‹ Le Traitement des Abcès du Poumon par le Benzoate de SoudeChapitre 14 sur 18 · RS LE · texte numérisé non relu

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zoate de soude. Il a soigné des malades qui ne pouvaient guérir par d’autres thérapeutiques. Ces observations sont très bien suivies ; le premier se porte bien 14 mois après ; le deuxième se porte bien après un an. Le quatrième et le cinquième ne sont quittés qu’à la convalescence seulement. Le sixième va bien après un an, le septième aussi.

Cependant, dans son deuxième rapport à la Presse Médicale, il enregistre que sur 5 cas d’abcès du poumon traités en 3 ans, à forme septique, il a eu deux échecs ; l’un est mort à cause de la défaillance cardiaque progressive.

Quand on s’est décidé à la benzothérapie, dit-il, l’état général était très alarmant. Peut-être aurait-on eu un bon résultat en s’y prenant plus tôt ?

L'autre malade est décédé quelques jours après son arrivée à l’hôpital. « Son état était désespéré : de vastes abcès dans les deux poumons, et, au bout de quatre jours, une perforation de la plèvre gauche. » Il apparaît comme évident que le benzoate de soude ne pouvait alors amener la guérison. Mais ses autres guérisons sont présentées comme un peu miraculeuses.

L'observation 8 de Carles, Massières et Baron, de Bordeaux, est moins convaincante. Entre le 15 novembre et le 12 décembre, il ne s’est point écoulé les six semaines réglementaires pour savoir si l’abcès du poumon guérissait spontanément. Le 12 décembre, on a entrepris un traitement par l'alcool. L’abcès

AE

aurait-il guéri spontanément ? Dans quelle mesure la guérison est-elle due au benzoate de soude ou aux autres fhérapeutiques ? La malade n’est pas suivie pour savoir si la guérison est définitive.

On be peut faire le même premier reproche à l’observation 9 de Creyx et Ringenbach, de Bordeaux, la maladie remontant au 10 juillet et le benzoate de soude étant appliqué du 19 janvier au 8 février. Par contre, l’effet immédiat curatif, si remarquable dans les précédentes observations, est ici négatif et, qui plus est, «les dernières injections sont mal supportées et accompagnées de petites hémoptysies et de crises violentes et prolongées de dyspnée ». La dernière radiographie est du 1°” avril 1936, ce qui est bien tôt pour savoir si la malade est définitivement guérie, et de plus, cette radiographie est à peu près identique à celle du 6 novembre 1935, radiographie qui, d’ailleurs, ne plaide pas clairement en faveur du diagnostic posé,

Cette malade avait-elle bien un abcès du poumon ? Suffit-il de la fétidité de l’haleine pour poser ce diagnostic ? Certainement non, et ses hémoptysies n’y font pas non plus penser.

Peut-être faut-il la considérer comme une « malade de la poitrine», à tendance tuberculeuse, avec tout le vague que ces termes comportent. La malade de l’autre observation des mêmes auteurs (voir la bibliographie) est encore traitée trop précocement pour savoir si la guérison spontanée ne se serait pas, à la

an

rigueur, produite, puisque les injections d’électrargol sont commencées ie 15 janvier et que l'affection avait débuté le 25 décembre 1935.

Ces observations françaises laissent donc place à un doute plus ou moins accusé, alors que celle de Varsovie semblaient hautement affirmatives.

Voyons maintenant brièvement les observations des docteurs Cordier et Goyet, extraites de la thèse de Rossand, de Lyon. ÿ

Observation 1

Dans la première observation, il s’agit d’un malade chez lequel les injections, bien que commencées un mois seulement après son entrée dans le service, après une rémission qui semble due à onze injections, n’ont pas empêché, au bout d’un mois, la reprise de la maladie avec récidive radiographique in situ. M. Rossand admet comme circonstance atténuante que le malade « n’a jamais pu garder une tranquillité même relative ».

M, B.., 20 ans.

Entré dans le service le 21 mai 1937, pour asthme, amaigrissement, bacillose possible. En mars dernier, contraint de cesser tout travail. Le 21 mai, quelques râles fins au sommet droit.

Le 26 mai, examen radiologique : empâtement de la région hilaire droite avec image hydro-aérique, oriente le diagnostic vers une suppuration pulmonaire, malgré

l’absence de fétidité des crachats.

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A partir du 19 juin, onze injections de benzoate (20 cc. à 20 %), état général nettement amélioré.

Cliché le 18 juillet : disparition complète de l’image hydro-aérique, grosse rétrocession des ombres parahilaires.

Etat stationnaire plus d’un mois, mais le malade ne cesse pas de fumer et descend dans les cours.

A partir de ce moment, l’état général décline, malgré la continuation du traitement; l’expectoration, pour la première fois, devient fétide.

Cliché le 12 octobre, grosse image hydro-aérique, récidive in situ.

Le 15 novembre, aucune amélioration notable malgré d’autres traitements associés. Départ du malade.

À propos de cette observation et des suivantes, l’auteur admet que, bien qu'il s'agisse d’abcès récents et en tenant compte de la fréquence de la guérison spontanée de l’abcès simple « qu’il est légitime de croire que le benzoate de soude a aidé, dans une mesure difficile à apprécier, à cette guérison remarquable, maintenue deux mois après». Le benzoate de soude aurait aidé, par une thérapeutique facile et sans danger, à évacuer par vomique, sans incident, une volumineuse collection pulmonaire. Nous ne demandons qu’à souscrire à ces conclusions optimistes.

Observation 11 (docteur Cordier)

M"° V..., 39 ans.

Entrée le 27 mai 1937 pour pneumonie droite. Début

brusque le 23 mai, perte de connaissance dans le tramway.

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