VAE
Observation n° 11.
C.. Y.…, 21 ans de service, dont 12 ans d’Indochine, en deux séjours et 2 ans en Syrie ; le dernier séjour de 9 ans a été effectué de 1937 à
Il entre pour la quatrième fois dans le service parce qu'il voit réapparaître son syndrome dysentérique (22 octobre 1949).
Actuellement en effet, il a de 12 à 15 selles par jour, glairo-sanglantes. Son foie, modérément augmenté de volume, est douloureux à l’ébranlement.
Son état général est déficient ; il est pâle et n’a pas d’appétit.
Le malade, méthodique et précis, peut raconter la longue histoire de sa maladie amibienne.
La première manifestation clinique d'amibiase remonte à octobre 1943, au Tonkin : atteinte dysentérique de gravité moyenne, traitée par émétine (0,64 au total) et stovarsol. Rechute dysentérique le 17 décembre 1944 correctement traitée. Rechute dysentérique en février 1945, normalement traitée. La guérison n’est pas entièrement obtenue, il demeure un état diarrhéïque.
Rechute dysentérique typique en novembre 1945. Rechutes dysentériques en mars 1946.
Toutes ces rechutes ont été raisonnablement traitées par l’'émétine pondérale. La guérison est chaque fois obtenue complète ; le transit intestinal est bien régularisé.
Il est rapatrié en août 1946. Il fait trois rechutes en France, toutes trois à forme dysentérique, traitées par l’'émétine à des doses pondérales. Bonne action thérapeutique : le transit intestinal étant normal entre chaque rechute. Aucune de ces manifestations coliques ne s’est accompagnée de réaction hépatique, même minime.
Première hospitalisation dans le service le 9 juillet 1947, pour un syndrome dysentérique type traité par :
Emétine : 0 g 64,
Pénicilline : 1.400.000 U.
Sulfaguanidine : 70 &.
La guérison clinique est parfaitement obtenue.
Deuxième hospitalisation le 4 mars 1949. Le malade revenant, parce que, depuis deux mois, il est dans un état diarrhéïque permanent, émettant par jour 3 à 4 selles pâteuses, contenant parfois du sang et des glaires. Le malade, en période de toxicité accumulative émétienne, est traité par la conessine (0 g 40 par jour pendant 12 jours). Cure assez bien tolérée, hors quelques rêves à type onirique.
Troisième hospitalisation le 18 août 1949, après trois mois de silence clinique, rechute brutale à forme dysentérique grave (15 à 20 selles) par jour glairo-sanglantes). Pour la première fois, apparition d’une hépatite d'accompagnement. Le traitement émétinien est institué : on adjoint un traitement par le direxiode : les résultats sont très bons.
La quatrième hospitalisation a lieu le 22 octbre 1949. C’est celle qui nous intéresse.
Le 25 octobre, la température s'allume (40°). Le foie devient douloureux, la vitesse de sédimentation augmente : l’amibiase hépatique s’installe pratiquement devant nous : l’'hémogramme montre 10.000 G.B. dont 70 % de polys.
SAGE ee
Nous instituons un traitement par les iodiques solubles et, du 27 octobre au 11 novembre, le malade recevra chaque jour, en perfusion veineuse lente une dose totale de iodiques solubles représentant 0 g 40 d’iode libre.
Rapidement, les troubles subjectifs s’améliorent. La douleur hépatique provoquée diminue nettement. La température persiste irrégulière. Elle ne deviendra normale qu’à la fin du traitement.
La V.S. ne rejoint pas ses chiffres normaux, demeure irrégulière, livrée à des fluctuations. En conséquence, nous gardons le malade en surveillance.
Après quelques jours d’ascension, la V. S. augmente inexorablement compter du 22 novembre. La température s'allume, le foie redevient douloureux. La base pulmonaire droite est submate, avec hémicoupole nettement surélevée et hypocinétique, et c’est une authentique rechute, strictement hépatique, que nous constatons.
Le traitement par les iodiques solubles est repris le 6 décembre. L'action sur la douleur est immédiate. Au 4° jour du traitement, la guérison clinique paraît bien obtenue. Après quelques oscillations, la V. S. retourne à ses chiffres normaux, qu’elle atteindra, le &æ jour suivant la fin du traitement.
Le malade est gardé en observation et quittera l'hôpital le 11 janvier 1950 en état clinique parfait. La radiographie en particulier montrant des dimensions hépatiques normales et un profil droit normal sans hypocinésie ni surélévation ni déformation. Nous continuons pendant toute la convalescence, à pratiquer des mesures de la V.S. Elle demeure toujours normale.
Observation n° 15.
S... B..., 31 ans, est hospitalisé dans notre service le 24 novembre 1949. rapatrié sanitaire d’'Extrême-Orient après un séjour de neuf mois pour « Affection pulmonaire droite » le 9 novembre 1949..
A l'entrée, il se plaint de fièvre, de toux et d’expectoration modérée, d’une douleur siégeant au niveau de l’hypocondre droit, irradiée dans l'épaule, l’'empêchant de dormir en décubitus droit.
Il se présente à nous comme un sujet fébrile (38°6). L'état est moyen ; le faciès est terreux.
L'examen montre au point de vue respiratoire une nette matité de la base droite ; les vibrations passent ; le murmure vésiculaire est diminué ; il n'y à pas de frottements ; sibilances diffuses dans les deux champs pulmonaires.
L'examen de l'abdomen nous montre une corde colique gauche, une fosse iliaque gauche douloureuse, un coecum gargouillant. Le foie est douloureux à la palpation : il déborde de 2 travers de doigt : il est très douloureux à l’ébranlement : les espaces intercostaux axillairse sont particulièrement sensibles.
La rate n’est ni percutable, ni palpable.
Examen négatif par ailleurs.
Ses antécédents sont particulièrement pauvres : il n’a pas eu d'accès palustre en Indochine. Il aurait présenté, durant son séjour, quelques épisodes diarrhéïques, mais aucun examen de Laboratoire n’est venu confirmer ou infirmer leur nature amibienne.
L’affection actuelle à commencé, il y à 7 jours, à La Ciotat, par une
pyrexie à 39° le matin, puis 40° le soir, qui nécessita son hospitalisation.