‹ Le traitement de la tuberculose pulmonaire: par les sels d'orChapitre 28 sur 91 · VIII. — OBSERVATION 242 (Malade du Docteur BONAFÉ · texte numérisé non relu

VIII. — OBSERVATION 242 (Malade du Docteur BONAFÉ

M. G.., 45 ans, eut en 1919 une pleurésie séro-fibrineuse gauche. Depuis cette époque, il toussa, eut de nombreuses bronchites, et son état s’aggrava nettement en janvier 1927. Il partit alors pour Vence, où le régime sanatorial n’eut aucune influence heureuse. Quand il arriva à Hauteville, trois mois plus tard, on inscrivait sur sa fiche : « Tuberculose fibro-caséeuse à tendance très fibreuse bilatérale prédominante aux lobes supérieurs. Sécrétions abondantes. Dyspnée très vive. Température subfébrile. Etat général très grave. Poussées bronchitiques à répétition. 40 bacilles par champ. Laryngite ulcéreuse. Otite bacillaire double. Amaigrissement important. »

Première série de sanocrysine en octobre-novembre 1927 (0 gr. 60). Dès la troisième injection, la température devient normale, et la dypsnée cesse complètement. Au lieu de « cracher toute la journée » le malade n'expectore plus qu'une dizaine de fois par jour, et son expectoration, qui était purulente, devient muqueuse. Alors que depuis de longs mois, il ne quittait plus son lit, il fait maintenant de longues promenades. L’auscultation montre une très importante diminution des signes pulmonaires. Enfin, en six semaines, il a gagné 4 kg 500.

Le malade réclame lui-même une seconde série, puis une troisième. qu'on pratique en janvier-février et en avril-mai 1928 (0 gr. 90 et 0 gr. 60). Elles ne provoquent aucun incident.

Le 1° juin on note : « A pris 6 kg en tout. Expectoration presque nulle. Deux recherches négatives de bacilles. La tension artérielle a passé de 100/100 à 1430/1410. L’auscultation est. négative ». Cet état s'est maintenu depuis six mois.

(Malade du Docteur PHizrp)

M. Ga..., 32 ans. Pleurésie il y a 10 ans. Hémoptysie en 1927. Pneumothorax impossible. Quand le malade arrive à Hauieville, il présente une tuberculose fibro-caséeuse du lobe supérieur gauche avec cortico-pleurite de la base. Il est très dyspnéique, crache et présente une température subfébrile aux alentours de 37°7.

Il reçoit en 10 injections 1 gr. 60 de thiocrysine.

La température devient normale, d’une façon régulière, L’expectoration disparaît, les bacilles ne se rencontrent plus dans l’expectoration. Le poids augmente de 4 kg 500. La dyspnée s'efface. L'état général est meilleur.

Première radiographie le 20 mars 1928 : à gauche on aperçcoit une image lacunaire en voie de formation, dans le voisinage du hile. Sur toute l'étendue du poumon, semis de taches d'aspect granulique. Sinus sombre. A droite : quelques taches d'aspect également granulique dans toute l'étendue du poumon. Une image lacunaire se dessine au niveau du hile.

Seconde radiographie le 17 août 1928. Image radiologique complètement transformée. A gauche, la partie voilée s’est éclaircie presque totalement. Les tubercules à aspect granulique ont disparu et sont remplacés par des images de sclérose fine. L'image lacunaire s’est débarrassée du bourrelet qui l’encerclait. À droite, éclaircissement complet de la base. Les images lacunaires ont disparu et sont remplacées par des tubercules. (Voir planche n° 2.)

(Malade du Docteur PiLrp)

M. B..., 27 ans, tombe malade en juillet 1927. A la suite d’une « grippe », il tousse. Deux mois plus tard, il se fait ausculter et l’on trouve des signes nets de tuberculose pulmonaire. Son état général est précaire. Sa température dépasse 38°5. Son expectoration remplit chaque jour un crachoir. Il maigrit, perd ses forces, a de l’anorexie.

Il arrive à Hauteville le 4 novembre. Deux mois de cure sanatoriale n'ont aucune influence heureuse. La température reste élevée. La toux est pénible, constante. L'expectoration augmente encore. Le malade, sans aucune force, ne quitte pas son lit. On porte le diagnostic de tuberculose fibro-caséeuse à tendance caséeuse bilatérale des deux lobes supérieurs. L’auscultation révèle en effet de très gros râles humides de chaque côté. Ils sont renforcés par la toux. La radioscopie montre une opacité complète de ces mêmes régions. Le malade est condamné. Affaire de quelques mois, pense-t-on.

Dans un but surtout psychothérapique, on essaie cependant la thiocrysine. La première injection est faite le 16 janvier 1928. On institue une série de 10 piqûres, qui s’échelonnent de semaine en semaine jusqu'au 19 mars (gr. 63).

A la seconde injection, la température tombe de 38°5 à 37°5 le soir. À la quatrième, elle se stabilise à 37°2. L'expectoration reste longtemps abondante. Mais voilà qu'à la sixième injection, elle diminue subitement des trois quarts. A la fin de la série, le malade qui remplissait autrefois un crachoir, n’expectore plus que 4 fois par jour.

Le poids reste le même, mais le malade se sent plus fort. Il a un grand appétit. À part quelques nausées le soir des injections, il tolère admirablement les sels d'or.

Cette amélioration se maintient. En avril, un voyage d’affaires appelle le malade pendant 15 jours sur la Côte-d'Azur. Malgré un temps pénible, malgré l'absence de cure, il reprend progressivement ses forces.

Le 15 mai, il a engraissé de 5 kg. Ils reçoit une seconde série en 12 injections (1 gr. 45). L'expectoration et les bacilles ont complètement cessé (5° injection de la nouvelle série). La toux est nulle. l’auscultation ne révèle plus des deux côtés qu'une légère rudesse inspiratoire.

(Malade du Docteur RouGY)

M. D... 47 ans, présente, quand il arrive à Hauteville, une tuberculose ulcéreuse droite périhilaire. Le pneumothorax est

impossible. Le malade se soigne depuis un an, sans aucun résultat.

En juin 1927, il reçoit en 15 injections 2 gr. 10 de sanocrysine. Aucun incident. La température tombe de 37°6 à 37°2. L’expectoration, qui était très abondante (un demi-crachoir) cesse complètement. Les bacilles, qui étaient nombreux, disparaissent. En six semaines, le malade prend 3 kilogs. L'auscultation qui révélait des bruits humides à droite, devient négative. L'état général est excellent. Ce bon résultat s’est maintenu depuis un an.

(Sanatorium Mangini)

M'° C.., 19 ans, présente des signes de tuberculose depuis 1920. Elle entre à Mangini le 21 novembre 1925, avec une bacillose fibro-caséeuse bilatérale des lobes supérieurs, prédominante et ulcéreuse à droite. Six mois durant, son état ne fait que s’aggraver progressivement. Amaïigrie, sans force, elle tousse fréquemment nuit et jour. Son expectoration abondante (30 crachats environ) contient 1 à 2 bacilles par champ microscopique. Malgré une cure sévère, sa température, irrégulière, à grandes oscillations, atteint 38° le soir.

La malade reçoit alors 1 gr. 80 de sanocrysine en 9 injections.

L'état général s'améliore considérablement, bien que son poids reste stationnaire. L'expectoration muqueuse, réduite à 7 ou 8 crachats, ne contient pas de bacille à trois examens successifs. La température est régulière, ne dépassant jamais 37° le soir. Au lieu des bruits cavitaires, que l’on entendait dans toute l'étendue du lobe supérieur droit, on ne perçoit plus que des râles clairsemés, secs, dans la fosse sus-épineuse à la partie interne, et des râles sous-crépitants moyens, sourds, sous la clavicule.

Au début du traitement, une première radiographie montre à droite deux contours cavitaires extrêmement nets, avec un niveau liquide dans la plus inférieure des pertes de substance. Autour de ces contours, on note une densification du parenchyme, avec image en nid d’abeilles. A gauche, autour de

la scissure, et à la base, l’infiltration du parenchyme pulmonaire est évidente. .

Deux mois après, lors de la cessation du traitement, les deux images cavitaires droites se sont fondues en une seule, de dimensions beaucoup plus réduites, sans niveau liquide.

Autour de la perte de substance, la transparence est presque partout normale. A gauche, les images pathologiques ont presque constamment disparu.

(Sanatorium Mangini)

Me D... 35 ans, arrive à Hauteville en janvier 1928. Elle est malade depuis 5 ans. Atteinte d'une tuberculose ulcéreuse des deux lobes supérieurs, elle a un état général très médiocre, une température subfébrile, une expectoration abondante, des bacilles très nombreux. Elle a maïigri. Elle n’a tiré aucun bénéfice d’un très long repos.

On commence, le 29 mai, une série d’injections d’allochrysine (0 gr. 60). La température, qui était subfébrile depuis de longs mois, tombe progressivement à 37°4, puis à 37°2, puis ADO Te

L'’expectoration cesse totalement à la quatrième injection. Les bacilles disparaissent. Dans les trois premières semaines, la malade prend 4 kgs

A l’auscultation, qui révélait, au début du traitement, de nombreux râles gargouillants et un souffle cavitaire bilatéral, on ne note plus, six semaines plus tard, que TRUE bruits anormaux après la toux.

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