Y. __ OBSERVATION FIGURANT DANS LE TABLEAU II
(Malade de MM. LUMIÈRE et GÉLIBERT)
M'° Ch... 18 ans, eut en décembre 1925 une angine avec hyperthermie, qui la tint alitée pendant trois semaines. En avril 1926 apparut une toux d’abord sèche, mais suivie bientôt d'une expectoration purulente abondante. La température devint subfébrile.
Elle présentait en outre un goitre exophtalmique : pouls à 120-140, tremblements, sueurs profuses.
L'auscultation montra des lésions bilatérales très étendues avec spelonque au sommet droit, en avant. Les râles souscrépitants, accompagnés de sibilances, s’étendaient jusqu’à la base droite, où on percevait aussi des frottements. La moitié du poumon gauche était envahie. On trouvait de très nombreux bacilles.
Le 15 juillet 1926, on institua un traitement par l’allochrysine. On constata d'abord une amélioration nette : râles très diminués, reprise de l'appétit. Le poids augmenta de 2 kilogs.
Mais les signes de basedowisme s’accentuent. En janvier 1928, le pouls est à 156. La malade a de nouveau maigri. Elle reste fébrile. Il semble que le goitre exophtalmique est responsable de ces symptômes.
En effet, depuis deux ans, les signes d'auseultation sont restés très atténués. La toux et l'expectoration sont minimes. Les bacilles, diminués après les injections, n'ont pas accru leur nombre à nouveau. {
(Malade du Docteur BRETTE)
M. C..., 28 ans. Fut réformé en mai 1926 pour « une lésion ouverte du sommet droit ». Il se soigna chez lui jusqu'en janvier 1927. A cette époque une grippe le laissa fébrile, lui fit perdre 5 kilogs, fit naître une grande expectoration.
Il eut alors des poussées fébriles à 38°, dont certaines durèrent un mois. Il arriva à Hauteville en juillet 1927 : « Caverne du lobe inférieur droit. Lésions à allures fibro-caséeuses diffuses ». Après un mois de cure inefficace, on pratiqua 17 in-
jections de thiocrysine (1 gr. 70). Dès la première, la température tomba à 37°4, et s’y maintint pendant trois mois. Puis elle descendit très progressivement pour atteindre 37° en décembre 1927.
Tandis que le malade remplissait chaque jour un crachoir, dès la seconde injection l’expectoration perdit sa purulence et tomba progressivement à 0.
Un an plus tard, l’état fonctionnel est excellent. Les résultats du traitement se sont maintenus. Il n'y a plus eu de poussée fébrile, et l’auscultation ne fait plus entendre que quelques râles sourds, à droite, dans la région
Nous avons noté ce fait : «Il n'y a plus eu de poussée fébrile ». Ainsi tous ces malades revus six mois, un an ou deux ans plus tard, ont gardé une température normale. Leurs sécrétions n’ont pas connu de nouvel accroissement. Le poids n’a pas diminué. Il semble donc que les sels d’or ont agi, chez ces 66 sujets, sur le processus évolutif. Ils n’ont pas supprimé le foyer. Mais leur pouvoir inhibiteur fut durable. Ils ont « freiné » des lésions qui, sans eux, seraient demeurées actives. En d’autres termes, ils ont permis aux malades de résister, d’une façon prolongée, à une tuberculose qui demeure toujours.
c) Au contraire, chez 53 sujets, l'amélioration fut uniquement passagère. Dans quelques cas, un accident mécanique vint entraver les bénéfices du traitement. Nous avons déjà cité deux malades qui moururent trois mois plus tard d’une hémoptysie foudrovante. Deux autres présentèrent une perforation du poumon, au cours d’un épanchement, consécutif à un pneumothorax (225, 101). Si l’on fait abstraction de ces circonstances accidentelles, il faut bien reconnaître qu’on constata chez 49 malades une reprise de l’état évolutif. Si l’un d'eux fut emporté
Pie
par une méningite (279) trois semaines après la céssation du traitement, M”° K... à qui les sels d’or donnèrent, en mai 1927 (sanocrysine=1 gr. 60), une très grosse amélioration, et dont ils supprimèrent la fièvre, l’expectoration, les symptômes inquiétants, mourut en mars 1928 d'une broncho-pneumonieé tuberculeuse aiguë (obs. 90). Chez les autres, après une sédation éphémère des phénomènes actifs, on vit reparaître les signes antérieurs :
(Sanatorium Bellecombe)
M. Po.., 16 ans, était malade depuis deux ans. Porteur d’une tuberculose fibro-caséeuse bilatérale prédominante à gauche, il entra le 4° janvier 1927 au Sanatorium Bellecombe. Après une apyrexie de six mois, il présenta en mai une poussée évolutive aiguë. La fièvre apparut et monta à 39°, l’expectoration devint abondante. On lui injecta en six semaines 1 gr. 85 de sanocrysine.
A la quatrième piqûre, la température descendait à 37°4, et l’expectoration diminuait. Mais dès la fin du traitement les oscillations thermiques reparurent, les sécrétions devinrent très abondantes, et le malade mourut le 1% août 1927.
(Malade du Docteur BRETTE)
M*° Bo... 26 ans, se soignait depuis deux ans. Son histoire se résumait dans des hémoptysies fréquentes, des poussées évolutives répétées qui avaient produit une aggravation progressive. Dix-huit mois de cure sanatoriale, puis une phrénicectomie étaient demeurés sans effet. Dans un bloc fibreux du lobe supérieur gauche une caverne, de la grosseur d'une noix, était apparue.
On fit 9 injections de thioerysine qui provoquèrent une amélioration sensible : la température tomba de 38°3 à 37°4, l’ex-
pectoration diminua dans une proportion de 4/5. Le poids augmenta de 4 kilogs; l’état général devint meilleur.
Mais un mois plus tard cette amélioration avait dr La fièvre présentait des oscillations autour de 38°5, l’expectoration augmentait à nouveau, et l’auscultation révélait de très gros râles sous-crépitants, disséminés dans tout le poumon gauche.
(Malade du Docteur FARJON)
M. Ju... Pierre, 23 ans, présente une tuberculose ulcérocaséeuse du lobe supérieur droit, une symphyse pleurale droite, des lésions de sclérose à gauche. Il est malade depuis cinq ans. Quatre mois de cure sanatoriale n’empêchent pas de fréquentes hémoptysies, et ne relèvent pas un état général et fonctionnel très médiocre.
Une série de 2 gr. 05 de sanocrysine donne les résultats suivants : la température qui était à 37°8 se régularise à 37°3 L'expectoration diminue de moitié, les signes physiques deviennent plus sourds. Mais un mois plus tard aucun de ces résultats ne s’est maintenu, et le malade, qui présente une nouvelle poussée évolutive, demande une phrénicectomie.
(Sanatorium Mangini)
M'° P..., 19 ans, présente un très ancien passé pathologique : bronchites dans l'enfance, congestion pulmonaire à 10 ans, arthralgie du genou droit à 14 ans. Troubles intestinaux à 16 ans. Depuis, la malade est restée très asthénique. En janvier 1927, à la suite d’une nouvelle congestion pulmonaire, on trouve des signes de tuberculose ulcéro-fibreuse gauche. Echec du pneumothorax.
Elle reçut, en septembre 1927, 3 grammes de sanocrysine. La fièvre tomba de 38°5 à 37°8. L'expectoration diminua de 2/3, la malade prit 4 kilogs.
Trois mois plus tard, nouvelle poussée évolutive et réapparition de tous les signes fonctionnels et généraux.
(Sanatorium Bellecombe)
M. L.., 25 ans, malade depuis cinq ans, présentait en 1926 une tuberculose fibro-caséeuse bilatérale, plus importante à gauche, où l’on trouva une caverne étendue. Un an de sanatorium n’amena aucun résultat favorable. Au contraire, le malade avait de fréquentes poussées fébriles, et des hémoptysies répétées. Localement il s’aggravait.
I1 reçut, du 10 décembre 1926 au 22 février 1927, 2 gr. 05 de sanocrysine. A la fin de la série la température était descendue progressivement de 37°8 à 37°1, l’expectoration avait diminué et n'était plus sanglante, le poids avait augmenté de 2 kilogs, les signes physiques étaient plus sourds, l’état général était très amélioré.
Mais, en mai 1927, apparut une nouvelle poussée évolutive; le malade eut une hémoptysie très importante, et le poids baissa de 4 kilogs. Il quitta le sanatorium le 4 octobre dans un état subfébrile, et très déprimé physiquement.
Ainsi l'influence des sels d’or sur ces malades est nette, puisqu'il suffit de quelques injections pour vaincre des symptômes dont ni la cure d'air, ni d’autres méthodes n'avaient pu triompher. Là encore on doit absolument parler d'amélioration, mais leur action est seulement éphémère. Ils ne font que ralentir un instant une tuberculose agissante. Ou bien, s’ils enraient nettement une poussée, ils ne sont pas assez forts pour prévenir la poussée qui va suivre. La morphine supprime des douleurs que les autres médicaments laissent entière. Elle n’évite pas leur retour. Les sels d’or ont eu, chez ces 53 malades, une pareille action, indéniable et purement transitoire.
d) Chez 10 malades ils agirent d'une façon strictement opposée. Pendant la série, leur pouvoir sembla nul. Il arrive aussi que la morphine ne supprime pas immédiatement la douleur, mais, dans les heures qui suivent,
le sujet éprouve un grand bien-être. Et lorsque les sels d’or cessèrent d’être injectés on vit, de même, contre toute attente, l’état fonctionnel s’amender, les signes d’auscultation devenir plus rares, les forces revenir :
(Malade du Docteur BRETTE)
M'° C.., 20 ans, eut au mois de mars 1927 un point de côté gauche. Elle se mit à tousser, à cracher. Eile eut des hémoptysies. Elle continua de travailler trois mois. Elle maïigrit de 5 kilogs. C’est alors qu'elle vint à Hauteville.
Elle présentait une tuberculose fibro-caséeuse excavée du sommet gauche. La température était irrégulière autour de 37°8 et dessinait des poussées à 38°5. La malade expectorait 20 cc. par jour.
On fit une tentative vaine de pneumothorax, à la suite de laquelle on injecta 1 gr. 95 de thiocrysine. Ce fut, crut-on, en pure perte. A la dernière piqûre, la fièvre persistait, et la malade maigrissait.
Mais trois semaines après la fin de la série, la température se régularisa brusquement à 37°4. Elle s’est maintenue à ce niveau. L'’expectoration cessa presque entièrement (2 crachats par jour). Les bacilles tombèrent de 30 à 10 par champ. Cette amélioration, que rien n'avait permis d'espérer, a persisté depuis un an.
IT. OBSERVATION 112, (Sanatorium Bellecombe)
M. Th... 25 ans. L'affection avait débuté par une bronchopneumonie déjà vieille de quatre ans. Puis, si les phénomènes aigus avaient cessé, le malade était entré dans une tuberculose fibro-caséeuse progressive. Peu à peu le sommet gauche s'était ramolli, et une caverne était apparue. En janvier 1927, après de nombreuses poussées fébriles, la température dépassait 37°6, et l’expectoration était abondante. Localement le malade s’aggravait.
Traitement par la sanocrysine du 9 février 1927 au 29 mars 1928. A part des poussées thermiques en clochers, le soir des injections, tout se passa comme si l’on n'avait jamais injecté des sels d’or.
Mais en avril, quinze jours après la cessation du traitement, la température tombe brusquement à 36°9. L’expectoration diminue de façon notable, et les signes physiques, qui jusqu'alors étaient restés stationnaires, sont moins étendus et moins éclatants. L'état général s'améliore beaucoup.
Le 22 octobre 1927, le malade quitte le sanatorium, en gardant les bénéfices de cette amélioration.
Il est bien difficile d'expliquer cette « action à retardement ». En tout cas l'influence des sels d’or nous semble indiscutable, puisque l’amélioration survint immédiatement après le traitement. Là encore, il s'agissait de malades rebelles à la cure simple. Au point de vue pratique, avant de renoncer au médicament ou d'être découragé par un échec immédiat, il faut donc se rappeler
que les résultats peuvent être « à retardement ». Il. — Malades qui recurent plusieurs séries.
Sur 55 malades, nous avons observé cinq types évolutif différents a) 7 qui furent très nettement améliorés par une première série d'injections se montrèrent plus tard indifférents ou rebelles à de nouvelles tentatives
(Malade du Docteur BRETTE)
M. Be... 40 ans, «traîne » depuis le mois de novembre 1926. Une «grippe » qui survint à cette époque, le laissa subfébrile et tousseur, Quand il arrive à Hauteville, en mai 1927, sa température vespérale est de 37°8, il expectore 7 à 8 fois par jour, est maigre, présente un état général précaire.
Quatre mois de cure sanatoriale n'ont aucun effet. Le 1° septembre 1927, on décide de pratiquer un traitement par la thiocrysine (1 gr. 10).
Dès la seconde injection, la température commence à fléchir, et dès la sixième, elle est complètement normale. L'expectoration cesse à peu près totalement et le malade engraisse de 9 kilogs. Son état général est très amélioré.
Cette amélioration persiste deux mois, puis une hémoptysie très abondante, répétée quatre fois, déclenche une nouvelle poussée évolutive. La température remonte à 39°, et l’expectoration redevient abondante. Le malade perd six kilogs, il redevient très cachectique.
Le 17 janvier, on entreprend une nouvelle série (0 gr. 90), mais le malade est très dyspnéique. Sa feuille de température montre désormais de grandes oscillations. Les hémoptysies se répètent, et il meurt le 3 mars.
(Malade du Docteur RouGY)
M. L..., 21 ans, porteur d’une tuberculose fibro-caséo-ulcéreuse bilatérale, vient à Hauteville en septembre 1927. II a tous les symptômes d'un état évolutif rapide. La maladie a débuté huit mois plus tôt.
On lui injecte 4 gr. 80 de thiocrysine. La température tombe de 39° à 37°8. L’expectoration diminue de moitié. Au sommet droit, on constate une telle diminution des signes physiques, et l’état général est si nettement amélioré, qu'on essaie un pneumothorax gauche qui doit être le prélude d'une compression bilatérale. Cette tentative est rendue vaine par une symphyse, et deux mois plus tard l'amélioration qu'avait donné la thiocrysine ne se remarque plus. Le malade est de nouveau un grand fébrile, les signes fonctionnels ont retrouvé l'intensité d'autrefois.
On injecte alors 1 gr. 60 de sanocrysine. On n’observe aucun résultat favorable, et quand le malade quitte Hauteville, en mars 1928, il n’est plus qu’un phtisique dans un état précaire, pour qui le voyage est très périlleux.
Re
(Malade du Docteur FARJON)
M. Cha.…, 22 ans, tombe malade en octobre 1926. Porteur d'une tuberculose fibro-caséeuse du lobe supérieur gauche et
d'une sclérose droit légère, il a tout de suite un état alar- mant : température à 39°, grosse expectoration très bacillifère, asthénie très marquée. Le pneumothorax artificiel échoue.
On fait, dès le 17 novembre, des injections de thiocrysine (2 gr. 40 en 12 piqûres). La température tombe à 37°5 à la fin de la série; l’expectoration est supprimée complètement, le malade a pris 6 kilogs, il se lève, se sent fort, et l’auscultation ne révèle plus que quelques râles discrets dans la fosse susépineuse gauche.
Deux mois plus tard, nouvelle poussée évolutive, et nouvelle série de thiocrysine (2 gr. 70 en 12 injections). La température reste fixe à 38°4, et les autres symptômes sont invariables. On pratique, à trois semaines d'intervalle, une autre série-(1 gr. 25) et les résultats sont nuls. Le malade reste fébrile; son expectoration tend à s’accroître. tr
b) 8 sujets suivirent l’évolution contraire. Une première série échoua complètement, et contre toute attente, la maladie ne fut pas rebelle à la seconde tentative de traitement. On pourrait peut-être expliquer cette contradiction chez une malade (obs. 60) dont la première série fut contemporaine d'une grossesse. Trois mois plus tard, à la suite d’un avortement spontané qui lui fit perdre 3 kilogs, deux nouvelles séries de sanocrysine (2 gr. 50 au total) diminuèrent sa température, supprimèrent son expectoration, améliorèrent son état général, et lui redonnérent le poids perdu. Mais cette hypothèse d'une inhibilion due à la grossesse, hypothèse au sujet de laquelle il convient de rappeler les observations expérimentales de MADsEx et MôRCH, serait d'autant plus incertaine que
plusieurs auteurs ont rapporté des cas d'amélioration par les sels d’or chez des femmes enceintes, et qu'on trouvera du reste, dans notre seconde série de tableaux, l’histoire d’une malade chez qui le traitement produisit, malgré une grossesse avancée, des résultats très favorables. Nous ne pouvons donc rien conclure (1). En tout cas il est impossible d'interpréter, d’une façon satisfaisante, les sept autres observations.
(Malade du Docteur DUMAREST)
M°° X.., malade depuis trois ans vient à Hauteville en novembre 1926. Elle présente une forme ulcéro-fibreuse bilatérale. Elle a constamment de petites hémoptysies. Depuis un an, elle est subfébrile.
Une première série de sanocrysine ne donne aucun résultat (1 gramme).
Un an plus tard, devant un état stationnaire, on recourt de nouveau aux sels d’or. La température: tombe presque immédiatement de 37°8 à 37°. La toux et l’expectoration diminuent sensiblement (4 crachat au lieu de 12). L'état général est transformé. Après une troisième sérié, très bien supportée, la malade ne tousse plus, et Fauscultation est négative.
Huit mois plus tard, le 29 octobre 1928, la malade écrit au Docteur DUMAREST : « Ma santé est si satisfaisante que je m'en vais essayer de passer l'hiver chez moi. Depuis trois mois je ne tousse plus du tout. Plus aucune expectoration. Aucune fièvre depuis mon arrivée. Excellent appétit. Sommeil de plomb. J'ai l'impression que les sels d’or m'ont remise à neuf, malgré un été bien agité et mondain. »
(Docteur BoNAFÉ : Sanatorium de l’Espérance)
M'° St... entre au Sanatorium de l’Espérance en décembre
(1) Le Docteur RouGY vient de nous citer une observation semblable.
1927. Malade depuis deux ans, elle présente une tuberculose fibro-caséeuse. Le L. $S. du poumon gauche renferme une eaverne du volume d’un œuf. A la base droite, spélonque plus réduite. Quelques ulcérations douteuses au sommet de ce côté droit.
L'état général est médiocre. La température oscille chaque soir autour de 37°6. L’expectoration est très abondante et contient 90 B. K. par champ. Le poids est de 45 Kk. 900. A l’auscultation, on note de gros râles ulcéreux au sommet gauche et dans la région hilaire droite.
On entreprend une série de sanocrysine (1 gr.). La température reste irrégulière. Aucun changement des autres symptômes.
Le 17 juin, devant ce statu quo, on recommence une série (1 gr. 10). Au bout de six semaines, la température ne dépasse plus 37°. La toux est nulle. L’expectoration, très diminuée, ne contient plus que 5 bacilles. Les râles du poumon droit ont disparu. A gauche, on ne perçoit plus que quelques râles secs dans la région axillaire. Le poids a passé de 45 k. 900 à 52 kilogs. Cette amélioration persiste.
IIT. — OBSERVATION 132.
(Malade du Docteur DUMAREST)
M"° Van. tombe malade en 1924. Son histoire n'est qu'une évolution lente vers la cachexie. La cure sanatoriale, pratiquée dans de nombreuses stations, ne lui procure aucun bénéfice. En juin 1927, quand elle arrive à Hauteville, il y a plus d'un an qu’elle est fébrile. A chaque période menstruelle, elle a des crachats sanglants.
Une première série de sanocrysine danoise (0 gr. 50) laisse la malade cachectique, et son état local s'aggrave de jour en jour.
Dans un but moral, on décide de ne pas abandonner les sels d'or. Et six mois plus tard, on injecte à nouveau la sanocrysine. Les trois premières injections n’ont aucun effet sensible. Mais, à la quatrième, la malade est complètement apyrétique. Elle crache cinq fois moins. Elle reprend des forces, ne vomit plus, ce qu'elle faisait continuellement. L'auscultation
révèle une grosse amélioration locale. (Il s'agissait de lésions fibro-caséeuses bilatérales évolutives). Seul l'état général, usé par deux années de lutte, reste encore misérable.
C) 20 malades ont présenté une amélioration constante à chaque série. Il s’agit iei d’un type clinique très fréquent. Et tout laisse penser qu'un grand nombre de sujets, rangés par nous dans la catégorie des « améliorés à litre passager » auraient encore bénéficié du traitement s’il avait été possible d'entreprendre sur eux de nouvelles séries.
(Malade du Docteur DUMAREST)
M°° X.., 42 ans, devient tuberculeuse en septembre 1925. Pneumothorax impossible. Elle vient à Hauteville en août 1926.
Il s’agit d'une tuberculose ulcéro-caséeuse du sommet gauche, et d’une légère infiltration droite. La cure ne donne aucun résultat.
Première série de sanocrysine en janvier-février 1927 (0 gr. 65). La température devient normale. L’expectoration diminue de moitié. Les bacilles tombent de 15 à 5 par champ. Le poids augmente de 2 k. 300. L'état général est très amélioré.
Seconde série de sanocrysine en juillet-août 1927 (0 gr. 75). La température redevient normale. L’expectoration passe d'une quantité de 20 crachats quotidiens à celle de 2 par jour. Au lieu de 15 bacilles par champ, elle n’en contient plus que 0,5.
Deux mois plus tard, à la suite d’une « bronchite » la malade maigrit, redevient fébrile. Elle a des sueurs nocturnes abondantes.
Troisième série de sanocrysine (0 gr. 85). La température descend progressivement, et la malade, très fortifiée, prend 2 k. 400 et peut entreprendre de longues promenades. L'expectoration a cessé.
Nouvelle rechute au bout de quatre mois. L'hiver provoque des bronchites fréquentes. La température est très irrégulière. L'expectoration est redevenue très abondante.
Quatrième série de sanocrysine (0 gr. 55). Une fois de plus tout rentre dans l’ordre, et la malade, chez qui la cure simple est inefficace, nous déclare « être tirée d’affaire par les sels d'or ». Il faut signaler cependant que cette dernière série — contrairement aux précédentes — déclenche des troubles digestifs.
(Malade du Docteur FARJON)
M. B... Jean. Le début apparent de la maladie remonte à février 4927. Elle commença par des hémoptysies. Quand il vint à Hauteville, le sujet présentait une température fébrile à 38°8. Il crachait abondamment. Son état général était très médiocre. On pratiqua en vain deux tentatives de pneumothorax.
Première série en mai-juin 1927. Après six injections de thiocrysine, la température devient normale, l’expectoration diminue de moitié. Au lieu des signes éclatants d'une tuberculose ulcéro-caséeuse du L. $. G., on n’entend plus que quelques râles fins à l'extrême sommet. Le poids augmente de 4 kKilogs (1 gr. 85).
Six mois plus tard, survient une poussée évolutive (amaigrissement, température à 38°, expectoration abondante, nombreux râles).
Seconde série de thiocrysine (1 gr. 50. De nouveau la fièvre disparaît, les signes fonctionnels et physiques s’atténuent, et le malade reprend 3 kilogs.
(Malade du Docteur BRETTE)
M°° M.., 30 ans, malade depuis quatre ans, présente une tuberculose ulcéro-caséeuse du poumon gauche où l’on aperçoit nettement deux géodes volumineuses. Pneumothorax impossible. Phrénicectomie sans résultat positif.
. Le 28 novembre 1927, quand on commence les injections de thiocrysine, la température est à 38°, l’expectoration est de 50 cc., le poids de 53 kilogs.
Après l'injection d'un gramme de produit, la température a baissé d’un degré, l'expectoration a diminué dans la proportion des deux tiers, le poids a augmenté d’un Lie L’auscultation est négative.
Deux mois plus tard, la malade présente une rechute. Et de nouveau, la thiocrysine supprime la fièvre; au lieu d’un crachoir purulent, la malade n'expectore plus que deux fois par jour. Le poids augmente de 3 kilogs, l’état général est excellent. Cette amélioration persiste depuis six mois.
Ainsi chez ces 20 malades, les sels d’or ont eu une action nette. Ces observations sont même démonstratives, puisque chaque rechute est enrayée par une série. De plus, quel que soit le produit, et quelle que soit la dose, le bénéfice quantitatif est toujours égal. Ici le traitement à un point de départ. Il n’a pas une
ramène les sujets à influence plus profonde.
d) Au contraire, 14 malades ont vu l'amélioration croître à chaque série. |
(Malade du Docteur DUMAREST)
M. J..., 22 ans, était malade depuis trois ans. Son état n’avait cessé d’empirer : hémoptysies à répétition, amaigrissement continu, poussées congestives très fréquentes. Il était arrivé à Hauteville en août 1926. Devant des lésions fibrocaséeuses du poumon gauche, on avait institué un pneumothorax artificiel. Quinze jours plus tard, une pleurésie purulente grave avait apparu. Pendant deux mois, la température avait gravité autour de 40°. Peu à peu, les phénomènes généraux s'étaient atlénués. Mais le liquide persistait. Néanmoins les signes fonctionnels avaient disparu.
Ils revinrent en septembre 1927. À ce moment l’expectoration recommença et devint bacillifère. La température fut à nouveau subfébrile: le malade maigrit. On découvrit un nouveau foyer au sommet droit
Première série de sanocrysine en novembre 1927 : la température devint apyrétique à la fin de la série; l’expectoration diminua légèrement. A noter une albuminurie passagère après la deuxième injection.
Nouvelle série en mars, qui donna également une « amélioration relative ». Le malade quitta Hauteville en juin, cf son état général restait assez médiocre.
Or, quatre mois plus tard, il écrivit au Docteur DUMAREST (29 octobre). Il venait de recevoir une troisième série de sanocrysine. Il transmettait les renseignements fournis par le médecin traitant : « Du côté droit, on n'entend plus rien. A la radioscopie, on voit une lésion qui s’est cicatrisée. Quant au poumon gauche, le liquide a complètement disparu. Il ne persiste que « des frottements dans le dos ». Analyse bactériologique négative. Reprise de 7 kilogs. »
(Malade du Docteur BRETTE)
M'° Br..., 18 ans, eut pendant l'hiver 1925-1926 une « grippe » qui dura trois mois. Elle était très asthénique. Elle avait de l’albuminurie, L'été produisit une apparente amélioration. Mais à l’automne une nouvelle « grippe » survint, et la malade ne s’en releva pas : elle resta fébrile, elle ne se débarrassa pas d’une toux sèche qui s’accompagna bientôt d'une expecration abondante. En mai 1927, elle arrivait à Hauteville dans un état grave. Elle était une fibro-caséeuse bilatérale. Sa température dessinait de grandes oscillations dont les sommets atteignaient 40°. Ces oscillations ne cédèrent pas à la transplantation climatique. L'’amaigrissement continuait.
On commença, le 9 juin 1927, une série de thiocrysine (4 gr. 70). Dès la première injection, la température commença à descendre. Elle ne dépassait pas 37°5 après la sixième. La défervescence fut très progressive : au début la courbe gardait un caractère ondulant, mais les niveaux avaient entre eux moins d'écart.
Le poids qui avait baissé légèrement au début se releva à la fin et la malade finit par prendre 2 kilogs. L'expectoration dimiInua.
Pendant cinq mois l’état resta stationnaire. En novembre, à l’occasion d'une très légère ascension thermique, on pratiqua une seconde série (0 gr. 80). Immédiatement la température baissa, et tandis qu'elle était jusqu'alors aux environs de 37°5, désormais elle ne dépassa pas 36°9. L'’expectoration cessa, cette fois, complètement. La malade augmenta encore de 2 kilogs. L’auscultation s'améliora progressivement à chaque série. Cette amélioration générale et locale se maintient.
(Malade du Docteur PiLrp)
M. S.., 34 ans, est malade depuis un an. Depuis un an il ne fait aucun progrès. Il a chaque soir 37°8. Il maigrit. Il expectore abondamment.
Ce malade, qui présente une tuberculose fibro-caséeuse bilatérale des lobes supérieurs, reçoit le 9 janvier 1928 une première injection de thiocrysine. La série se poursuit jusqu’en février et forme un total de 0 gr. 70. Elle produit un abaissement thermique à 37°3, mais aussi quelques troubles digestifs qui la font prématurément interrompre.
Le 2 avril, on recommence une série qui atteint, cette fois, 1 gr. 93 de thiocrysine. La température descend définitivement à 36°9. L’expectoration cesse complètement, le malade prend 2 kilogs, et l’auscultation ne révèle plus que quelques râles secs après la toux dans le creux axillaire gauche. Le malade insiste sur la transformation de son état général.
{Malade du Docteur BONAFÉ)
M. X..., 20 ans, ulcéro-fibreux bilatéral, est malade depuis un an. Chronique apyrétique, il continue, malgré la cure, à maigrir et à cracher. En décembre 1926, il reçoit 0 gr. 80 de sanocrysine. Immédiatement l’expectoration diminue, et la chute de poids est enrayée.
Après un séjour en Algérie, qui avait fait disparaître ces gains, le malade reçoit une seconde série (0 gr. 55) qui sup-
prime complètement l'expectoration, et lui fait prendre 3 kilogs.
Une troisième et une quatrième série (0 gr. 95) améliorent encore son état général, rendent l’auscultation négative et font augmenter son poids de 5 kilogs.
e) 6 malades ont présenté une amélioration décroissante à chaque série. Quand nous faisions notre enquête, il nous avait semblé que ce type clinique était beaucoup plus fréquent. Nous croyions que l'efficacité du médicament s’épuisait proportionnellement à la répétition des séries. Aujourd'hui la comparaison que nous avons établie tout à l'heure entre l’opium et les sels d’or n’a plus pour nous que la valeur d’une image. Mais, à cette époque, elle nous hantait plus profondément, et l'idée d’une accoutumance aux sels d’or, analogue à l’accoutumance à l’opium, s'était presque imposée à notre esprit. Cette opinion était inexacte. En analysant les six observations que nous rangeons dans ce groupe, nous nous sommes rendus compte une fois de plus que comparaison n’était pas raison. Ces malades étaient tous de grands évolutifs. Le médicament n'avait sur eux qu'une influence provisoire. Plus tard, quand on recommençait le traitement, leur état général et local s'était beaucoup aggravé. Si l’on admet que les sels d'or stimulent les résistances de l'organisme, on comprendra cette action décroissante. La stimulation était la même, mais la résistance avait disparu. |
(Sanatorium Belligneux)
M. M... 29 ans, était malade depuis 1918. Voilà huit ans qu'il ne quittait presque plus le sanatorium. Malgré une cure sé-
rieuse, son état local s'était aggravé peu à peu. Il présentait à l’arrivée une tuberculose fibro-caséeuse à tendance très fibreuse. Mais en 1926 une caverne apparut dans le lobe supérieur droit.
Le pronostic devint alors très sombre. La toux et l'expectoration augmentèrent, ses forces déclinèrent et la température perdit pour la première fois sa régularité. Pour combattre la cachexie qui s’installait, on fit de novembre 1926 à mai 1928 cinq traitements par la sanocrysine. L'histoire du malade se résuma désormais dans ses réactions au médicament.
La première série (1 gr. 15) régularisa la température, diminua de moitié son expectoration, et d'un tiers le nombre des bacilles. Le malade augmenta de 2 kilogs. Il se félicita d'un bien-être qu'il n’avait plus éprouvé depuis six mois. Les râles disparurent.
Deux mois plus tard, la température dessina des poussées successives de 4 à 5 jours, l’expectoration redevint abondante, et le poids baissa de 3 kilogs.
La seconde série, pratiquée en mars-avril 14927 (0 gr. 90), donna encore des résultats appréciables. La température devint excellente, le nombre des crachats diminua, on n’entendit plus que quelques râles après la toux. Cependant le poids n’augmenta plus, et les bacilles restèrent nombreux.
Quelques semaines plus tard — et le délai va devenir chaque fois de plus en plus éphémère — le malade eut de nouvelles poussées de fièvre, et tous les signes fonctionnels réapparurent. La troisième série de sanocrysine améliora la température, mais le poids continua de fléchir, les signes physiques ne furent pas modifiés, et l’expectoration demeura très abondante.
Puis le malade s’affaiblit de plus en plus. Au lieu de 112/90, sa tension artérielle ne fut plus que de 100/60, et la température devint constamment subfébrile.
On recourut une quatrième fois à la sanocrysine, et les résultats du traitement furent purement subjectifs : la dypsnée devint moindre, le malade se déclara moins asthénique.
Amélioration tout à fait provisoire, car bientôt la tuberculose devint franchement évolutive. Et quand, en mars 1928, on pratiqua une cinquième série de sels d’or, on ne constata qu'une
chose : la fièvre tomba pendant deux jours, puis redevint immédiatement très oscillante.
En mai, le malade quittait Hauteville dans un état iamentable qui ne lui laissait aucune illusion sur la vanité des thérapeutiques qu'on pourrait encore lui proposer pour le *ecourir.
Ainsi ce sujet présenta pendant dix-huit mois une forme progressivement évolutive et un état progressivement astnénique. Les sels d'or furent efficaces au début, tant que la maladie fut encore peu active. Ils échouèrent contre la cachexie. Mais jusqu'à la dernière série, ils marquèrent leur passage par une amélioration — sans doute décroissante = et pourtant constatable.
(Malade du Docteur BRETTE)
M. T.., 40 ans, tousse depuis six ans. En 1926, un médecin l'envoie à Hauteville. Il présente une caverne du lobe supérieur gauche, avec symphyse. Il tousse, expectore abondamment. Sa température gravite autour de 38°5.
Une première série de thiocrysine (2 gr.) abaisse sa température à 37° 4, diminue son expectoration, améliore son état général, et lui donne 9 kilogs.
En janvier 1927, à la suite d'une pleurésie séro-fibrineuse droite, son état fléchit à nouveau, et la température monte à 39°. Le malade ne quitte plus son lit. Une seconde série de thiocrysine (2 gr.) abaisse sa température à 37°6, mais l'expectoration est beaucoup moins influencée que précédemment, et le poids reste stationnaire.
A la suite d’une nouvelle poussée évolutive, on pratique, en novembre 1927, une troisième série de sels d'or (2 gr.) et seule la température est améliorée. Les autres signes demeurent stationnaires. Depuis un an, l'état général est précaire, et le malade continue de maigrir.
(Sanatorium Bellecombe)
M. Ch.., 26 ans. La maladie a commencé il y a trois ans. Il
s’agit d'une tuberculose ulcéro-caséeuse des deux lobes supérieurs. Deux années de cure sanatoriale ont été vaines, et le 14 février 1927, lorsqu'on décide un traitement par la thiocrysine, la température est subfébrile, l'expectoration abondante, l’état général très médiocre, les râles éclatants.
Le 4 avril, après 9 injections qui donnèrent au malade une dose totale de 1 gr. 80, la température est régulière à 37°4, l’expectoration est insignifiante, le teint est coloré; l’asthénie a disparu; au lieu des râles gargouillants, on ne perçoit plus que des bruits très secs et très limités.
Cette amélioration se maintient pendant trois mois, puis survient une poussée évolutive qui ramène le malade exactement au point de départ. À gauche, on constate notamment une recrudescence nette des signes cavitaires.
Le 10 septembre on recourut de nouveau à la thiocrysine. On donne en 8 injections À gr. 85 de médicament. La température tombe de 37°8 à 37°4, l’expectoration diminue légèrement, mais cette amélioration, qui se réalisa pendant les trois premières semaines, ne dura pas malgré la continuation du traitement.
Quelle que soit l'interprétation que l’on propose pour expliquer ces derniers faits (accumulation ou sensibilisation), il nous suffit de constater que les sels d’or ont produit 195 fois une action indiscutable sur des symp-
tômes rebelles aux autres thérapeutiques (48,75 %).