Mathias Duval, ko. cit
Voyons maintenant, los conséquences de cette augmentation du calibre des capillaires dans le muscle en travail et de Faccroissement si considérable de circulation qui en est la conséquence.
L'accélération du cours du sang ne se limite pas à la région où se produit la vaso-dilatation. Elle se fera sentir d'abord aux artères qui portent le sang dans le muscle et qui se videront plus facilement, trouvant moins de résistance dans les capillaires dilatés. Mais elle se fera sentir aussi aux veines qui rapportent au cœur le sang des muscles, car le contenu de ces veines subira, par l'accélération de la circulation capillaire, une augmentation de cette force qu'on appelle la vis a tergOf résultante de toutes les forces qui concourent à ramener le sang de la périphérie au cœur. .droit, après l'avoir chassé du cœur gauche à la périphérie.
La contraction musculaire produit sur le contenu des vaisseaux artériels un effet comparable à celui du relèvement des vannes d'un barrage sur la masse liquide qu'elles retiennent en amont. Faisons entrer dans notre comparaison les chiffres admis par les physiologistes comme exprimant le rapport entre la quantité de sang qui passe à travers le muscle à l'état de repos, puis à l'état de travail, et supposons la vanne baissée de façon à ne laisser passer, en un temps donné, qu'une quantité de liquide représentée par le chiffre 1 . Si cette faible colonne d'eau rencontre, au sortir de la vanne, une nappe liquide immobile, elle pourra se heurter à cette masse sans que son impulsion suffise à l'ébranler; mais si on relève tout d'un coup la vanne de façon qu'elle débite un volume d'eau 7 fois plus fort, l'impulsion communiquée à la nappe liquide en stagnation pourra être suffisante pour la mettre en branle et la faire cheminer avec une certaine vitesse.
C'est ainsi, exactement, que les choses se passent dans une veine où la masse sanguine tendait à devenir stagnante, quand le travail des muscles amène tout à coup une dilatation des vaisseaux capillaires qui en augmente le débit et en accélère le cours.
On peut trouver la démonstration expérimentale des effets accélérateurs de la circulation veineuse par la vasodilatation capillaire, dans une célèbre expérience de Claude Bernard. — « Quand on coupe les filets nerveux du grand sympathique qui sont vaso-constricteurs, on fait cesser l'action des nerfs qui resserrent le calibre des capillaires et on produit la dilatation de ceux-ci. Aussitôt ou voit le sang s'y précipiter en quantité considérable. Le liquide sanguin passe alors avec une telle facilité à travers les artériolles et les capillaires dilatés, que les pulsations cardiaques se font sentir jusque dans les veines voisines et qu'il s'y produit un pouls veineux direct*. »
Ainsi la vaso-dilatation qui accompagne toujours la contraction d'un muscle fait passer avec une plus grande facilité le sang des artères dans les veines, accroît l'activité de la circulation artérielle et communique au contenu des veines une impulsion accélératrice du même sens que celle qui a été donnée par le cœur. Ce qui revient à dire que le travail des muscles augmente la vis a tergo en vertu de laquelle le sang passe des artères dans les veines et revient au cœur.
Si on ajoute à l'action vaso-dilatatrice du mouvement actif, l'effet mécanique produit par les pressions répétées qu'exerce sur les parois veineuses le muscle qui gonfle et &e durcit eii se contractant, on comprendra toute l'efficacité de la con-