‹ Le traitement de la tuberculose pulmonaire: par les sels d'orChapitre 12 sur 91 · I. — L'or sous la forme de chlorures · texte numérisé non relu

I. — L'or sous la forme de chlorures

On connaît depuis longtemps deux chlorures d'or, le protochlorure (Au C1) poudre jaune pâle. insoluble dans l’eau, décomposable par la chaleur, et le trichlorure (Au CF) masse brune, soluble dans l’eau, mais également très décomposable par la chaleur, et dont la solution est facilement réduite par les sels ferreux, l’acide phosphoreux, l’acide oxalique..…., etc... Malgré leur instabilité, ces corps furent employés les premiers. Les essais empiriques (CHRESTIEN, Prrceaïrn et NÉLIGAN, CHAVANNES, ORFILA...) avaient été fondés sur eux. En 1891, J.-B. Ware avait recommandé pareillement l’usage de chlorure d’or et de sodium, combiné à l'iodure de manganèse. On avait connu, la même année, la « cure de Gibress et Shurley » qui consistait à donner alternativement aux malades une préparation iodée et une préparation de chlorure d'or et de sodium. Ces recherches furent négatives. Ce que nous avons dit des caractères chimiques de ces sels,

en montrant ou en faisant supposer leur destruction rapide dans l'organisme, suffit peut-être à expliquer ces échecs. Aussi, dès la phase chimiothérapique, ils furent laissés de côté : Seul en 1916, Tzuzuxr, reprenant sur l’action du cuivre les idées que nous avons exposées, présentait sous le nom « d’aurolin » une préparation complexe, à base de cuivre et d'or, qui

répondait à cette formule :

RAMECLEN: a Gun (OHY% Gu CL ? HO]

Malgré certaines expériences apparemment favorables et pratiquées sur le cobaye, ce sel, pas plus que les autres chlorures, ne semblait répondre aux principes d'EnrLicx.

Il. — L'or sous la forme de cyanures.

Il suffit de combiner les cyanures alcalins avec la plupart des métaux pour obtenir des sels doubles, solubles dans l’eau, mais aussi peu stables que les chlorures. En outre, ils sont facilement dédoublés par les acides les plus faibles, la vapeur d’eau... Tels sont le cyanure double d'argent et de potassium, et le cyanure double d’or et de potassium (K C N, Au (C N)° que Bruck et GLuGK, en s'appuyant sur la communication de Koch, utilisèrent, dès 1913, dans le traitement du lupus et de certaines tuberculoses locales. La même année, RoseNrHAL présenta à la Société thérapeutique de Paris le tricyanure d’or, poudre jaunâtre, qui lui paraissait un agent puissant d’inhibition de culture du bacille de Koch « aussi bien dans les mi-

lieux solides que dans les milieux liquides, et qui lui semblait en outre exercer une action spécifique, élective, sur ce germe ».

BETTMANN, Juncker, ArTHurR MAYER recoururent de même au cyanure double d'or et de potassium. Enfin, Spiess et FELDT firent connaître, en 1913, le monocyanure d’auroéthylène - diamine - cantharidine, qu'ils nommèrent « Aurocantan ». L'idée d'associer la cantharidine à l’or reposait sur une constatation de LieBreicx : ce corps, injecté à doses suffisantes, provoquerait, au niveau des capillaires d’une région malade, une réaction caractéristique : les capillaires se dilateraient et il en résulterait une exsudation de sérum. On pourrait ainsi trouver dans la cantharidine un véhicule commode qui amènerait l’or assez directement au contact des zones pathologiques. De plus, ces auteurs éliminaient du sel un des deux radicaux cyanogènes, de façon à abaisser sa toxicité. Résultat qui serait obtenu également par l'association éthylène-diamine. Spiess et FELDT prétendirent avoir obtenu des résultats favorables, surtout dans la tuberculose expérimentale. Maïs ils ne mirent pas les sujets, cependant, à l’abri de réactions assez vives « pareilles à celles que donne la tuberculine ». Lxpra M. pe Wirr expérimenta ce même aurocantan et n'observa aucune amélioration. Au contraire, les cobayes présentaient rapidement une poussée évolutive et l’autopsie montrait une tendance manifeste aux hémorragies et à l’hypérémie. Et malgré certains résultats obtenus en clinique humaine, spécialement dans des tuberculoses oculaires, il sembla que ce sel, pas plus

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