LES FORCES INTRINSÈQUES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE
Iules pulmonaires, le réseau capillaire est formé de tubes tellement rétrécis, que les globules sanguins, disent les anatomistes, sont obligés de s'allonger en s'effilant pour les traverser. On comprend quel ralentissement doit subir le cours du sang par le fait de l'étroitesse des voies qui le conduisent des artères aux veines. Mais arrivé dans les veines, il n^a fait encore que la moitié du trajet, et il lui faut regagner le cœur dans des conditions qui sont, sur certains points, des plus défavorables ; comme on l'observe dans les membres inférieurs où le sang, chez l'homme debout, doit lutter contre la pesanteur qui le sollicite constamment en sens inverse du ti*ajet qu'il suit.
Si l'on analyse les forces propres dont dispose l'appareil de la circulation, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'elles ne pourraient suffire, à elles seules, à donner au sang une impulsion suffisante pour parfaire ce laborieux trajet, si des forces accessoires, dont il importera d'exposer la nature et le mécanisme, ne venaient leur prêter secours.
Le cœur.
Le mouvement initial est donné au sang par un muscle creux, le cœur, véritable pompe foulante munie de soupapes et de clapets qu'on appelle les valvules et divisée en quatre cavités, les deux oreillettes et les deux ventricules. Ces cavi-* tés, grâce au jeu des valvules, peuvent tantôt s'ouvrir pour communiquer entre elles ou avec les vaisseaux, qui s'y abouchent, tantôt se fermer en amont du courant sanguin, de façon â empêcher le liquide de refluer en sens contraire du trajet qu'il doit accomplir. Chaque sj/s/ok, c'est-à-dire chaque contraction des parois musculaires par lesquelles sont constituées les cavités cardiaques, agit comme un coup de piston
dont l'énergie varie suivant la longueur du trajet que doit parcourir l'ondée sanguine.
La systole des oreillettes est naturellement plus faible que celle des ventricules auxquels elles transmettent directement le sang en s'abouchant avec eux ; tandis que le sang ne parvient du ventricule à l'oreillette qu'après le long détour qui constitue le trajet circulatoire. Enfin la systole du ventricule gauche, affectée à la grande circulation, est beaucoup plus forte que celle du ventricule droit dont le travail se limite à la circulation pulmonaire.
Le ventricule gauche est donc le moteur principal, dans l'hydraulique cardiaque. C'est lui qui communique au sang la poussée initiale, à laquelle aucune autre force ne peut suppléer ; mais que d'autres forces peuvent aider, soit dans l'appareil circulatoire lui-même, soit — comme nous le dirons tout à l'heure — en dehors de cet appareil.
La poussée du ventricule gauche, à chaque battement du cœur, représente un vigoureux coup de piston qui lance le sang dans les artères avec une force égale à la pression d'un quart d'atmosphère, soit 180 millimètres de mercure \ On sait que l'effort du cœur se renouvelle en moyenne soixante fois par minute. ^
Les artères.
L'effort du ventricule est secondé par Yélasticité des tuniques artérielles. Les artères font ressort : sous le choc du sang, elles se distendent et emmagasinent, en quelque sorte, une notable portion de la force transmise par le liquide qui heurte leurs parois, puis, revenant sur elles-mêmes, resti-