‹ Le Traitement de la Maladie de Basedow par la Tétra-Méthyl-Thio-uréeChapitre 19 sur 22 · DIRECTIVES THERAPEUTIQUES ET RESULTATS CLINIQUES · texte numérisé non relu

DIRECTIVES THERAPEUTIQUES ET RESULTATS CLINIQUES

La conduite du traitement de la maladie de Basedow par les antithyroïdiens de synthèse est actuellement bien réglée. Dans un premier temps, un traitement d'attaque doit être poursuivi Jusqu'à disparition complète des signes cliniques de l’hyperthyroïdie et retour du taux de métabolisme basal à une valeur normale; sa durée est variable avec le degré de gravité de l’affection et avec la dose et la nature du produit employé : elle atteint en moyenne quatre à six semaines. On doit ensuite entreprendre, suivant des modalités différentes avec chaque cas, un traitement d'entretien qui, à l’aide de doses plus faibles, vise à maintenir l'équilibre hormonal de la sécrétion thyroïdienne, prolongeant ainsi de façon durable l'amélioration ressentie par les malades et constatée à la fois cliniquement et biologiquement par le thérapeute.

En pratique, bien que des rémissions prolongées aient été constatées, il semble bien qu'il y a intérêt à réaliser assez rapidement ce passage de l’une à l’autre posologie. L'interruption de la médication entraîne généralement une récidive plus ou moins rapide, que la reprise du traitement permet de juguler. Il faut que les malades aient été maintenus à la normale pendant quelques mois pour que le blocage thyroïdien puisse être levé sans crainte de rechute. La chronicité des byperthyroïdies résulte en effet d’un dérèglement de la stimulation antéhypophysaire. Il est nécessaire de maintenir de facon prolongée l'imprégnation thyroïdienne à son niveau habituel pour entraîner une guérison durable par réadaptation de l’hypophyse aux conditions nouvelles.

Si des règles fixes et schématiques peuvent être énoncées pour réduire complètement l'hyperthyroïdie, la variété des cas cliniques et le devenir difficilement prévisible des troubles endocriniens imposent au traitement de fond un rythme et des doses qui ne se laissent pas enfermer dans des Îormules établies à l'avance. Cependant, on peut dire qu'en employant des doses réduites de moitié par rapport à celles utilisées pendant la première période et en les administrant vingt jours par mois, on se place dans les meilleures conditions pour s'assurer toutes les chances de succès.

Les résultats que nous apportons de l’utilisation de la tétraméthyl-thio-urée dans l’hyperthyroïdie ne concernent que Île traitement d'attaque. Cette phase de la médication paraît d’ailleurs être la plus intéressante à considérer pour se faire une idée de son efficacité.

La tétra-méthyl-thio-urée s'utilise par voie buccale, sous forme de comprimés dragéifiés contenant 50 milligrammes de produit. Se détruisant assez rapidement, il y a intérêt à en répartir les doses en plusieurs prises quotidiennes pour réaliser une imprégnation de l’organisme plus étalée. On peut atteindre dès le premier Jour du traitement la dose maxina que l’on veut donner : celle-ci semble être suffisante quand elle se fixe autour de %5 centigrammes. Dé tous les dérivés inhibiteurs de la synthèse thyroxinienne actuellement employés, c'est la tétra-méthyl-lhio-urée qui possède les doses actives les plus faibles.

L'activité thérapeutique de ce corps ressort très nettement des opinions émises par les auteurs étrangers et des observations que nous publions. Afin de pouvoir porter des conclusions nettes, nous allons successivement passer en revue ses modalités d'action sur les différents symptômes de la série basedowienne, puis envisager les associations médicamenteuses qu'on peut lui adjoindre, et, enfin, examiner la queslion de sa tolérance et de sa toxicité.

Tous les signes de la maladie de Basedow ne sont pas

Son.

influencés de façon identique par les antithyroïdiens de synthèse; la tétra-méthyl-{hio-urée n'échappe pas à cette règle. Son pouvoir thyréo-inhibiteur lui donne la possibilité de neutraliser rapidement les effets de l'hyperthyroxinémie, c'est-à-dire surtout l’exagération des combustions organiques, caractérisée par l'élévalion du métabolisme basal, l’amaigrissement et l'excitation psycho-motrice. Quant aux dérèglements endocriniens plus complexes qui traduisent des modifications moins réversibles, d’origine infundibulo-pituitaire et neuro-végétative, tels que le goitre, l'exophtalmie, la tachycardie, le tremblement, leur correction, sans être négligeable, demande plus de patience et d'application.

D'une manière générale, l'effet thérapeutique de la tétraméthyl-thio-urée est pour ainsi dire immédiat. On ne constate pas l'existence d’une période de latence, même en cas de traitement iodé antérieur. C’est dans les premiers huit jours du traitement que les malades commencent à ressentir une indéfinissable sensation de bien-être, qui contraste avec leur inquiétude et leur anxiété préalables. Leur fatigue, leur agitation, leur vivacité, s’atténuent très rapidement et ont le plus souvent disparu au bout de la deuxième ou de la troisième semaine.

Cette amélioration serait difficilement évaluable et comparable si nous n'avions dans la mesure du métabolisme de base le reflet même du trouble endocrinien, ainsi que Île meilleur test biologique de lhyperthyroïdie et de son évolution. La valeur de l'abaissement du métabolisme basal permet de juger l'efficacité de la thérapeutique.

L'étude des courbes de variation du taux de métabolisme basal, aussi bien celles établies par Williams que celles qui objectivent nos propres constatations, montre les principales caractéristiques de l’activité de la tétra-méthyl-thio-urée. Cette action est précoce, intense, régulière et constante.

Tout d'abord, il faut préciser que la chute du métabolisme basal dépend de la quantité de produit administré :

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