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il v a un seuil d'action, une dose minima au-dessous de laquelle on n’enregistre pas d'amélioration notable : cette dose se situe à 0 g. 10 ou 0 g. 15. D'autre part, nous ne voyons pas d'intérêt à atteindre les fortes doses de 0 g. 60 et 0 g. 80 préconisées par les Américains. C'est avec quatre où cinq dracées de 0 g. 05 par jour que nous obtenons les résultats les plus satisfaisants.
Nous l'avons déjà vu, la baisse du métabolisme basal est rapide, et cela d'autant plus que l’hyperthyroïdie est plus accusée. On la constate à la fin de la première semaine de
traitement, où elle atteint fréquemment 20 %, puis à la deuxième, où elle chiffre 35 à 40 %,. La chute en ligne droite se poursuit jusqu à une valeur de + 10 % environ. La diminution quotidienne du taux de métabolisme basal oscille donc autour de 2 % pendant la durée du traitèment d'’attaque. Cette valeur est nettement supérieure à celle qui mesure de la même facon le degré d'activité d'autres antithyroïdiens de synthèse, puisque, selon Bartels, avec le thio-uracile, il faut en moyenne un jour de iraitement pour 1% d'élévation du métabolisme.
La régularité dans la baisse du métabolisme basal possède une certaine importance, puisque, connaissant sa valeur iniliale, on peut en déduire la durée du traitement nécessaire pour réduire suffisamment lhyperthyroïdie, sans avoir à pratiquer de trop fréquentes mesures.
Lorsque le métabolisme basal est parvenu à une valeur qui peut être considérée comme normale, on éprouve une grande résistance à le négativer, malgré l'emploi de doses plus fortes. On n'arrive plus à le faire tomber aussi vite que lorsqu'il élait fortement élevé, et, dans la pratique, l'obtention d’un état d'hypothyroïdie, tant du point de vue métabolique que clinique, s'avère exceptionnelle. De toute facon, même dans ce cas, l'arrêt du traitement entraînerait rapidement la régression des signes de myxœdème.
La mesure de liodémie serait une épreuve plus sensible de l’activité thyroïdienne; dans les cas où elle a été effectuée
en cours de traitement, la quantité d'iode sérique était redevenue normale avant la disparition complète des signes cliniques. De même, l’hypocholestérolémie, qui accompagne souvent, mais non de façon constante, le goitre exophtalmique, est rapidement corrigée par la médication antithyroïidienne. Si la cholestérolémie se montre normale ou exagérée, elle se trouve toujours encore augmentée en fin de traitement.
De tous les autres signes de l'hyperthyroïdie, c'est l’amaigrissement qui est le plus heureusement influencé : le gain de poids se produit d'autant plus facilement que le malade est plus jeune; on commence à le constater dès le quinzième jour; il atteint souvent 2 à 3 kilos en un mois. Il faut l’attribuer non seulement au repos, mais aussi à la reprise de l'appétit et à l’accalmie motrice.
Le tremblement vibratoire continuel qui agite les extrémités demande plus longtemps pour s’atténuer tout à fait, mais dans la majorité des cas il arrive à disparaître complètement un peu avant la fin du traitement d'attaque.
Si l’on enregistre tous les matins la fréquence du pouls, on voit qu'elle tend progressivement à baisser, bien qu'elle puisse encore marquer des oscillations assez importantes. Ainsi, de 120 avant tout traitement, elle se fixe à 80-90 après un mois. Nous ne l'avons jamais vu retrouver une fréquence inférieure à 70 pulsations à la minute.
L'intumescence thyroïdienne régresse très rarement : du moins, n’avons-nous jamais constaté son augmentation de volume ni l'apparition de souffles vasculaires.
Quant à l’exophtalmie, elle subit sans conteste l'influence du traitement, mais toujours tardivement : l'éclat et la vivacité du regard diminuent sensiblement et le facies perd son aspect tragique. La protrusion oculaire, quoique atténuée, persiste longtemps à l'état de phénomène résiduel.
La question se pose maintenant de savoir s'il y a lieu d’associer d’autres médicaments à la tétra-méthyl-thio-urée. Il s’agit surtout de l'iode et de la thyroxine.
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On à déjà remarqué que chez les basedowiens traités préalablement par l’iode la réponse à l’action de l’antithyroïdien se trouvait affaiblie. L'involution colloïde constitue, en elfet, une réserve d'hormones qui doit être évacuée avant que le traitement puisse agir pleinement. Si de l’iode est donné en même temps que l’antithyroïdien, on peut assister, après cessation de la médication, à de brusques réveils de l’hyperthyroïdie. Les raisons de cette incompatibilité ressortent claïrement des notions pathogéniques que nous avons exposées plus haut.
La baisse rapide du métabolisme de base a fait craindre à certains auteurs l'apparition de crises hypothyroxinémiques; la libération massive de thyréo-stimuline hypophysaire est déclenchée par la chute brusque et profonde de l'apport thyroïdien. Pour remédier à l'éventualité de telles crises, on à proposé la prise quotidienne de un quart à un milligramme de thyroxine, en même temps que l’antithyroïdien. En réalité, il ne faut pas exagérer la fréquence de telles crises, qui sont extrêmement rares, en dehors naturellement des interventions chirurgicales. Nous n'avons jamais observé d'exacération brusque de l’exophtalmie et du goitre, ni l’apparilion d'accidents nerveux. L'administration concomitante de thyroxine n'a pour résultat que de freiner fâcheusement la diminution du métabolisme basal. Pour obtenir le même effet, il suffirait de donner des.doses moindres d’antithyroïdien. En fait, la posologie que nous avons préconisée est assez prudente pour parer à la production de crise aiguë, et l’emploi systématique de thyroxine ne se justifie nullement.
La tolérance de l'organisme vis-à-vis de la tétra-méthylthio-urée est une des qualités de ce corps sur laquelle de Gennes a particulièrement insisté. Elle ne provoque aucun trouble digestif, et son absorption ‘est parfaitement supportée. Les examens hématologiques pratiqués pendant la durée du traitement ne décèlent aucune atteinte leucocvtaire ni aucune tendance à la granulopénie. Il est excessivement rare de voir survenir des phénomènes tels que fièvre, céphalée.
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prurit, exanthème, arthralgies, qu’on puisse attribuer à l'ac- Lion directe du produit.
Ces deux qualités maîtresses, efficacité et innocuité, permettent d'attribuer à la tétra-méthyl-thio-urée une place de choix dans l’arsenal thérapeutique antithyroïdien.
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