‹ Le traitement des affections du cœur par l'exercice et le mouvementChapitre 5 sur 39 · Mathias Duval, Physiologie · texte numérisé non relu

Mathias Duval, Physiologie

LES FORCES INTRINSÈQUES DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE, o

tuent cette force sous forme d'une énergique poussée qui agit dans le même sens que le cœur.

Grâce à l'élasticité des artères, l'impulsion donnée par chaque contraction ventriculaire se soutient, même pendant les temps de repos qui séparent deux contractions successives, et le cours du sang est rendu continu dans les petits vaisseaux, malgré l'intermittence des battements du cœur. Cette continuité de l'écoulement fait que les petits vaisseaux peuvent, en un temps donné et à vitesse initiale égale, — par conséquent à égale dépense de force du moteur central, — débiter plus de sang que si l'écoulement était intermittent. L'élasticité artérielle économise donc le travail du cœur*.

L'importance de l'élasticité artérielle, comme condition adjuvante de la systole cardiaque, devient très évidente dans le cas de dégénérescence scléreuse ou athéromateuse des vaisseaux. L'ondée sanguine se heurte alors à des tuniques inertes, et une notable partie de la force dépensée par le cœur vient se perdre et s'amortir sur la paroi rigide qui ne réagit plus, et ne rend pas au liquide la poussée qu'elle en reçoit. C'est pourquoi certaines maladies des artères, en diminuant l'élasticité de ces vaisseaux, rendent l'efl'ôrt normal du cœur insufQsant et amènent des affections secondaires de l'organe central de la circulation, qui s'épuise à faire un travail au-dessus de ses forces.

Outre leur élasticité, force purement physique et qui obéitexclusivement aux lois de la mécanique, comme le ferait celle d'un tube de caoutchouc, les artères sont douées, grâce à leurs fibres musculaires lisses, de conïractilitë. Elles peuvent, grâce à cette force que les centres nerveux mettent en jeu, contracter ou relâcher leurs parois de manière à

i. Marey, La circulation du sang.

augmenter ou à diminuer leur calibre et à faire ainsi varier la pression que subit leur contenu. Nous verrons l'importance de ces variations de la pression artérielle et les modifications que l'exercice musculaire peut lui faire subir.

L'ondée sanguine, à mesure qu'elle chemine, tend, naturellement, à perdre de sa vitesse, parTefletdu frottement contre les parois des vaisseaux, frottement qui représente une résistance énorme à mesure que le liquide pénètre dans des tubes de plus en plus rétrécis.

Une autre cause amène encore fatalement le ralentissement du courant sanguin, c'est l'augmentation progressive de capacité de l'appareil artériel, considéré dans son ensemble, a mesure que le sang va du centre à la périphérie. En effet, si les tubes artériels deviennent de plus en plus petits en se divisant et subdivisant, à mesure qu'on s'éloigne de leur point d'origine^ ils deviennent aussi de plus en plus nombreux : si bien que pour réunir, par la pensée, en un canal unique l'innombrable multitude des petits canaux qui en résultent, il faudrait se représenter un récipient d'une capacité infiniment plus grande que celle de l'unique vaissseau, l'aorte, par lequel le sang s'échappe du cœur.

L'ensemble des dernières ramifications artérielles représente schématiquement une vaste nappe sanguine, dans laquelle la vitesse du sang diminue, suivant les mêmes lois hydrauliques qui font diminuer le courant d'un fleuve quand son lit vient à s'élargir sous forme de lac.

Les vaisseaux capillaires.

Le ralentissement du sang est à son maximum dans le réseau des capillaires qui forment, suivant l'heureuse expression de Mathias Duval, le lac du torrent sanguin. Il fallait du

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