‹ Le Traitement de la Fièvre TyphoïdeChapitre 8 sur 12 · BEN: ИИ · texte numérisé non relu

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mot, d'une façon bénigne, ce qui est d’ailleurs un très beau résultat, mais n'en poursuivra pas moins son cours et les rechutes пе seront pas évitées. Dans des cas légers, et lorsque le traitement sera institué dès le début, peut-être pourra-t’on voir la température diminuer progressivement et la convalescence s'établir au bout de quelques jours comme on peut le constater pour les observations II, VIII et IX de М. de Willebrand (voir tableau-résumé). | |

Des doses d'iode plus élevées donnent des résultats bien supérieurs. Bidault qui prescrivait par jour 0 gr. 05 d'iode par la bouche et 2 lavements 10065 A О gr. 5 chacun, plus l’iodure de potassium qui entrait dans la solution et dont il faut tenir compte, a vu sept malades

ainsi traités guérir rapidement et presque méthodique-

ment. Aucune complication ne s’est produite, aucune rechute n'est survenue : il a, en particulier, observé dans un cas extrêmement grave, que la température baissait régulièrement après chaque lavement 1006, de de 5 à 7/10 de degré.

Le docteur Boudreau, de Bordeaux, partisan égale ment de hautes doses d’iode, attribue la rareté des affections eberthiennes confirmées qu'il a soignées à ce que toute pyrexie commençante était énergiquement traitée par son désinfectant habituel et était ainsi arrêtée dans son évolution. :

L’iodure de potassium semble, d’après Jelenski, пе раз s'ótre montré inférieur à Piode métalloidique ; il

suffit de jeter un coup d'œil sur le tableau résumé des observations de ce praticien pour se rendre compte que la température a baissé dès que le médicament a été prescrit ; la défervescence s’est amorcée el quelle qu'ait été la période de l'infection à laquelle le traitement а élé ; institué, les malades sont presque toujours entrés en

convalescence au bout de huit jours. La dose d'iodure ordonnée était pourtant assez minime : environ 2 grammes pro die; mais il faut dire que la teneur en iode de се sel est très élevée : 75 "/,. 2 grammes d'iodure de potassium renferment done 1 gr. 50 d'iode, à peu près autant que 900 gouttes de teinture d'iode (60 gouttes de teinture d’iode pèsent 1 gramme). Lorsque l’on administre 8 grammes d’iodure de potassium, la quantité | d’iode absorbée équivaut à celle contenue dans 3.600 gouttes de teinture 01006. Si l’on songe que 1100116 de potassium est éliminé sous forme d’iodure de sodium, que par conséquent il a été décomposé dans l'organisme et que l’iode a été mis en liberté, on ne voit pas pourquoi 11006 absorbé sous forme 01001116 de potassium ne serait pas aussi actif que liode absorbé sous forme de teinture d'iode. On s'explique ainsi aisément que certains malades tuberculeux soignés par le docteur Boudreau aient pu prendre sans le moindre inconvé. nient- pendant plusieurs mois, mille à quinze cents gouttes de teinture d’iode par jour.

Il nous reste encore à parler des injections sous” cutanées de solutions iodo-iodurées. Cette méthode а donné dans Jes mains de Laffitte, de Santiago, des résultats remarquables. Il est vrai que ce médecin administrait par la bouche, pendant toute la durée de la maladie, 25 gouttes de teinture d’iode par jour, et се traitement a certainement préparé les guérisons très rapides qui ont été obtenues, Il serait donc bon d’avoir de nouvelles observations pour apprécier à leur juste : valeur les injections sous-cutanées de solutions іодоiodurées, |

| Action de ГІоде

Depuis déjà longtemps on sait que la formule hématologique dans la fièvre typhoide diffère sensiblement de celle observée dans la plupart des maladies infectieuses. Les globules rouges ne subissent pas de diminution appréciable mais durant le premier septénaire et durant toute la période d’état existe toujours une hypoleucocylose accentuée Toutes les cellules blanches mais surtout les.mononucléaires prennent part a cette leucopénie. Au moment de la défervescence s’installe une hyperleucocylose plus ou moins marquée qui dure en général cing й six jours; le nombre des globules blancs redevient alors normál. Aronheim et surtout Picchi et Pieraccini ont fait des recherches précises sur la question. Chez 18 malades examinés par ces auteurs le nombre minimum de globules blancs pour chaque cas a été trouvé :

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.Azzurrini, en 1904, а étudié de plus pres, par des expériences sur des chiens, les modifications de la formule hématologique sous l'influence de la toxine typhique. Injectée sous la peau cette toxine produit une diminution considérable de la quantité totale des globules blancs à laquelle succède, vers la quatrième heure après l'injection, dans les cas non mortels, une hyperleucocytose qui dure en général cing à six heures. Comme on peut le voir sur le tableau que nous reproduisons à la page 22, la diminution des globules blancs porte principalement sur les mononucléaires.

Azzurrini à également étudié par quel mécanisme la toxine typhique détermine l’hypoleucocytose; d’après ses recherches, la leucopénie ne résulte pas, au moins chez le chien, de la destruction des globules blancs circulant dans les vaisséaux mais d’une action destructive de la toxine typhique sur les leucocytes poly et mononucléaires, s’accomplissant. dans les organes leucopoiétiques et d'une action paralysante exercé sur ces organes, empêchant ou du moins génant considérablement la formation des leucocytes. |

Si les actions nocives sur les organes leucopoiétiques sont déjà sérieuses dans les expériences d’Azzurrini lorsque la toxine est injectée sous la peau, à plus forte raison seront-elles accentuées dans l'infection typhique humaine ; еп effet, le bacille d’Eberth venu des plaques de Peyer et déversé dans le sang par le canal thoracique ne tarde pas à se localiser dans la rate et la mœælle osseuse qui deviennent ainsi les véritables foyers d'élaboration de la toxine typhique.

En somme, par la prédilection du bacille d'Eberth pour les organes lymphoïdes, par l’action élective de sa toxine sur ces organes on peut considérer l'infection eberthienne comme une maladie spécifique du tissu

lymphoide dont elle annihile ou du moins réduit notablement les fonctions défensives.

Quelle est maintenant l’action de liode?; et d’abord quelle est son action sur le sang ?; Lortat- йс a fait à ce sujet des expériences très précises sur le cobaye; l'injection sous cutanée d’une préparation iodée ou iodurée produit rapidement une hyperleucocytose intéressant surtout les mononucléaires, hyperleucocytose dont | on peut apprécier l'importance et la qualité par la lecture du tableau de Ја page 25, tiré de la thèse de Lortat- Jacob. Cet afflux leucocytaire reconnait pour cause une suractivité intense du tissu lymphoïde constatée par des examens histologiques nombreux, dans tous les cas où. des animaux furent soumis à l'influence de Piode.

Les réactions déterminées par les préparations iodées et par les préparations iodurées sont légèrement différentes; les iodures sont un peu plus congestionnants, amènent une surproduction d'éosinophiles mais quelle que soit la préparation employée, et c'est le fait capital, il y a toujours exagération de l'activité du tissu lymphoïde et augmentation dés globules blancs avec prédominance des mononucléaires.

Hypoleucocytose atteignant surtout les mononucléaires par hypoactivité du tissu Iymphoide, telle est l'action essentielle de la toxine typhique ; Hyperleucocytose avec mononucléose par hyper-activité du tissu lymphoide, telle est l’action de Глоае.

Се médicament neutralise donc le pouvoir inhibitif de la toxine typhique sur les organes de défense de lorganisme; il remet cet organisme en possession de ses moyens de lutte; il lui permet de se débarrasser rapidement du bacille d’Eberth ; il peut lui permettre А doses suffisantes d'arrêter l'infection.

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L'évolution d'une fièvre typhoide, en effet, est conditionnée par Paction inhibitrice dont nous avons parlé gráce а laquelle le bacille d’Eberth peut se développer а Paise et continuer à excréter les toxines qui produiront les différents désordres constatés dans la maladie. Abandonné à lui-même, l'organisme, dans les cas non

mortels réagira à la longue; le bacille d'Eberth sera '

finalement vaincu mais la lutte sera parfois très pénible.

Au rôle essentiel que nous avons indiqué, 11006 joint encore probablement, par sa tendance à se localiser dans les ganglions et la rate où pullulent les bacilles, une action bactéricide qui n’est pas à dedaigner.

D'autres avantages qui, bien que secondaires, n’en sont pas moins appréciables, sont attachés à la médica. tion iodée. Dans une maladie où les glandes surrénales sont presque constamment atteintes et à l'insuffisance plus ou moins marquée desquelles on attribue l’état de

PCT ASA

stupeur plus ou moins prononcé que Гоп observe et -

même l’asthénie profonde qui caractérise la forme adynamique, il est intéressant de noter que Гіоде, excitant

de toutes les sécrétions glandulaires, peut avoir à ce

titre une influence des plus favorables.

Par le rôle qu'il joue dans la fièvre typhoide et que nous venons de mettre en lumière, on comprend facilement, désormais, que Гіоде ait pu donner Já des résultats remarquables ; on comprend que plusieurs

médecins laient considéré comme un agent véritable-

ment spécifique de cette maladie.

Ое Plodisme

En présence d'un médicament dont on a dit beaucoup de mal et que Гоп a accusé de produire des accidents variés décrits sous le nom d'iodisme, il n'est pas inutile d’aborder la question de savoir si aucune action nocive ne résultera de son usage prolongé et particulièrement de l’emploi des hautes doses que nous avons préco- 113608.

Disons d'abord que tous les médecins qui ont expérimenté la médication iodée sont tombés d’accord pour reconnaître que l’iode, sous quelque forme que-ce soit, avait été toujours parfaitement bien supporté ; peut-être faut-il voir la raison de cette tolérance parfaile vis-à-vis du médicament dans le rôle joué par Viode dans un organisme en état d'infection typhique.

A Vétat de santé, 11006 absorbé par la voie digestive ou introduit sous la peau est, dans un temps très court, à peu près complètement éliminé par un organisme qui a intérêt à se débarrasser le plus rapidement possible d'un corps qui, à cette dose, ne lui est d'aucune utilité et пе peut que le gêner. Cette élimination se fail par les muqueuses, par la peau, ce qui explique le calarrhe oculo-nasal et les éruptions iodiques, mais elle se fait

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