide de l’auréomycine sur la température, l'état

général et l'hémoculture. Ils observent 5 rechutes après 6 mois d'observation. Cette action immédiate de l'auréomycine fut également confirmée par Bryer, Schœnbach, Wood et Long, De Bono, Pala, Tice, Lindeck, Harris, Ralston et Payne, Cullough, Magill et Smith. Knight notait que l'auréomycine n'avait aucune action sur l'ostéo- -arthrite du genou.

En France, c'est Janbon et Bertrand qui présentent la plus importante statistique et c'est à eux que nous devons nous rapporter. Ils publient 50 observations de Brucellose dont 36 furent traitées par 4 grammes d'auréomycine pendant 30 jours et 10 par 4 gr. pendant 7 à 21 jours.

Confirmant les excellents résultats immédiats obtenus avec l'auréomycine sur la courbe thermique, l'état général, certaines localisations viscérales (foie, rate, ganglions), ils notent que l'action de l’antibiotique sur les déterminations ostéo-articulaires fixes est beaucoup moins évidente, De plus, les résultats différés sont beaucoup moins favorables que les résultats immédiats.

Ils obtiennent néanmoins un pourcentage de guérisons stable s'élevant à 86 % et concluent en mettant en évidence la discordance qui existe entre les résultats immédiats, remarquables par leur

rapidité, leur pureté et leur constance et la possibilité d'échecs ul-

térieurs. Ils recommandent de compléter le traitement par une stimulation de l'immunité à l'aide d'une thérapeutique vaccinante. Ils notent également qu'une posologie élevée n'est pas nécessaire pour l'obtention d'un succès définitif.

Maïs quelles étaient les réactions de l'organisme humain à cette thérapeutique. ? ?

Harold J. Harris, après avoir traité 135 cas de Brucellose chronique par l'auréomycine à la dose de 25 grammes en 10 jours, fait un tableau des principaux accidents dus à l'auréomycine et que nous résumons ci-dessous ; il décrit en effet :

1) Une réaction type Herxheimer dès le début du traitement.

2) Des troubles gastro-intestinaux : nausées, vomissements, anorexie, douleur épigastrique, brûlures et diarrhées.

3) Des manifestations cutanéo-muqueuses : phryngoglossite avec éruption vésiculo-papuleuse ; lésions vaginales, vulvaires, anales (eczéma suintant anoscrotal ou vulvaire).

4) Des perturbations hématologiques : éosinophilie, diminution modérée des hématies et des polynucléaires. Rarement ont été observés des syndromes hémorragiques. Ces troubles, et particulièrement les troubles cutanéo-muqueux seraient dus à une défi:

cience des composants du groupe des vitamines B (Riboflavine surtout) ayant pour cause la destruction de la flore intestinale nécessaire à leur synthèse et à leur utilisation.

De plus, Harris ayant isolé, de l'exsudät vaginal de 7 malades atteints de troubles vagino-vulvaires, Candida Albicans, il semblerait selon’ cet auteur que Candida Albicans, hôte normal de l'intestin, puisse augmenter sa virulence et son développement du fait de la destruction de la flore bactérienne intestinale par l’auréomycine pour envahir ensuite les tissus dont la résistance est diminuée par la déficience des vitamines du complexe B due Également à la destruction de la flore intestinale.

Donc, pour prévenir ces troubles, il est nécessaire de donner aux malades en traitement par l'auréomycine les vitamines du com- ‘ plexe B et cela non pas par os, mais par la voie parentérale.

Tous ces accidents sont confirmés par les différents auteurs tant étrangers que français qui utilisèrent l'auréomycine dans le traitement des Brucelloses. É

Que nous faut-il donc conclure de cette utilisation thérapeutique dans le traitement des Brucelloses ?

Plusieurs points sont à préciser :

1) La posologie. Les doses quotidiennes et totales employées ont ét* variables. En général, il semble d'après les observations publiézs qu'une dose quotidienne de 2 grammes par jour pendant environ 15 jours, soit à la fois nécessaire et suffisante et qu’une posologie beaucoup plus élevée ne donne pas des résultats définitifs supérieurs. ’

2) Les accidents thérapeutiques : réaction d'Herxheimer, phénomènes gastro-intertinaux et cutanéo-muqueux ne semblent pas être d'une telle gravité que l'on soit dans l'obligation d'interrompre la cure d'auréomycine. De plus, l'adjonction de vitamines du complexe B atténue ces troubles dans une grosse part.

3) Les résultats : les résultats immédiats sont remarquables par leur constance et leur rapidité, mais les succès définitifs le sont moins. Si Janbon et Bertrand, ainsi que Spink estiment à 70 % environ le pourcentage de guérison définitive, Collough, Magill et Smith observent 8 rechutes cliniques ou bactériennes sur 12 cas traités. Et il est probable que l'observation prolongée des malades auréomycinés donne des résultats définitifs plus proches de ces derniers chiffres que ceux de Spink et de Janbon et Bertrand.

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