‹ Le traitement des affections du cœur par l'exercice et le mouvementChapitre 10 sur 39 · Potain, Leçons cliniques · texte numérisé non relu

Potain, Leçons cliniques

12 LES TROUBLES DE LA CIRCUUTlo:^ SANGUINE.

doit exister d'autres forces dont l'intervention semble indispensable à la régularité du cours du sang.

Et, en effet, ces forces existent et interviennent. 11 importe beaucoup à notre sujet d'en exposer la nature et le mode d'action, car toute la théorie du traitement que nous étudions se déduit de la connaissance exacte et de la mise en œuvre rationnelle des forces auxiliaires de la circulation du sang

Le mouvement actif; — le mouvement passif; — le massage; — Taspiration thoracique.

Le mouvement actif.

Deux appareils organiques, au premier abord très distincts de l'appareil circulatoire, lui sont unis par une solidarité très étroite, — si étroite qu'ils ne peuvent fonctionner sans faire sentir aussitôt leur influence au cœur et aux vaisseaux : — ce sont l'appareil de la locomotion et l'appareil de la respiration.

» Les muscles et les poumons interviennent constamment dans la fonction de circulation et on peut dire que les mouvements musculaires et les mouvements respiratoires gouvernent, en quelque manière, le jeu du cœur et le fonctionnement des vaisseaux ; si bien qu'en réglementant ces mouvements suivant une méthode rationnelle, on peut arriver à régulariser dans une très grande mesure la circulation du sang, quand elle est troublée par les maladies du cœur ou des vaisseaux.

Si on observe les muscles d'un animal, au cours d'une vivisection, on voit qu'ils sont pâles et anémiés, à l'état de repos : mais si on y provoque des contractions par le passage d'un courant électrique, ils se colorent aussitôt en rouge

Ji LES TROUBLES DE LA CIRCUUTION SANGUINE.

intense, par TafOux du sang qui s^y porte en grande abondance.

Cette suractivité de la circulation pendant le travail du muscle est due à une sorte d'appel physiologique, fait par le muscle au sang dont il a besoin pour fonctionner. Les conditions du travail des muscles sont, à ce point de vue, les mêmes que celles de tous les organes du corps. Tout organe vivant reçoit plus de sang pendant qu'il fonctionne que lorsqu'il est au repos. C'est une loi générale qui a été vérifiée pour les glandes quand elles sécrètent, pour l'estomac quand il digère, pour le cerveau quand il fait un effort intellectuel.

Une curieuse expérience de Brown-Séquard montre bien que l'afflux du sang aux muscles, pendant le travail musculaire, est fout à fait indépendant de la poussée du cœur. Sur un animal auquel on venait d'extirper le cœur, on a pu voir, pendant les quelques instants de survie des éléments anatomiques, le sang artériel affluer aux muscles mis en contraction par l'excitation électrique*.

Le mécanisme de l'afflux' du sang artériel au muscle en contraction s'explique par la dilatation des petits vaisseau f qui laissent, pour ainsi dire, au sang, la porte plus largement ouverte pour arriver au muscle. En d'autres termes, il y a vasO'dilatation des capillaires, dans le muscle qui travaille, comme dans tout organe qui fonctionne activement. El, de cette dilatation des capillaires des muscles, résulte une augmentation du débit des artères afférentes, qui se vident plus rapidement. S'il faut en croire les physiologistes, il passe ainsi sept fois plus de sang dans le muscle en contraction que dans le muscle au repos, pour un même temps donné*.

Page 1