INTRODUCTION
Si haut que l’on remonte dans l’histoire de la Médecine, — hormis une description de GALIEN et un mémoire de Perir le Fils à l’Académie Royale de Chirurgie en 1753 — il faut attendre le début du xix° siècle pour voir le baron LARREY faire une description très précise et très détaillée de l’ « Hépatite suppurée des Pays Chauds » dont il eut l’occasion d’observer de nombreux cas, au cours des campagnes d'Egypte et de Syrie.
Dès lors, nombreux furent les médecins, de l’Inde et de l’Algérie particulièrement, qui apportèrent leur contribution à l’étude clinique de l’affection, dans une série de travaux que rappelleront, en 1889, dans leur traité clinique, KELSCH et KIENER.
On ignorait encore la nature véritable de l’affection que, déjà, médecins et chirurgiens s’opposaient sur la conduite à tenir. MURRAY, MARTIN, MURCHINSON recommandaient la ponction qui, même si elle ne ramenaït pas de pus, soulageait les malades par la saignée locale de la glande enflammée. L’incision était également prônée et pratiquée et, obéissant à l’adage en vigueur alors, « Ubi pus, ibi evacua », GRAVES, RÉCAMIER, STROMEYER LITTLE découvrirent plusieurs procédés, dont le caractère audacieux ne laisse pas de nous étonner (fer rouge, soude caustique sur la paroi jusqu’à abcédation, etc.).
Bupp, lui, pensait qu’il fallait recourir au traitement médical par les émissions sanguines locales, réalisées à l’aide de ventouses scarifiées et de sangsues, et aussi par le calomel et l’ipéca.
Le début du siècle suivant vint lui donner confirmation, puisqu’en 1912, RoGErs, de Calcutta, découvrit le médicament spécifique de l’Amibiase : l’Emétine. Rarement médicament a joui d’une vogue aussi durable, puisqu'il est de nos jours encore d’un usage universel.
LE ere
Mais du fait de sa large utilisation, les défauts intrinsèques de l’émétine ne tardèrent pas à se dévoiler et, dès 1917, notre maître, Charles MATTEI, dans la Thèse de SEATELLI, établissait la réalité et le mécanisme de la toxicité accumulative de l’émétine, tout en donnant une description détaillée des signes d’alarme. A sa suite, de très nombreux auteurs approfondirent les diverses conséquences de cette accumulation : troubles digestifs (GOUZIEN), accidents nerveux (Louis, TRABAUD, HILLEMAND, CHARLOT, KILGORE, ALVAREZ, ALAIN, BLANC), troubles cardiaques (LE DANTEC, MATTEI, OLMER, BOTREAU-ROUSSEL, BLANCHARD, PÉRIOT, HALLEY, HOFFMANN).
De là naquirent les essais thérapeutiques les plus divers, allant chronologiquement des anciens composés arsenicaux (1915) à la toute récente Terramycine (1950) en passant par la Conessine, la Chloromycétine, l’Auréomycine, la Pénicilline et les dérivés iodiques. Ce furent ces derniers qui furent à la base de nos recherches.